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Les francophones hors Québec s'inquiètent du silence du gouvernement Carney

durée 12h43
24 septembre 2025
La Presse Canadienne, 2025
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Par La Presse Canadienne, 2025

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) se dit inquiète pour plusieurs raisons et demande au gouvernement Carney de clarifier sa vision en matière de langues officielles.

La présidente de la FCFA, Liane Roy, qui représente 25 organisations francophones hors Québec, a fait part d’une série d’inquiétudes qui préoccupent les communautés francophones minoritaires au pays, lors d’une conférence de presse à Ottawa mercredi matin.

«Cinq mois se sont écoulés depuis l'élection fédérale. Alors que le premier ministre Carney avait déclaré pendant la campagne que le français ne serait jamais sur la table de négociation, la lettre de mandat des ministres est muette sur les priorités du gouvernement pour mettre de l'avant nos deux langues officielles», a indiqué la présidente de la FCFA, en déplorant que les ministres que son organisation a rencontrés «n'aient pu fournir de clarté à ce sujet».

En juin 2023, le projet de loi C-13 du gouvernement de Justin Trudeau permettait d’adopter la refonte de la Loi sur les langues officielles.

Mais cette réforme, qui consacre notamment un nouveau droit de travailler et d'être servi en français dans des régions francophones, doit être accompagnée de règlements pour être appliquée.

«Nous avons passé plusieurs années à travailler d'arrache-pied pour moderniser la Loi sur les langues officielles, parce que le français est en déclin au pays», mais «les institutions fédérales n'agiront pas pour l'appliquer tant que le gouvernement n'aura pas adopté des règlements qui leur disent comment le faire. On attend toujours ces règlements», a déploré Liane Roy.

La Fédération s'inquiète également de l’absence d’explications du gouvernement fédéral sur la façon dont il atteindra les cibles en matière d’immigration francophone.

«En matière d'immigration francophone, le premier ministre s'était personnellement engagé pendant la campagne à une cible de 12 %. C'est important pour freiner la chute du poids démographique des communautés francophones en situation minoritaire, causée par deux décennies où elles n'ont pas eu leur juste part de l'immigration au pays. La Loi sur les langues officielles de 2023 oblige d'ailleurs le gouvernement à agir en ce sens. Mais depuis l'élection, il n’y a eu aucune indication de la part du gouvernement», a fait valoir Liane Roy.

«Quel est le plan précis pour atteindre cette cible? Parle-t-on toujours de créer un programme d’immigration économique spécifique à la francophonie?», a demandé la présidente de la FCFA.

La FCFA «appréhende également avec une certaine méfiance le prochain budget fédéral» et les compressions budgétaires qui pourraient l’accompagner.

«On sait qu'il faut s'attendre à des compressions de 15 % dans les dépenses des institutions fédérales au cours des trois prochaines années. Est-ce que des instructions ont été données aux ministères et aux agences de faire attention à l'impact sur la capacité globale du gouvernement en matière de langues officielles? Est- ce qu'on a prévu d'éviter des impacts négatifs sur nos communautés?»

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne soutient vouloir poser ces questions au président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, «mais nos demandes de rencontre n'ont pas encore donné de résultat», a indiqué Liane Roy.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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