Les manifestants contre le loyer cher ont trois revendications pour le gouvernement

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — À trois mois des élections générales provinciales, de nombreux citoyens se réunissent pour dénoncer l'inabordabilité des logements au Québec. Des manifestations ont lieu simultanément à Montréal, à Québec et à Rouyn-Noranda pour faire entendre leurs revendications.
Elles sont au nombre de trois. Il s'agit de mettre en place un contrôle des loyers, de développer du logement social à la hauteur des besoins et de reconnaître le droit au logement dans la Charte des droits et libertés.
L'organisateur de l'événement est la Coalition contre le logement cher (COLOC), qui regroupe plus de 120 organisations issues de divers milieux, notamment syndical, communautaire, féministe et étudiant. On ne retrouve pas seulement des comités de logements dans cette coalition, qui a été lancée en avril dernier, souligne en entrevue Véronique Laflamme, porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
«La manifestation met clairement l'emphase sur cet enjeu qui n'est pas totalement nouveau, mais qui, dans la dernière année, je dirais, a fait consensus dans de larges parts des mouvements sociaux, c'est-à-dire la cherté du logement», affirme Mme Laflamme.
«On a décidé d'unir nos forces pour monter une coalition contre le logement cher, dans la perspective qu'avec les élections qui s'en viennent, il faut qu'il y ait un front uni, une voix populaire qui émerge et qui fasse ressortir des conditions qui sont minimums pour qu'on sorte d'une crise du logement qui est systématique depuis des décennies», renchérit Benoit Rullier, coordonnateur du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).
M. Rullier revient sur les trois revendications de la coalition. Le gouvernement doit reconnaître le droit au logement dans la Charte des droits et libertés parce qu'il faut arrêter de laisser croire qu'«avoir quatre murs et un pauvre toit, c'est un logement». L'inclure dans la Charte, c'est défendre le droit d'avoir un logement décent pour tous, dit-il.
Quant à la construction de logements sociaux, il pointe que depuis plusieurs années, il n'y a pas eu «de logements sociaux de manière récurrente au Québec dans des volumes nécessaires».
«On veut de vrais programmes de logement social et pas des logements inabordables», plaide-t-il.
Le registre des loyers, lui, sert à briser l'escalade de la hausse des loyers, qui ne cesse de prendre l'ampleur. De plus, il existe un tel registre mis sur pied par l'organisation Vivre en ville. «Il suffirait assez simplement de récupérer un outil existant, de l'adapter un peu, et on pourrait avoir les moyens d'avoir un registre des loyers», pointe M. Rullier.
Mme Laflamme rappelle que la crise du logement touche toutes les régions du Québec. «C'est un enjeu pour des gens de différents milieux, de différentes régions, qui voient bien à quelle vitesse les loyers ont explosé dans les dernières années, à la faveur de cette pénurie de logements locatifs, de la spéculation immobilière également, dénonce-t-elle. Le résultat aujourd'hui, c'est que les logements qui sont disponibles, ils sont hors de prix pour de larges pans de la population, en particulier pour les locataires à revenus faibles et modestes qui sont déjà des dizaines de milliers au Québec à consacrer une part trop importante de leur revenu pour se loger».
Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), un ménage devrait consacrer au maximum 30 % de son revenu avant impôt pour se loger. S'il dépasse ce seuil, il est considéré en situation de stress financier.
Katrine Desautels, La Presse Canadienne