Une étude se penche sur la taille du pénis

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Les hommes autant que les femmes considèrent que les hommes ayant un plus gros pénis sont plus attrayants, mais les hommes les voient aussi comme étant des rivaux potentiellement plus dangereux, révèle une nouvelle étude australienne.
Cela pourrait en partie expliquer pourquoi le pénis humain est exceptionnellement grand par rapport à celui des autres primates, un phénomène qui intrigue les scientifiques depuis plusieurs années.
«Est-ce que ça parle vraiment du fait que sur le plan évolutionniste, un gros pénis confère des avantages à certains hommes et moins à d'autres?, a demandé le professeur Frédérick Philippe, du département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal.
«Il y a trop d'autres explications alternatives qu'il faut considérer. La plus simple, c'est de demander à n'importe qui s'il préfère un plus gros pénis ou pas. Vous allez avoir en moyenne une appréciation plus importante pour les plus gros pénis, autant des hommes que des femmes.»
Des chercheurs de l'Université de l'Australie-Occidentale ont présenté à plus de 600 hommes et 200 femmes près de 350 représentations virtuelles d'hommes de différentes tailles, de différentes morphologies et de différents... attributs.
On a demandé aux femmes quels hommes les attiraient le plus sexuellement et aux hommes lesquels leur semblaient être les rivaux les plus redoutables, aussi bien physiquement que sexuellement.
Les femmes ont préféré les hommes plus grands, au torse en forme de 'V' et ayant un plus gros pénis. Les hommes, de leur côté, ont également considéré que ces hommes étaient plus attirants, mais aussi plus intimidants.
«Est-ce qu'on est vraiment surpris de dire que les femmes préfèrent les hommes plus grands, un peu musclés, puis avec un gros pénis?, a souligné le professeur Philippe. Est-ce qu'on est vraiment surpris que les hommes soient intimidés par les hommes plus forts qu'eux? C'est pour ça qu'il y a différentes catégories dans le sport, parce que quelqu'un de plus gros que toi, c'est dangereux.»
Les hommes moins bien équipés ont été rapidement relégués au bas de l'échelle, aussi bien par les hommes que par les femmes, en termes d'attrait et de dangerosité.
Les auteurs de l'étude croient que cela pourrait expliquer, d'un point de vue évolutif, pourquoi le pénis des humains est plus gros que celui des autres primates.
«L'existence d'une forte préférence féminine pour les pénis de grande taille, que nous avons observée dans notre étude, suggère que ces préférences étaient probablement déjà présentes chez nos ancêtres et qu'elles ont donc joué un rôle dans la sélection sexuelle, entraînant l'évolution vers des pénis humains plus grands», écrivent-ils.
En d'autres mots, un plus gros pénis, en plus d'attirer les femmes, intimide potentiellement les autres hommes, éliminant d'emblée certains rivaux et augmentant d'autant les chances de son propriétaire de pouvoir se reproduire.
Il convient également de noter, poursuivent les chercheurs australiens, «que la taille et la forme du pénis ont pu être sélectionnées en raison de leurs effets sur la stimulation sexuelle, notamment en augmentant les chances d'orgasme chez les femmes, ce qui a été associé à une meilleure rétention du sperme, facilitant son activation et encourageant des copulations supplémentaires».
On sait pourtant, en sexologie, qu'un plus gros pénis n'est pas nécessairement synonyme d'un plus grand plaisir, a rappelé le professeur Philippe. Certaines femmes évitent même les hommes trop bien nantis par crainte de ce qui pourrait se produire au moment de la pénétration.
«Ça a beaucoup été développé socioculturellement par la pornographie, a-t-il dit. Avec des photos ou des vidéos, on veut bien voir l'acte sexuel, et on voit moins bien avec un petit pénis. Et puis on dit que certains groupes ethniques ont un plus gros pénis que d'autres et on commence à valoriser ça.»
Ultimement, conclut le professeur Philippe, cette étude, même si elle fait beaucoup jaser, accouche de conclusions qui tombent un peu sous le sens.
«Ce sont des choses qu'on savait déjà, a-t-il dit. D'en faire une explication évolutionniste, pour moi, c'est tiré par les cheveux. Il n'y a pas assez d'évidence scientifique pour soutenir une telle hypothèse. Il y a des explications alternatives plus simples à considérer.»
Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical PLOS Biology.
Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne