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Une Canadienne figure parmi les 21 activistes anti-baleiniers détenus par l'Islande

durée 19h57
1 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Une activiste pour les droits des animaux originaire de la Saskatchewan figure parmi les personnes interpellées au large de Reykjavik, la capitale islandaise, à bord d’un navire exploité par un groupe fondé par le militant anti-chasse à la baleine Paul Watson.

Jeudi, les garde-côtes islandais ont arraisonné le navire de protestation Bandero et ont interpellé son équipage. Les membres d’équipage se trouvent désormais dans une situation incertaine, a déclaré Shannon Mann, une Canadienne qui se trouve à bord.

«On nous dit que nous ne sommes pas en état d’arrestation, mais on nous dit aussi que nous ne pouvons pas quitter le navire. Nous ne sommes donc pas autorisés à mettre pied à terre, mais nous ne pouvons pas non plus quitter l’Islande», a-t-elle expliqué.

La chaîne publique islandaise RUV a rapporté que la police cherchera à expulser l’équipage et à lui interdire de revenir en Islande.

Les garde-côtes islandais ont indiqué que la saisie du navire faisait suite à une demande d’assistance formulée jeudi soir par l’équipage du baleinier Hvalur 9, qui estimait que sa sécurité était menacée. Ils ont précisé que le Bandero avait ignoré les instructions des garde-côtes lui enjoignant de quitter les eaux islandaises, puis un ordre de couper ses moteurs.

Les garde-côtes et les forces spéciales de la police, la «Viking Squad», ont arraisonné le navire vers minuit jeudi et ont placé son équipage en détention. Watson ne se trouvait pas à bord.

«Ils ont rassemblé tout l’équipage, nous ont enfermés dans une pièce, puis ont pris le contrôle du navire et l’ont ramené au port», a raconté Mme Mann.

La Fondation Captain Paul Watson a confirmé dans un communiqué que le navire avait été saisi et a indiqué que les 21 membres d’équipage étaient détenus à bord sans leurs téléphones. La fondation a également affirmé que l’équipage s’était vu refuser l’accès à son avocat et que la police avait refusé de leur présenter un mandat pour fouiller le navire et saisir certains de leurs biens.

Vendredi, les forces de l’ordre ont interrogé les membres de l’équipage et leur ont demandé de signer des documents juridiques en islandais, a indiqué Mme Mann. Elle a précisé qu’on ne leur avait pas expliqué les raisons de leur détention.

«On nous a dit que nous n’étions pas arrêtés, mais que nous n’étions pas autorisés à quitter le navire pendant une période pouvant aller jusqu’à quatre semaines», a-t-elle ajouté.

Mme Mann a commencé à faire du bénévolat au sein de la Sea Shepherd Conservation Society en 2006. Vivant aujourd’hui à Calgary, elle se trouvait en Islande en tant que matelot à bord du Bandero dans le cadre de l’opération 86 de la Fondation Captain Paul Watson, qui vise à mettre fin à la pratique de la chasse à la baleine dans ce pays insulaire de l’Arctique.

Avec la Norvège et le Japon, l’Islande est l’un des seuls pays à pratiquer encore la chasse commerciale à la baleine. Cette activité suscite de plus en plus de controverses en Islande, où la viande de baleine est désormais rarement consommée.

Cette pratique ternit la réputation du pays, estime Mme Mann.

«C’est un pays magnifique, peuplé de gens formidables, et aujourd’hui, il est surtout connu pour la chasse à la baleine», a-t-elle soutenu.

Né au Canada, Paul Watson, âgé de 75 ans, est un ancien dirigeant de la Sea Shepherd Conservation Society, dont les affrontements en haute mer avec des baleiniers ont suscité le soutien de célébrités, ont fait l’objet de l’émission de téléréalité «Whale Wars» et lui ont régulièrement valu des séjours en prison. Il a quitté Sea Shepherd en 2022 pour créer sa fondation.

M. Watson a été emprisonné au Groenland pendant cinq mois en 2024 après avoir été arrêté sur mandat japonais pour avoir entravé les activités d’un baleinier en 2010. En 2012, il a fait l’objet d’une «notice rouge» de la part de l’organisation policière internationale Interpol. Il a été retiré de la liste des personnes les plus recherchées en 2025.

Ses tactiques radicales ont divisé le mouvement qu’il a fondé, et les entreprises maritimes ont accusé les militants anti-chasse à la baleine de mettre en danger les navires et des vies humaines.

Au début de cette année, le Bandero est entré en collision avec un chalutier industriel de krill en Antarctique. Selon l’armateur norvégien du navire, il s’agissait d’une attaque délibérée qui a mis en danger son équipage et aurait pu provoquer une catastrophe environnementale.

-- Avec des informations de l’Associated Press

Marieke Glorieux-Stryckman, La Presse Canadienne

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