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Projet de la ligne d’interconnexion des Appalaches-Maine

Le tracé de la ligne est acceptable sur le plan environnemental, selon le BAPE

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4 décembre 2020
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Sylvio Morin
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Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

Dans l’ensemble, le tracé du projet de la ligne d’interconnexion des Appalaches-Maine est acceptable sur le plan de l’environnement naturel et humain, étant donné les efforts d’optimisation consentis par Hydro-Québec et les mesures d’atténuation prévues.

Voilà un des principaux constats qui se dégage du rapport que vient de déposer la commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) à la suite des audiences publiques tenues cet été sur ce projet de la société d'État.

En 2018, Hydro-Québec a été retenue à la suite d’un appel de propositions de l’État du Massachusetts visant la livraison de 9,45 TWh d’hydroélectricité par année. Le contrat d’approvisionnement d’une durée de 20 ans a pour objet de fournir une quantité d’électricité représentant 17 % de la consommation annuelle du Massachusetts.

Pour livrer l’électricité, l’initiateur a développé un projet qui consiste à construire une ligne aérienne de transport d’une tension de 320 kV permettant de fournir jusqu’à 1 243 MW de puissance électrique. D’une longueur de 103 km, la ligne relierait le poste des Appalaches à un point de raccordement localisé à la frontière canado-américaine, dans la municipalité de Frontenac. La ligne se raccorderait alors à celle du projet New England Clean Energy Connect (NECEC), actuellement à l’étude dans l’État du Maine.

Hydro-Québec a défini une zone d’étude pour déterminer le meilleur tracé de ligne. Cette zone recoupe le territoire de trois régions administratives, soit la Chaudière-Appalaches, l’Estrie et le Centre-du-Québec, de quatre municipalités régionales de comté (MRC), soit les MRC des Appalaches, de Beauce-Sartigan, du Granit et d’Arthabaska, et d’une cinquantaine de municipalités. C'est cette zone qui a été étudiée par le BAPE.

Dans son rapport, la commission d’enquête estime que le projet permettrait à Hydro-Québec d’augmenter ses exportations d’électricité et favoriserait la commercialisation des importants surplus dont la société d’État dispose, au bénéfice des Québécois. Le projet s’inscrirait également dans le sens de la lutte contre les changements climatiques en fournissant une énergie renouvelable aux États du Maine et du Massachusetts, ce qui contribuerait à la décarbonation de leur économie, et ce, sans entraver celle du Québec.

Après la deuxième partie de l’audience publique, Hydro-Québec a discuté avec la Ville de Thetford Mines et la Municipalité de Saint-Joseph-de-Coleraine pour trouver un tracé acceptable dans le secteur de Thetford Mines. La société d'État retient maintenant comme tracé préférentiel une variante du tracé de rechange passant par l’ancienne mine British Canadian, abandonnant ainsi le tracé qui passait par le nord et l’ouest du secteur urbain de Black Lake et qui était fortement contesté.

« Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques devrait toutefois s’assurer auprès de l’initiateur du projet, de la Ville de Thetford Mines et de la Municipalité de Saint-Joseph-de-Coleraine que le tracé de la ligne dans le secteur de Thetford Mines est acceptable du point de vue de l’environnement humain et naturel », écrivent les commissaires dans leur rapport.

On indique également que l’éventuel décret d’autorisation du projet devrait prévoir une condition obligeant H-Q à compenser financièrement les pertes résiduelles de milieux humides, si les suivis montraient que les milieux humides perturbés par le projet n’étaient pas complètement restaurés.

Enfin, dans le contexte de transition énergétique, l’examen des modifications aux systèmes d’approvisionnement requis pour faire face au défi des changements climatiques et aux obstacles à surmonter pour en optimiser les coûts et les bénéfices soulève des enjeux fondamentaux de développement durable. Cet examen devrait être soumis à un processus de participation publique. La formule de l’évaluation environnementale stratégique, une avenue que l’Assemblée nationale a adoptée et qu’elle a intégrée dans sa récente réforme de la Loi sur la qualité de l’environnement, pourrait s’appliquer dans ce contexte, conclut le rapport du BAPE.

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