Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Les médecins s’inquiètent pour les réfugiés concernant les paiements de santé

durée 04h00
1 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Les réfugiés doivent désormais payer de leur poche une partie de leurs médicaments sur ordonnance, des consultations en santé mentale, des soins dentaires, des soins de la vue et du matériel médical — y compris les fauteuils roulants — après que des modifications ont été apportées à un programme fédéral.

Pendant des décennies, le Programme fédéral de santé intérimaire du Canada a offert une couverture santé complète aux réfugiés et aux demandeurs d’asile jusqu’à ce qu’ils soient admissibles aux régimes et prestations de santé provinciaux.

Cependant, à compter de vendredi, ils devront payer 4 $ pour chaque médicament sur ordonnance et 30 % du coût des produits et services de santé complémentaires.

Plus d’une dizaine d’organisations médicales, infirmières, de travail social et de défense des réfugiés, dont l’Association médicale canadienne, la Société canadienne de pédiatrie, l’Association canadienne de psychiatrie et l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, ont averti que les réfugiés ne peuvent pas se permettre ces quotes-parts et que leur santé physique et mentale en pâtira.

Ils affirment également que ces changements engendreront des coûts supplémentaires pour le système de santé, car les personnes qui n'ont pas les moyens de se payer leurs médicaments ou leurs services de santé mentale verront leur état se détériorer et se retrouveront aux urgences.

Le Programme fédéral de santé intérimaire continuera de prendre en charge l'intégralité des frais de consultation médicale et d'hospitalisation pour les réfugiés et les demandeurs d'asile.

La Dre Vanessa Redditt, médecin de famille à la clinique pour réfugiés du Women's College Hospital de Toronto, a déclaré que les réfugiés vivent déjà dans la pauvreté et que le paiement des quotes-parts sera impossible pour beaucoup.

«C'est un déni de soins», a commenté la Dre Redditt, également membre fondatrice du Réseau canadien de la santé des réfugiés.

«Je connais des patients qui ont des pensées suicidaires à cause des tortures ou des violences sexuelles qu'ils ont subies et de leur statut d'immigration précaire, a-t-elle ajouté. Ils vivent toujours dans des refuges et ne se sentent pas en sécurité. De plus, ils n'auront pas accès à la thérapie post-traumatique dont ils ont besoin pour se sentir en sécurité.»

La Dre Parisa Rezaiefar, médecin-cheffe du Centre de santé des nouveaux arrivants d'Ottawa, a déclaré que l'investissement dans la santé des réfugiés — dont plusieurs arrivent au Canada malades ou blessés — leur permettra de s'intégrer à la communauté et de contribuer à l'économie.

«Plus vite nous prenons en charge leurs problèmes de santé, plus vite nous les inscrivons à des cours de langue et de formation professionnelle et, plus vite ils n'ont plus besoin de soins complémentaires», a affirmé la Dre Rezaiefar, arrivée au Canada comme réfugiée iranienne dans les années 1990.

Le gouvernement fédéral a annoncé l'introduction de la quote-part dans son budget de l'an dernier et a indiqué qu'il s'agissait d'une mesure d'économie nécessaire.

La Presse Canadienne a contacté le cabinet de la ministre de l'Immigration, Lena Metlege Diab, pour obtenir des commentaires.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Nicole Ireland, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge