Nouvel éclairage sur le développement de l'embryon

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Des systèmes moléculaires identifiés par des chercheurs montréalais semblent agir comme des «freins génétiques» pour assurer le bon développement des bras et des jambes des embryons.
Cela jette un nouvel éclairage sur le développement embryonnaire et ses dérèglements.
«On utilise le développement des bras et des jambes comme modèle (pour essayer) de mieux comprendre comment la succession de programmes génétiques est implémentée, a dit la professeure Marie Kmita, de l'Institut de recherches cliniques de Montréal.
«Au début (...), il y a certains gènes qui sont activés pour initier la formation des membres, mais une fois cette première étape finie, les gènes doivent être 'éteints' pour permettre aux autres programmes génétiques de se mettre en place et de fonctionner correctement.»
La professeure Kmita et ses collègues ont constaté que deux groupes de protéines appelés complexes Polycomb (PRC1 et PRC2) coopèrent pour éteindre les gènes qui s'activent pour permettre la formation des membres.
Si ces gènes ne sont pas désactivés, les programmes génétiques suivants qui parachèvent le processus ne peuvent pas jouer leur rôle.
Lors d'expériences menées chez des souris, les chercheurs ont montré que l’altération de l’un de ces systèmes entraîne des anomalies dans l’expression des gènes. Mais si les deux systèmes sont perturbés simultanément, les conséquences sont majeures : les membres sont gravement malformés, au point d'être pratiquement inexistants.
«Il faut vraiment que les gènes précoces s'éteignent pour permettre aux gènes plus tardifs de fonctionner correctement, a résumé la professeure Kmita. On montre que la contribution des complexes Polycomb est vraiment importante pour permettre à une séquence génétique correcte de se mettre en place.»
Et même si ce mécanisme a été étudié pour la formation des bras et des jambes, a-t-elle ajouté, il est aussi «applicable à tous les organes».
«Si on pense à la thérapie cellulaire, par exemple, il est important de pouvoir bien connaître de quelle manière le développement se passe normalement, a conclu Mme Kmit. Quels sont les différents protagonistes de ces séquences d'événements génétiques?»
Les conclusions de cette étude ont été publiées par la revue scientifique PNAS.
Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne