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Sonia Bélanger veut laisser Santé Québec «décider du DSN»

durée 18h21
2 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, n'est pas prête pour l'instant à envisager d'autres options que le Dossier santé numérique (DSN), contrairement à sa collègue la présidente du Conseil du trésor et ministre de la Cybersécurité, France-Élaine Duranceau.

La semaine dernière, Mme Duranceau avait laissé entendre que le gouvernement allait évaluer toutes les options et examiner des technologies qui pourraient être moins chères que celle proposée par l'américaine Epic au coût estimé entre 1,5 et 3 milliards $.

Mais dans une courte mêlée de presse mardi à l'Assemblée nationale, Mme Bélanger a envoyé un autre signal.

Elle a tenu à souligner que Santé Québec avait fait une «très belle implantation» du DSN, soit le projet-pilote actuellement en cours depuis le début de mai dans deux CIUSSS, en Mauricie et à Montréal, au coût de 400 millions $.

«Je suis vraiment très contente de ce que je vois», a affirmé Mme Bélanger.

«C'est Santé Québec qui va décider du DSN, c'est une société d'État, a-t-elle rappelé. Santé Québec va faire l'évaluation et va nous faire des recommandations pour la suite des choses.»

La semaine dernière, Mme Duranceau n'avait pas fermé la porte au recours à d'autres solutions que celles d'Epic, mais elle avait tout de même aussi ajouté qu'elle attendait les recommandations de Santé Québec.

«Est-ce que c'est la technologie qu'on doit déployer sur tout le territoire du Québec ou seulement dans les centres hospitaliers universitaires? Est-ce que d'autres technologies moins chères peuvent faire l'affaire» ou plusieurs solutions pourraient-elles être retenues? s'était-elle demandé.

«Il faut qu'on passe au dossier numérique, mais dans le respect de notre capacité de payer», avait-elle souligné.

Mme Duranceau avait notamment dit avoir «eu des bons échos» d'une autre solution déjà déployée à l'Hôpital général juif à Montréal.

On avait d'ailleurs appris la semaine dernière aussi que le système proposé par la firme américaine Epic n'allait peut-être pas être implanté dans tout le réseau et qu'il pourrait y avoir des exceptions.

Un audit est déjà en cours sur les deux projets pilotes, avait précisé le ministère de la Cybersécurité et du Numérique.

Le DSN vise à fusionner pas moins de 400 systèmes informatiques différents et à remplacer progressivement une part importante des quelque 10 500 systèmes actuellement utilisés, dont plusieurs sont vieillissants et coûteux à maintenir, souligne-t-on à Santé Québec.

Le «Tableau de bord des projets en ressources informationnelles du gouvernement du Québec» décrit le DSN comme «une rupture majeure avec les systèmes traditionnels».

Le système «remplace les fax, les formulaires papier et les numérisations manuelles par une plateforme numérique intelligente, fluide et interopérable».

C'est un outil de travail quotidien qui «permet aux cliniciens de recevoir des alertes en temps réel, d’éviter les examens en double, de mieux coordonner les soins et d’améliorer la sécurité des patients. Il transforme les pratiques cliniques, de soutien et administratives, tout en renforçant l’autonomie des citoyens».

Rappelons que l'Autorité des marchés publics (AMP) a ouvert une enquête sur le processus d'attribution du contrat à Epic.

Le premier appel d'offres en 2022 a été annulé et un responsable avait intérêt à ce que l'entreprise Epic remporte le deuxième appel d'offres en 2023, a laissé entendre l'opposition libérale

Mais Mme Bélanger a déjà dit qu'il avait été attribué selon les «règles de l'art».

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

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