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L’optimisme face au vieillissement chez les aînés canadiens connaît une forte baisse

durée 07h37
20 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Un nouveau sondage révèle que l’optimisme face au vieillissement a fortement diminué au cours de la dernière année. L’insécurité financière et la solitude pèsent sur l’enthousiasme de nombreux Canadiens en vue de leur retraite.

L'Institut national sur le vieillissement a sondé un peu plus de 6000 adultes de 50 ans et plus en juin et juillet pour son quatrième rapport annuel intitulé publié mardi.

Bien que la majorité des répondants (57 %) aient encore une vision positive du vieillissement, ce pourcentage est en baisse par rapport aux 62 % enregistrés en 2024. Ce chiffre était stable depuis des années.

Talia Bronstein, directrice des politiques à l’institut, explique que les derniers résultats montrent que les aînés ont de moins en moins les moyens de prendre leur retraite et se sentent seuls et isolés socialement. Elle ajoute que de nombreux répondants n’ont pas de médecin de famille, même si la situation s’est légèrement améliorée.

De plus en plus de personnes déclarent ne pas pouvoir se permettre de prendre leur retraite au moment où elles l'espéraient (43 % contre 38 % en 2024).

L'isolement social et la solitude demeurent «obstinément élevés» et inchangés depuis quatre ans: 43 % des personnes interrogées se disent à risque d'isolement social et 59 % souffrent de solitude.

La docteure Jillian Alston, gériatre à Toronto, explique que ces résultats montrent à quel point ces problèmes sont interdépendants et comment la précarité financière les imprègne tous.

«On est plus susceptible de se sentir seul ou moins impliqué. Si l'on est financièrement précaire, cela risque d'amplifier les difficultés d'accès aux soins de santé, et l'on se retrouve alors dans un cercle vicieux», explique la Dre Alston, qui n'a pas participé à l'enquête.

Des pressions s'accumulent après 50 ans

Selon le rapport, les 50 à 64 ans, le groupe le plus jeune des aînés, sont les plus touchés par l'isolement. Un quart d'entre eux se disent très seuls, et près de la moitié se disent fortement exposés au risque d'isolement.

Ce groupe d'âge évoque les pressions cumulées liées à l'emploi, à la prestation de soins et aux nouveaux problèmes de santé, autant de difficultés que connaît bien Laura Beamish, de Fort St. John, en Colombie-Britannique, qui est âgée de 54 ans.

Principale source de soutien pour sa mère, Laura Beamish souffre elle aussi de douleurs et son projet de retraite est tombé à l'eau. Les escapades improvisées au Mexique, grâce à des offres de dernière minute, lui semblent désormais un luxe.

«Il y a beaucoup d'incertitudes», a-t-elle confié, mentionnant l'économie et la géopolitique parmi les sources d'inquiétude qui la retiennent chez elle durant les longs hivers. Mme Beamish, qui est coordonnatrice de programmes dans un organisme sans but lucratif venant en aide aux aînés, se dit chanceuse d'avoir un double revenu et d'être propriétaire. Malgré cela, la hausse du coût de la vie est difficile à suivre.

Accès manquant aux soins primaires

En ce qui concerne l'accès aux soins primaires pour les personnes âgées, l'enquête a constaté une amélioration: 68 %, contre 60 % en 2024, 65 % en 2023 et 62 % l'année précédente. Cependant, selon Dre Alston, ce chiffre reste insuffisant.

«Cela signifie que près du tiers des personnes âgées n'ont toujours pas de médecin de famille pour gérer leur santé et leur bien-être», se désole-t-elle.

Elaine Storey, âgée de 71 ans, n'a pas de médecin de famille dans le village de Fraser Lake, en Colombie-Britannique, et se rend dans une clinique où les médecins se relaient. L'hôpital principal le plus proche est à deux heures de route. Lorsqu'elle s'est tordu le genou en novembre dernier, elle n'a pas consulté pendant un mois, et son genou était alors très enflé.

«Il est plus difficile d'obtenir une continuité des soins, ce qui est pourtant essentiel pour les aînés, car bien souvent, c'est leur seule sortie pendant deux ou trois mois», a-t-elle expliqué.

Mme Storey a fondé une association de soutien aux aînés, appelée Autumn Services, qui offre le transport jusqu'à l'hôpital le plus proche, ainsi que des déjeuners à 5 $ et un lieu d'accueil pour les rencontres.

«Je me retrouve face à un abîme qui m'attend, a-t-elle soutenu. Il n'y a pas de mode d'emploi pour le vieillissement. Il n'y a pas de règles établies.»

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Hannah Alberga, La Presse Canadienne

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