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18 novembre 2020 - 15:00

En raison de la pandémie et des accords commerciaux

2020: la croissance de la production laitière la plus faible en 5 ans

Sylvio Morin

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

Malgré une hausse des ventes au détail, la croissance de la production laitière au pays a été plus faible en raison de la pandémie et des accords commerciaux.

« En 2020, la COVID-19 a frappé de plein fouet l'industrie laitière, à l'instar de l'ensemble de la société. Cette situation imprévue est venue ébranler les plus résilients d'entre nous. Nous pouvons malgré tout apercevoir du positif dans le contexte. Depuis plus de six mois, les ventes au détail ont affiché d'importantes croissances pour plusieurs produits laitiers, y compris le lait de consommation. Cela nous confirme que les consommateurs sont fidèles à nos produits même si la pandémie a changé les lieux et les habitudes de consommation » a expliqué le président des Producteurs de lait du Québec, Daniel Gobeil, en présentant le bilan de l'année lors de l'assemblée virtuelle d'information de l'organisation.

Le marché laitier est demeuré en croissance en 2019-2020, mais le rythme a diminué cette année en comparaison aux cinq dernières années.

La croissance de la demande canadienne a été de 0,56 % pour les 12 mois se terminant en septembre 2020, alors qu'elle avait été de 3,76 % pour la période précédente. Celle-ci avait atteint un sommet en 2016-2017 avec une hausse de 5,6 %. Les mesures gouvernementales, pour freiner la propagation de la COVID-19 comme la fermeture des restaurants, des écoles et le télétravail, ont eu un effet important sur la consommation canadienne, dont le plus gros impact s'est fait sentir en avril 2020.

Les produits laitiers ont connu globalement une hausse de ventes au détail pour les 52 semaines se terminant en octobre 2020. Les ventes au détail ont crû de 13,4 % pour le beurre, de 11,4 % pour la crème, de 8,1 % pour les fromages, de 3,6 % pour le lait de consommation et de 0,5 % pour les ventes de yogourt.

La portion des ventes destinée à l'hôtellerie, à la restauration et à l'institutionnel (HRI), qui représente environ 35 % des ventes de produits laitiers au Canada, a toutefois diminué. La fermeture rapide du secteur au printemps n'a pu être compensée en totalité par la croissance des ventes au détail. Depuis, la réouverture d'une partie du secteur et l'adaptation du secteur de la restauration permettent de graduellement rétablir les ventes.

« Dans ce contexte très volatil, les producteurs ont eu à s'adapter rapidement à des besoins instables et chaotiques du marché. La rapidité avec laquelle nous avons réussi à réduire les effets de la crise démontre toute l'agilité de notre modèle de gestion de l'offre. Sur ce point, j'aimerais souligner la solidarité, la collaboration et la discipline de l'ensemble des producteurs du Québec, car nos efforts ont porté fruit » a ajouté M. Gobeil.

La pandémie de la COVID-19 a eu des impacts sur les achats de denrées alimentaires partout à travers le monde. Grâce à la gestion de l'offre, les producteurs laitiers du Canada ont pu réagir rapidement et collectivement réduire efficacement la production.

Effet des accords commerciaux
Avec la ratification et la mise en œuvre de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) en juillet 2020, les producteurs laitiers du Québec doivent faire face, à terme, à une perte de marché de 8,4 % en raison des concessions accordées dans trois accords commerciaux, signés par le gouvernement fédéral : le Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), l'Accord économique et commercial global (AECG) et l'ACEUM.

À l'échelle canadienne, cela représente annuellement 450 millions de dollars de vente de lait à la ferme. Pour le Québec, c'est 165 millions de dollars par année à perpétuité d'activités économiques primaires dont seront privées nos régions.

« Le choc économique que devront absorber nos entreprises est majeur et amputera de façon importante la croissance de marché que nous étions en position de combler pleinement avec nos fermes, grâce aux investissements que nous avons déjà réalisés », a spécifié M. Gobeil.

Les producteurs de lait sont toujours dans l'attente de versement de la deuxième année du programme de compensations annoncé l'an dernier pour l'AECG et le PTPGP. De son côté, le programme de compensations pour l'ACEUM n'a toujours pas été annoncé, malgré l'entrée en vigueur précoce de l'accord en juillet dernier.

Par ailleurs, on estime que les investissements en bâtiments, machinerie et équipements sur les fermes ont été de plus de 500 millions de dollars pour la dernière année au Québec. Les producteurs laitiers ont investi dans leurs entreprises pour les rendre plus performantes, efficaces et durables. Ce sont près de 3 milliards de dollars d'investissements sur cinq ans qui sont retournés dans notre économie.

Les Producteurs de lait du Québec, affiliés à l'UPA, représentent les 4 877 fermes laitières qui livrent quelque 3,33 milliards de litres de lait, dont la vente totalise des recettes à la ferme de plus de 2,7 milliards de dollars.

La production et la transformation laitière génèrent au Québec quelque 83 000 emplois directs, indirects et induits et contribuent à hauteur de 6,2 milliards de dollars au produit intérieur brut. Finalement, elles entraînent des retombées fiscales de 1,3 milliard de dollars.

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