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Trump se démarque de ses prédécesseurs avec son discours sur l’état de l’Union

durée 16h46
25 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Donald Trump n’étant pas un président comme les autres, son discours sur l’état de l’Union s’est démarqué de ceux prononcés par ses prédécesseurs.

C’était davantage un pot-pourri de ses lignes de communication habituelles qu’un avant-goût du programme des prochains mois, selon le spécialiste de la politique américaine Frédérick Gagnon, de la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal.

«Ce qui est particulier avec Donald Trump, c’est qu’il est tellement visible que le discours sur l'état de l'Union devient juste un discours parmi tant d'autres. On l’entend quotidiennement dire ce qu’il a dit mardi soir. C’était vraiment la chanson habituelle, et les gens la connaissent, alors il n’y avait pas de surprise.»

M. Gagnon rappelle que les précédents présidents étaient moins souvent présents publiquement, ce qui faisait en sorte que leurs discours sur l’état de l’Union étaient l’occasion de «rétablir le contact» avec la population et de l’informer sur ce qu’ils avaient l’intention d’accomplir dans l’année à venir.

Timothy Naftali, chercheur à l’École d'affaires internationales et de politiques publiques de l'Université Columbia, à New York, croit également que «le discours sur l'état de l'Union a perdu de son importance, car le président Trump est toujours disponible».

«C’est l'occasion de redéfinir ou de réaffirmer le programme du président, mais redéfinir un programme à l'ère des réseaux sociaux est différent de ce que c'était auparavant», souligne-t-il.

M. Trump a vanté son bilan pendant une heure et 47 minutes, un record, allant même jusqu’à déclarer que les États-Unis sont «plus grands, meilleurs, plus riches et plus forts que jamais».

Il a longuement insisté sur l’économie. Il a consacré la première partie de son exposé à tenter de rassurer la population, qui est globalement insatisfaite de sa façon de gérer ce dossier.

M. Gagnon estime que c’était une sage décision de la part de M. Trump d’axer son propos sur l’économie, puisque «c’est le thème dont la plupart des Américains avaient envie d'entendre parler».

«Il a abordé ça de front dans les 30 premières minutes. Je pense qu'il n’avait pas le choix. Il y a beaucoup d'inquiétudes aux États-Unis quant à ses politiques économiques, ses politiques tarifaires et tout ça. C'était une bonne stratégie d'insister sur l'économie d'entrée de jeu, parce que ce sont souvent les 30 premières minutes que les gens regardent.»

Le chercheur de l’UQAM doute cependant que les Américains aient été convaincus.

«C’est bien beau de promettre un âge d'or de l'Amérique et que les trois prochaines années seront radieuses, mais, pour l'instant, il y a des données qui inquiètent, notamment sur l'emploi. Trump insiste sur le fait que le coût de certains produits et de certaines marchandises a diminué, mais il ne parle pas des choses sur lesquelles le coût de la vie ne s'est pas amélioré, comme le prix de l'électricité.»

C’est aussi une question de perception, affirme M. Gagnon. «Il y a beaucoup d'Américains et d’Américaines qui ne ressentent pas les effets positifs des politiques économiques de Trump pour le moment. Beaucoup de gens, comme les sondages le démontrent, estiment que son bilan sur l'économie n'est pas très positif pour l'instant.»

Quels effets sur l’électorat?

Par conséquent, l’aiguille de l’électorat ne devrait pas trop bouger, à son avis.

«Je pourrais être surpris, mais j'ai l'impression que ça ne va pas changer grand-chose dans l'opinion publique. Les gens ont déjà une opinion assez arrêtée sur Trump et n'ont pas appris grand-chose de nouveau. Ça va faire bientôt 11 ans qu'il est dans le décor.»

De plus, les effets des grands projets en chantier se feront seulement sentir dans quelques années.

Des entreprises domestiques et étrangères ont promis d'ouvrir des usines en sol américain et d'investir dans la recherche et le développement dans plusieurs secteurs, dont l’automobile et l'intelligence artificielle, mais ces projets ne se réaliseront pas de sitôt.

«Peut-être qu'on va ressentir les effets bénéfiques de tout ça dans trois, quatre, cinq ans, mais si c'est dans quatre, cinq ou six ans, il ne sera plus là», fait remarquer M. Gagnon.

«Trump a donc besoin de résultats rapides, surtout qu'il y a les élections de mi-mandat qui s'en viennent en novembre. Si la tendance se maintient, les démocrates ont de bonnes chances de reprendre au moins la Chambre des représentants, ce qui changerait pas mal la dynamique pour lui.»

D’ici là, le président Trump devrait continuer de parler souvent d’immigration, que M. Gagnon qualifie de «son thème fort». «Il a perdu aussi des plumes sur le dossier migratoire, mais c'est l’un des dossiers sur lesquels il reste assez populaire pour l'instant, relativement parlant, si on compare à l'économie.»

— Avec des informations de l'Associated Press

Sébastien Auger, La Presse Canadienne

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