Les véhicules électriques individuels gagnent en popularité au pays en soirée

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Par La Presse Canadienne, 2026
Présentés comme un moyen de transport économique et écologique, les véhicules électriques personnels (VEP) deviennent une activité de loisirs populaire et très conviviale dans les villes canadiennes à la tombée de la nuit.
Par exemple, Josh Hunter organise depuis cinq ans des balades nocturnes en véhicules électriques individuels à Edmonton. Récemment, un groupe pilotant des véhicules hétéroclites, comme des trottinettes, des vélos, des skateboards et des monocycles électriques s’est rassemblé devant l’enceinte de l’Assemblée législative de l’Alberta pour une balade de début de saison.
Le groupe de M. Hunter ne commence officiellement ses activités qu'en juin, mais en raison de la température chaude et d'un ciel dégagé, une vingtaine de participants étaient impatients de partir pour une balade nocturne à travers les pistes et les rues de la vallée fluviale de la ville.
« C'est comme un groupe de motards des temps modernes, plaisante M. Hunter. Tous les âges sont les bienvenus, à condition d'avoir un véhicule électrique personnel et un casque. Nous faisons respecter le port du casque — c'est l'une de nos règles principales. »
Bon nombre des engins participant à la balade en groupe étaient personnalisés avec des lumières colorées et des rétroviseurs, et leurs propriétaires indiquaient fièrement la puissance de leur moteur. Mais tous ceux qui roulaient en PEV à Edmonton ce vendredi soir n’étaient pas forcément des passionnés.
D'autres exemples: Habib Baalbaki et Zeinab Awada, un couple récemment marié, racontent qu’ils se promènent ensemble en trottinette électrique parce que c’est une «idée de rendez-vous sympa».
«C'est comme marcher sous stéroïdes », compare M. Baalbaki, originaire de Montréal.-
Kyson Fitzner explique qu'il aime rouler la nuit pour «le frisson et l'adrénaline».
Les entreprises qui gèrent les programmes de location de trottinettes et de vélos électriques au Canada affirment ne pas disposer de beaucoup de données sur les sorties en groupe, mais notent que la fréquentation est forte à la fin de la journée de travail.
Anastasia Rewers-Kusiak, de Bird, une entreprise de location, dit constater une forte augmentation de la fréquentation entre 18 h et 22 h, ainsi que le week-end, du vendredi au dimanche soir.
Isaac Ransom, responsable des affaires générales de Neuron au Canada, indique que les données montrent qu'entre 20 et 25 % des trajets effectués sur ses trottinettes et vélos électriques ont lieu pendant ce qu'il appelle « l'économie nocturne ». À Red Deer, en Alberta, il note que l'enquête annuelle de l'entreprise a révélé qu'environ la moitié des utilisateurs roulaient à des fins récréatives.
«Les gens roulent pour le plaisir. Nous l’avons beaucoup constaté pendant la pandémie de COVID, où c’était une activité à faire le soir, raconte M. Ransom. L'attrait de monter sur une trottinette avec des amis et de se rendre au même endroit au même moment, pour terminer le trajet au même endroit, vous savez, c'est un véritable argument de vente pour les trottinettes électriques en libre-service.»
D'autres villes, comme Ottawa, Vancouver et Halifax, comptent également des groupes qui publient sur les réseaux sociaux des informations sur leurs balades en véhicules électriques après les heures de travail.
Kara Dejong, qui roule en vélo électrique lors des balades organisées par PEV Edmonton, explique que ces sorties en groupe attirent beaucoup l’attention des automobilistes et des piétons.
«Les gens sourient, ils prennent des photos. On lit leur surprise sur leur visage», dit Mme Dejong.
L'Institut canadien d'information sur la santé a indiqué l'année dernière que les blessures liées aux trottinettes électriques sont en hausse dans tout le pays. Les données montrent une augmentation de 32 % des hospitalisations liées aux trottinettes électriques au Canada sur une période d'un an, passant de 375 en 2022-2023 à 498 en 2023-2024.
Les règles concernant les endroits où les trottinettes sont autorisées et l'âge minimum requis pour en louer varient également d'une ville à l'autre. Toronto ne les autorise pas du tout.
L'entreprise Lime a dit, dans un courriel, qu'elle mettait l'accent sur un comportement de conduite responsable, notamment sur la manière d'être visible pendant la conduite et de rouler autant que possible sur des pistes cyclables protégées. Elle a ajouté que ses conditions générales stipulaient qu'il était interdit de conduire après avoir bu et que les personnes en état d'ébriété devaient prendre un Uber ou les transports en commun.
De passage à Edmonton, Damon Spence, parcourait le centre-ville avec des amis sur des trottinettes de location. Il dit rester attentif à son environnement et surveiller les feux de signalisation et les panneaux d'arrêt.
«C'est devenu une habitude hebdomadaire pour nous en été. On essaie de sortir autant que possible, lance M. Spence. C'est bon marché. Je crois que ça coûte environ 17 $ par heure ou quelque chose comme ça, donc ce n'est pas trop mal.»
Rob Drinkwater, La Presse Canadienne