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Blocage des voies ferroviaires

L'approvisionnement en grains cause des maux de tête à la Meunerie de Saint-Frédéric

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27 février 2020
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Sylvio Morin
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Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

Les blocages et les perturbations des services ferroviaires commencent à créer des maux de tête et des problèmes d'approvisionnement à la Meunerie de Saint-Frédéric.

« C'est pas un beau pattern ce qui se passe, j'ai hâte que ça se règle », de dire Gino Vachon, directeur général de cette entreprise qui dessert plus de 400 producteurs agricoles de la région, principalement du secteur porcin et laitier.

La Meunerie de Saint-Frédéric va chercher ses matières de base au Port de Québec mais les tonnages à cet endroit, comme chez les autres élévateurs de grain de la région (Agri-Marché, Meunerie Saint-Henri, etc.), sont en baisse très rapide.

Cette semaine, l'entreprise n'a pas été en mesure de livrer une dizaine de remorques de grain de mais qui provient des États-Unis. De même, le producteur de moulées a dû acheter son soya  hors contrat, ce qui a fait bondir le prix, une hausse qu'il doit refiler au client, se désole M. Vachon parce que sa commande de 300 tonnes était bloquée en Ontario en raison de la barricade de Belleville.

S'il ne sent pas de mouvement de panique chez les agriculteurs, Gino Vachon avoue quand même que la situation augmente le niveau de stress chez ces derniers pour assurer le bon fonctionnement des fermes, lesquelles demandent déjà une logistique très rigoureuse et régulière pour opérer avec le moins de problèmes possible.

« Disons qu'actuellement, on fonctionne sur trois roulettes plutôt que quatre. On est pas encore rendu à deux roulettes », d'imager le meunier qui a bien hâte de ne plus faire de cabrioles pour réussir à combler les besoins de sa clientèle.

Situation critique
En entretien téléphonique avec EnBeauce.com, le président de la Fédération de l'UPA Chaudière-Appalaches, James Allen, a confirmé que du côté de l'alimentation des animaux de ferme, la situation s'approchait du « niveau critique » alors que les meuneries devaient rationner la distribution de leur inventaire pour assurer qu'aucun producteur ne soit pénalisé. Il a d'ailleurs tenu à saluer le mouvement de concertation qui s'est développé entre les élévateurs de grain dans cette situation de crise.

Pour ce qui est du gaz propane, M. Allen a indiqué que la confédération centrale de l'UPA avait une entente avec le ministère des Ressources naturelles du Québec pour assurer un certain approvisionnement de fermes, lorsque la situation s'avère critique, à partir des réserves d'urgence gouvernementales.

Par ailleurs, le président a fait remarquer que même si tout débloquait aujourd'hui, « il faudrait au minimum 15 jours à trois semaines » avant que la situation revienne à la normale, ce qui est quand même assez long pour accentuer les problèmes d'opération des fermes.

Enfin, l'UPA entend réclamer du gouvernement fédéral qu'il verse des compensations et des dédommagements aux agriculteurs pour les pertes subies et les hausses de coût provoquées par ces blocages qui se sont prolongés inutilement en raison de l'inertie d'Ottawa, selon lui.

D'ailleurs M. Allen invite ses membres à tenir un registre précis de tous les dépassements de coûts et des problèmes créés par cette crise du transport ferroviaire afin que le dossier de réclamation  de chaque producteur touché soit bien documenté.

Lui non plus ne sent pas de mouvement de panique chez les producteurs cependant que ceux-ci se tiennent bien informés de ce qui se passe. « J'étais hier soir à l'assemblée annuelle des producteurs laitiers de Chaudière-Appalaches Sud et c'est bien sûr le sujet qui était sur toutes les lèvres », de dire le porte-parole de l'UPA qui espère que le gouvernement fédéral « va mettre ses culottes pour régler ce dossier là au plus vite. »

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