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Une photographe poursuit la GRC en justice, alléguant une arrestation abusive

durée 18h35
12 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — Une photographe et l'agence de presse qui l'avait envoyée couvrir une manifestation contre un pipeline en Colombie-Britannique poursuivent la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour arrestation abusive dans une affaire qui, selon eux, a des implications pour les médias de tout le pays.

Amber Bracken et The Narwhal demandent qu'il soit déclaré que l'arrestation de Mme Bracken en novembre 2021 dans un camp de protestation contre le pipeline Coast GasLink dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique était illégale.

Dans leur réponse à la plainte, la police et les gouvernements de la Colombie-Britannique et du Canada affirment que le fait que Mme Bracken était en mission à ce moment-là ne l'exemptait pas de se conformer aux termes d'une injonction contre la manifestation.

La rédactrice en chef par intérim de The Narwhal, Carol Linnitt, déclare dans un communiqué que les zones d'injonction permettent à la GRC seule de «déterminer ce qu'est le journalisme, qui le pratique, où et comment».

Elle ajoute dans cette déclaration, qu'elle a lue devant la Cour suprême de Colombie-Britannique à Vancouver avant le début du procès civil, que la liberté de la presse «dépérira complètement» dans de telles conditions.

Mme Bracken, dont les photos sont publiées par des organes de presse nationaux, notamment La Presse Canadienne, a déclaré devant le tribunal que cette affaire concernait l'ensemble des médias et qu'elle était heureuse de la voir portée devant les tribunaux.

Les accusations portées contre Mme Bracken ont finalement été abandonnées.

L'Association canadienne des journalistes affirme que cette affaire concerne les relations entre les journalistes et la police au Canada, qui sont devenues «intenables».

«Bien que l'affaire Bracken soit celle qui est inscrite au rôle pour lundi matin, elle n'est pas la seule à subir ce type de censure ou d'ingérence de la part de la police», indique l'association dans une déclaration.

«Au cours des dernières années, l'ACJ a documenté de nombreux exemples montrant que les forces de l'ordre à travers le Canada arrêtent ou détiennent trop souvent des journalistes sur la base d'accusations forgées de toutes pièces. La conclusion logique est que ces actions visent à étouffer la couverture médiatique et à échapper au regard du public, ce qui en fait une stratégie qui criminalise le fait de témoigner.»

Dans leur réponse à la plainte, la police et le gouvernement affirment que Mme Bracken et plusieurs opposants au pipeline avaient occupé une cabane barricadée de l'intérieur.

«L'occupation de cette cabane avait pour but d'entraver la construction du pipeline, ce qu'elle a fait», affirment-ils, et Mme Bracken a été arrêtée «pour des motifs raisonnables et probables qu'elle avait enfreint l'ordonnance d'injonction».

La Presse Canadienne

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