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Pierre Céré veut être le candidat du NPD qui succédera à Alexandre Boulerice

durée 04h30
18 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le militant pour les droits des chômeurs Pierre Céré veut tenter de succéder à Alexandre Boulerice comme candidat du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la circonscription montréalaise de Rosemont—La Petite-Patrie où se jouera la principale bataille de la prochaine vague d'élections partielles.

«Je suis un gars de gauche. Je l'ai toujours été. Pour moi, l'enjeu principal, c'est de bâtir une société progressiste, sociale-démocrate, où les gens peuvent bien vivre avec un revenu décent, avec un toit, avec un logement décent», a-t-il résumé à La Presse Canadienne.

En entrevue, Pierre Céré, âgé de 67 ans, raconte comment, le 10 mars 1980, il contribuait à la création d'un «regroupement de chômeurs». Depuis ce temps, il s'implique dans les milieux communautaires. La politique est donc, dit-il, «une suite assez logique» de son engagement social.

Mais ce n'est pas la première fois que Pierre Céré espère se faire élire. En 2014, il s'était lancé dans la course à la direction du Parti québécois (PQ), mais il avait dû déclarer forfait en raison d'un manque de fonds. C'est l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau qui avait finalement été élu.

En revenant sur cet épisode, M. Ceré explique avoir voulu s'attaquer aux «dérives» du nationalisme conservateur et identitaire qui considère l'étranger ou l'immigrant comme une menace, mais aussi défendre le modèle progressiste. Au PQ, certains le qualifiaient de «monsieur socialiste», rigole-t-il.

Depuis, il dit avoir «rompu» avec la formation politique. Mais est-il toujours souverainiste? «C'est sûr qu'on m'attend là», admet du bout des lèvres celui qui souhaite porter les couleurs d'un parti résolument fédéraliste.

Y a-t-il un enjeu de transparence à éviter de répondre clairement? «Je suis tanné de ces vieux débats», lâche-t-il en insistant sur l'importance de s'attaquer aux «véritables enjeux».

En avril, le nouveau chef du NPD, Avi Lewis, avait d'ailleurs évité de dire s'il exigera que les futurs candidats soient fédéralistes. Il avait plutôt plaidé que la question souverainiste n'est pas brûlante en ce moment au Québec et que le NPD vise la construction d'une majorité progressiste au Canada.

Pierre Céré est le premier candidat à se déclarer pour cette investiture. L'organisation signale avoir reçu des documents d'un deuxième candidat potentiel.

Les noms des candidats seront communiqués aux membres entre 15 et 30 jours avant l'investiture, qui, elle, devrait, pour le moment, avoir lieu le 16 juillet.

L'appui de Boulerice?

Six élections partielles devront se ternir au pays au cours des prochains mois, mais celle de Rosemont—La Petite-Patrie est particulièrement susceptible de basculer vers un autre parti politique.

Le député démissionnaire, Alexandre Boulerice, dont la popularité dépassait celle de son parti, quitte la scène fédérale pour briguer l'investiture de Québec solidaire dans Gouin où il souhaite succéder à Gabriel Nadeau-Dubois.

«C'est une vraie bataille, reconnaît Pierre Céré. Il n'y a rien qui est gagné d'avance.»

Questionné par La Presse Canadienne, Alexandre Boulerice a confirmé avoir «approché et encouragé» Pierre Céré à déposer une candidature pour lui succéder. «Pour le choix final, cela revient aux membres et je ne veux pas m'immiscer», a-t-il cependant noté.

Alexandre Boulerice était le dernier député à la Chambre des communes qui avait été élu avec Jack Layton lors de la vague orange de 2011. À l'époque, le NPD avait remporté pas moins de 53 des 76 sièges du Québec et formait l'opposition officielle à Ottawa. Aujourd'hui, ils ne sont plus que cinq au pays, et aucun dans la Belle Province.

Or, le parti n'est «absolument pas» mort, affirme Pierre Céré qui assure que le parti va regagner du terrain. Au passage, il rappelle que les conservateurs s'étaient ramassés après la fin du gouvernement de Brian Mulroney avec seulement deux députés, dont un certain Jean Charest. Quelques années plus tard, le parti reprenait le pouvoir.

Lors des dernières élections fédérales, Alexandre Boulerice avait remporté 41,0% des votes. Les libéraux étaient arrivés deuxièmes avec 31,6 %. Et le Bloc avait terminé troisième avec 18,3 %.

Or, le facteur Boulerice n'est plus dans l'équation, les libéraux de Mark Carney trônent largement dans les sondages. Les bloquistes, eux, ont longtemps détenu la circonscription, ce qui laisse croire qu'il y a toujours un fond bleu dans l'électorat. L'annonce de leur candidat est d'ailleurs prévue jeudi matin.

En avril, le nouveau chef néo-démocrate, Avi Lewis, avait renoncé à tenter de se faire élire dans cette circonscription, jugeant alors que c'était «trop tôt» vu qu'il doit faire beaucoup de travail pour rebâtir le parti à l'échelle nationale.

L'investiture prévue le 16 juillet sera double puisque les néo-démocrates choisiront également leur candidat dans la circonscription voisine de Laurier-Sainte-Marie où un scrutin devra être tenu à la suite de la démission de l'ancien ministre de l'Environnement Steven Guilbeault. L'épidémiologiste Nimâ Machouf est la seule à avoir annoncé son intérêt à y être à nouveau candidate du NPD.

Michel Saba, La Presse Canadienne

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