Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Préjudices en ligne: les agents conversationnels sous la loupe pour le projet de loi

durée 17h16
20 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Certains des experts auxquels Ottawa a confié la tâche de l'orienter sur le projet de loi sur les préjudices en ligne estiment que la législation devrait s'étendre aux agents conversationnels basés sur l'IA, tandis que les avis divergent davantage quant à l'idée d'imposer des restrictions d'âge pour l'accès aux médias sociaux.

Emily Laidlaw, professeure de droit à l'Université de Calgary et membre du comité consultatif d'Ottawa sur les préjudices en ligne, a indiqué qu'elle ne voyait pas comment le gouvernement pourrait présenter à nouveau un projet de loi sur les préjudices en ligne sans aborder une technologie qui «facilite certains des préjudices les plus graves infligés aux adultes et aux enfants vulnérables».

En mars, le gouvernement a reconvoqué un groupe d’experts qu’il avait précédemment consulté sur une version antérieure de ce projet de loi, qui n’a pas été adopté avant le déclenchement des élections de l’année dernière.

Depuis lors, les questions de sécurité liées aux agents conversationnels basés sur l'intelligence artificielle (IA) et l'idée d'imposer des restrictions d'âge pour les réseaux sociaux sont toutes deux devenues des enjeux politiques mondiaux.

Le ministre de la Culture, Marc Miller, a mentionné la semaine dernière que le gouvernement envisageait «très sérieusement» d’interdire les réseaux sociaux aux enfants, et qu’il laisserait au groupe d’experts le soin de se prononcer sur la question de savoir si le projet de loi devait couvrir les agents conversationnels basés sur l’IA.

D'autres membres du groupe d'experts — dont Taylor Owen, directeur fondateur du Centre pour les médias, la technologie et la démocratie de l'Université McGill — ont convenu que le nouveau projet de loi devrait inclure les agents conversationnels basés sur l'IA.

Lianna McDonald, membre du groupe et directrice générale du Centre canadien de protection de l’enfance, a déclaré dans un communiqué de presse qu’il serait «imprudent» de ne pas tenir compte des agents conversationnels IA dans un futur régime de sécurité en ligne.

Mais les avis sur l'idée de restreindre l'accès aux réseaux sociaux en fonction de l'âge sont plus partagés parmi les experts consultés par le gouvernement.

Mme McDonald a avancé que le Centre canadien de protection de l’enfance «soutient sans équivoque un report de l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants».

«Il existe une multitude de preuves démontrant les effets néfastes sur le développement des enfants — et les parents canadiens partagent ce sentiment», a-t-elle ajouté dans le communiqué.

M. Owen a souligné que le gouvernement devrait envisager une restriction d'âge temporaire pour l'accès aux réseaux sociaux, qui resterait en vigueur jusqu'à ce qu'un organisme de réglementation soit mis en place et que les entreprises démontrent leur conformité.

«Et si elles le font, elles pourront alors accéder à nouveau à ce marché. C'est une approche plus équilibrée de la question, plutôt qu'une interdiction pure et simple pour toujours», a-t-il estimé.

Mme Laidlaw a précisé que le consensus est en faveur de l’interdiction des réseaux sociaux «et donc je pense, de manière réaliste, que le train est peut-être déjà parti, n’est-ce pas?»

L'interaction sur les réseaux sociaux est importante pour les jeunes et il y a une grande différence entre interdire l'accès aux enfants de moins de 13 ans et étendre l'interdiction à tous les enfants de moins de 16 ans, a-t-elle fait valoir.

«Je ne suis pas contre une forme de restriction d'âge pour les très jeunes enfants, mais seulement si elle est mise en place avec prudence», a expliqué Mme Laidlaw.

Vivek Krishnamurthy, membre du panel, professeur agrégé de droit à l’Université du Colorado et membre associé du Centre pour le droit, la technologie et la société de l’Université d’Ottawa, croit qu’une restriction d’âge est une mauvaise approche.

Les enfants et les adolescents sont capables de contourner les restrictions, a-t-il indiqué, et les méfaits causés par les réseaux sociaux touchent également les adultes.

«Mon argument est que nous devrions réglementer les caractéristiques de conception de ces plateformes qui sont néfastes, telles que […] la curation algorithmique conçue pour maximiser l’engagement et le temps passé sur la plateforme, a-t-il mentionné. Nous devrions faire des réseaux sociaux un endroit meilleur pour nous tous.»

Anja Karadeglija, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge