Ottawa admet «l'impact durable» des adoptions forcées, mais ne présente pas d'excuses

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Par La Presse Canadienne, 2026
TORONTO — Le gouvernement fédéral a reconnu cette semaine que les adoptions forcées avaient eu des répercussions durables sur les personnes et les familles au Canada après la Seconde Guerre mondiale. Il s'est toutefois abstenu de présenter les excuses publiques réclamées par les défenseurs de cette cause, parmi lesquels figuraient certaines personnes touchées par cette pratique.
Une pétition demandant à Ottawa de présenter des excuses officielles pour avoir participé à ce système a recueilli les signatures de plus de 600 personnes à travers le Canada et a été déposée à la Chambre des communes en mai.
Cette pétition a été lancée par Christine Nayler, une mère à qui on a retiré son enfant il y a plusieurs décennies, qui a également lancé une campagne nationale de sensibilisation intitulée «Canadiens pour des excuses nationales».
Le groupe a fait valoir cette semaine dans une déclaration écrite que ces adoptions forcées, qui constituaient un «système national façonné par les politiques fédérales», avaient eu un impact à vie sur les mères et leurs enfants, qualifiant cette pratique de «l’une des plus graves violations des droits de la personne au Canada».
Le gouvernement a déposé sa réponse mercredi, indiquant qu’il reconnaissait les «répercussions importantes et durables» des adoptions forcées ainsi que le travail d’un comité sénatorial qui avait produit un rapport sur la question en 2018.
Dans sa réponse, la ministre de l’Emploi et des Familles, Patty Hajdu, précise que l’adoption relève de la compétence des provinces, ajoutant que chaque province et territoire a mis en place des mesures de protection visant à éliminer les adoptions forcées depuis la période couverte par le rapport.
La ministre mentionne que le Canada est également partie à plusieurs conventions internationales visant à protéger les femmes et les enfants, notamment la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, qui stipule qu’un enfant ne doit pas être séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités ne déterminent que cette séparation est nécessaire dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
«Le gouvernement du Canada maintient son engagement à faire respecter les principes enchâssés dans ces conventions dans le cadre de ses efforts continus pour soutenir les femmes et les enfants au Canada», indique la réponse.
Des excuses officielles figuraient parmi les recommandations formulées dans le rapport du comité des affaires sociales du Sénat, intitulé «Honte à nous». D’autres recommandations portaient notamment sur la mise en place de services de soutien aux personnes concernées ainsi que sur l’accès aux dossiers et documents relatifs aux adoptions forcées.
Lors de la présentation de la pétition à la Chambre en mai, la députée libérale Karina Gould a déclaré qu’environ 300 000 mères célibataires avaient été contraintes et forcées de confier leurs enfants à l’adoption entre les années 1940 et 1970.
Plusieurs autres pays, dont l’Australie, l’Irlande et l’Écosse, ont présenté des excuses officielles pour cette pratique. Les dernières excuses en date ont été formulées par le Royaume-Uni au début du mois.
Le premier ministre, Keir Starmer, avait alors déclaré que son gouvernement était «profondément et sincèrement désolé» pour ce qu’il avait qualifié de «tache» sur l’histoire du pays.
L’organisation «Canadiens pour des excuses nationales» a déclaré que la réponse d’Ottawa à la pétition représentait un recul par rapport aux gestes posés par d'autres pays. La coalition a annoncé qu’elle se rassemblerait en septembre à l’occasion d’une journée nationale d’action sur cette question, pour exiger que des comptes soient rendus.
«Le dépôt discret de cette réponse par le gouvernement ne clôt pas la conversation. Il l’ouvre», a déclaré le groupe.
- Avec des informations de l’Associated Press
Sharif Hassan, La Presse Canadienne