Une nouvelle étude montre l'importance d'être exposé à la nature pour notre cerveau

Temps de lecture :
3 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — On savait déjà que l'exposition à la nature avait des effets bénéfiques sur la santé. On en connaît désormais un peu plus sur les changements déclenchés sur le cerveau grâce à une revue de littérature réalisée sur le sujet par des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université Adolfo Ibáñez, au Chili.
Plus le moment passé en nature est long et immersif, plus les bénéfices sur la santé sont marqués et durables, mais seules quelques minutes passées dans un milieu naturel, comme un parc, sont suffisantes pour constater des effets positifs sur le corps et l'esprit.
«Je pense qu'il est de plus en plus reconnu que la nature a un effet apaisant sur nous et qu'elle est bénéfique pour réduire le stress et améliorer la régulation émotionnelle», mentionne en entrevue Mar Estarellas, coauteure principale et chercheuse postdoctorale au département de psychiatrie de l’Université McGill.
Il y avait tout un «spectre» du niveau de l'exposition à la nature dans les études, passant de simplement regarder une image de nature sur un ordinateur à une immersion complète dans une forêt.
«Le simple fait de regarder des images de la nature pendant trois minutes avait déjà un impact sur le niveau de stress de ces personnes, sur leur attention, sur leur esprit, sur la régulation du corps», souligne Mme Estarellas.
Avec son équipe, elle a examiné 108 études avec des imageries cérébrales réalisées au cours des 20 dernières années, notamment des électroencéphalogrammes (EEG) et des imageries par résonance magnétique (IRM).
«Que pouvons-nous apprendre de toutes ces études, menées dans différentes régions du monde, dans différents laboratoires? Je pense que c'est là que réside leur intérêt: elles révèlent de nombreux points communs que tout le monde constate, ce qui leur donne encore plus de poids», a-t-elle mis de l'avant.
Moins d'effort mental en nature
En analysant les études, les chercheurs ont observé certaines tendances et ont décelé ce qu'ils appellent un «modèle en cascade», qui illustre la réaction du cerveau à la nature.
D'abord, le cerveau a besoin de moins d'effort mental pour traiter la charge sensorielle que ce qu'on retrouve dans les villes ou en ligne. À mesure que la charge sensorielle diminue, le rythme cardiaque diminue, la respiration est plus profonde et les régions du cerveau qui interviennent dans la détection des menaces, comme l’amygdale, sont moins actives.
«C'est comme si votre cerveau et votre corps trouvaient beaucoup plus facile de traiter les stimuli sensoriels provenant de la nature. Votre réaction de lutte ou de fuite ralentit, votre attention se régule. Vous éprouvez alors, je suppose, une sorte de fascination apaisante pour la nature, qui adoucit votre attention et vous permet en quelque sorte de vous reconstruire. Et les réseaux cérébraux qui sont corrélés à l'introspection ou à la réflexion sur soi-même ralentissent également. C'est donc aussi un ralentissement complet, depuis les sens jusqu'aux fonctions supérieures [...] et tous les processus plus complexes, telle la rumination, ralentissent également», détaille Mme Estarellas.
Elle espère que ses travaux favoriseront la conversation autour de l’urbanisme vert et aussi que davantage de médecins seront portés à recommander à leurs patients de passer du temps en nature.
«C'est l'un des objectifs que j'espère atteindre avec cette étude, de souligner l'importance d'intégrer davantage des environnements naturels dans notre société et notre culture, non seulement dans les villes, mais aussi dans les hôpitaux, les écoles et autour de nous au bureau, par exemple. Je suis profondément convaincue que cela serait très bénéfique pour nous tous et j'espère que cela aura un petit impact, au moins un début d'impact», conclut-elle.
L'étude a été publiée dans la revue scientifique Neuroscience and BioBehavioral Reviews.
—
La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.
Katrine Desautels, La Presse Canadienne