Un panneau publicitaire en faveur de la séparation est toujours en place en Alberta

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Par La Presse Canadienne, 2026
TABER — Un séparatiste de l'Alberta a redoublé d'efforts dans sa bataille contre une ville du sud de la province au sujet d'un panneau d'affichage de trois mètres de haut et six mètres de large appelant la province à quitter le Canada.
Cory Morgan affirme que le panneau qu'il a financé est toujours en place à Taber, au mépris d'une lettre que la ville aurait envoyée plus tôt ce mois-ci au propriétaire privé du panneau pour exiger que le message soit retiré avant samedi.
Le panneau d'affichage électronique, situé sur un terrain appartenant à la ville, montre le blason de l'Alberta entouré des mots: «Envoyez un message à Ottawa! Choisissez l'Alberta.» M. Morgan affirme avoir déboursé environ 1100 dollars pour que le panneau reste en place jusqu'à la fin du mois.
M. Morgan affirme qu’il ne se laissera pas intimider par Taber et qu’il a payé pour deux autres panneaux plus petits dans la ville depuis qu’il a reçu la lettre, le troisième devant être installé dimanche.
«Je n’ai rien contre Taber en soi, a déclaré M. Morgan lors d’un entretien téléphonique dimanche. Il y a des gens fantastiques là-bas. C'est une région sympa. C'est juste avec l'administration municipale que j'ai un petit différend en ce moment.»
Il a expliqué que son combat contre cette ville de 10 000 habitants repose sur le principe selon lequel un annonceur politique tiers ne devrait pas se voir réduire au silence par les pouvoirs publics.
«C'est un précédent inquiétant», a-t-il commenté. Taber devrait s’en tenir aux nids-de-poule, au ramassage des ordures et à la capture des chiens. Ce n’est pas leur rôle de dire aux gens ce qu’ils ont le droit de voir ou non sur un panneau d’affichage légal.»
La ville de Taber, située à 265 kilomètres au sud-est de Calgary, n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire dimanche, mais a précédemment indiqué avoir reçu de nombreuses préoccupations concernant le message du premier panneau d’affichage.
Elle a écrit dans un message publié le 3 juin sur les réseaux sociaux que ce message ne représentait ni ne reflétait la position de la ville ou de la communauté au sens large.
Le même jour, dans une lettre obtenue par la Presse Canadienne, le directeur général de la ville, Derrin Thibault, a adressé une lettre à l’exploitant du panneau d’affichage pour exiger que celui-ci soit retiré d’ici cette fin de semaine.
«La ville a reçu de nombreuses plaintes concernant le contenu politique actuellement affiché sur le panneau numérique, a écrit M. Thibault. L'affichage continu de cette publicité constitue une nuisance et est incompatible avec l'usage autorisé de la zone sous licence.»
M. Morgan a expliqué que ces panneaux étaient liés au référendum du 19 octobre visant à déterminer si l’Alberta devait rester au sein du Canada ou entamer le processus menant à un deuxième référendum contraignant sur la sortie du pays.
Il a expliqué avoir choisi Taber simplement parce qu’un emplacement d’affichage était disponible dans la fourchette de prix souhaitée.
M. Morgan a ajouté qu’il ne s’attendait pas à ce que le panneau suscite autant d’attention, tant négative que positive.
Il a déclaré avoir reçu des messages de nombreux partisans du mouvement pour l'indépendance de l'Alberta et avoir récolté davantage de fonds pour installer d'autres panneaux avant le référendum.
Cependant, il a également reçu des messages de fédéralistes blessés par ce mouvement et a eu du mal à trouver d'autres emplacements en Alberta pour installer ces panneaux.
«Je comprends que les gens soient peut-être contrariés des deux côtés», a-t-il dit.
Mais, il espère que d’autres villes ne lui mèneront pas la vie dure comme l’a fait Taber.
«Cela ne fera qu'empirer les choses, a-t-il commenté. Alors, peut-être devriez-vous vous en tenir à vos mandats municipaux, et nous poursuivrons cette campagne de quatre mois.»
Le débat sur la séparation de l’Alberta devrait se poursuivre tout au long de l’été. Mme Smith a été critiquée pour avoir organisé ce vote.
Elle affirme qu’elle était tenue de le faire, car des centaines de milliers d’Albertains se sont exprimés sur le sujet dans le cadre de campagnes de pétition et méritent d’avoir leur mot à dire.
Les détracteurs, dont le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans l’opposition, affirment que Mme Smith joue un double jeu: elle autorise le référendum pour apaiser les partisans de la ligne dure au sein de son parti, tout en faisant campagne pour le maintien au sein du Canada afin de rester en phase avec les électeurs centristes.
Les sondages indiquent qu'une large majorité d'Albertains rejette la séparation.
La Presse Canadienne