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Un agriculteur sur deux souffre de détresse psychologique au Québec

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10 octobre 2007
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Selon les données d’une récente étude, 50,9 % des agriculteurs québécois vivent un niveau élevé de détresse psychologique, comparativement à 17,5 % il y a dix ans. En constatant l’ampleur de ce phénomène, l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Beauce sonne l’alarme et demande à quatre Centres de santé et de services sociaux (CSSS) de Chaudière-Appalaches et à l’organisme Partage au masculin de se mobiliser conjointement pour venir en aide aux agriculteurs de la région. À cet effet, une conférence a eu lieu hier, à Saint-Joseph, afin d’annoncer la mise sur pied d’un plan d’action pour tenter de contrer la détresse psychologique chez les agriculteurs.

Le président de l’UPA de la Beauce, Jean-Denis Morin, admet que la région de Chaudière-Appalaches n’est pas à l’abri de ce phénomène. « Il y a dix ans, nous nous pensions à l’abri, mais il s’avère qu’aujourd’hui des situations et des conditions particulières influencent le bien-être de plusieurs familles agricoles dans la région », a mentionné M. Morin. Ainsi, il explique que les difficultés financières, la hausse de la valeur du dollar canadien, les maladies qui affligent certaines productions animales et que la faible reconnaissance populaire envers les producteurs sont quelques-uns des facteurs susceptibles de causer de la détresse chez les agriculteurs.

À ce sujet, la deuxième vice-présidente de l’UPA de la Beauce, Ghyslaine Côté Bélanger, ajoute que les agriculteurs touchés par la détresse psychologique sont surtout âgés de 35 à 54 ans, que le phénomène est plus fréquent chez les femmes et qu’il touche davantage de producteurs de porcs que ceux des autres types de production.

Oser demander de l’aide
Selon le comité de travail, les agriculteurs en difficulté seraient plus réticents à demander de l’aide. « Les producteurs agricoles sont pragmatiques. Quand ils ont des foins à faire, ils savent qu’il y aura des conséquences s’ils ne les font pas au moment donné. Pour les agriculteurs, demander de l’aide peut être perçu comme une perte de temps. Ils vivent donc dans leur souffrance parce qu’ils ne sont pas habitués à demander de l’aide », a souligné la directrice générale du Centre de santé et de services sociaux des Etchemins, France Laplante-Théberge.

De plus, selon M. Morin, bien qu’il y a eu au cours des dernières années une augmentation de la détresse psychologique chez les producteurs agricoles, la demande d’aide auprès des ressources disponibles, elle, n’a pas augmenté. « C’est dans la culture des agriculteurs; ils sont peu enclins à demander de l’aide et ils connaissent peu ou pas les ressources disponibles », a ajouté M. Morin. Ce dernier soutient aussi, qu’il faut rendre ces ressources plus accessibles et les adapter également à la situation des travailleurs agricoles qui, souvent, n’ont pas la possibilité de s’absenter de leur travail.

Les premiers pas du plan d’action
Le plan d’action, élaboré conjointement par l’UPA de la Beauce, les CSSS de Beauce, des Etchemins, du Grand Litoral et de la région de Thetford, ainsi que par l’organisme régional, Partage au masculin, vise d’une part à amener les agriculteurs à identifier leur propre état de santé psychologique et à les convaincre de l’importance de demander de l’aide. De plus, comme il semble que cette clientèle connaît peu les services qui leur sont disponibles, le comité de travail veillera à les promouvoir.

D’autre part, afin de tisser un véritable filet de sécurité autour de l’agriculteur et des siens, des personnes gravitant dans leur environnement professionnel ont été sensibilisées à la situation puis invitées à participer à un programme de formation, « Sentinelles », qui vise à les outiller afin qu’ils soient en mesure de faire face à l’expression de la détresse.

De cette façon, le comité de travail souhaite sensibiliser à la détresse psychologique les vétérinaires, les comptables, les institutions financières, les vendeurs, etc. et tout professionnel qui côtoie les producteurs agricoles et leurs employés. Ceux-ci sont souvent présents dans l’environnement immédiat des agriculteurs et sont donc de bons relayeurs pour faire passer un message d’espoir. « Nous avons remis à ces relayeurs des cartes avec les numéros de téléphone à composer en cas de détresse qu’ils pourront remettre aux agriculteurs. Nous les invitons également à prendre part à une formation, le 30 octobre prochain, qui leur permettra de mieux percevoir la détresse psychologique », a indiqué le directeur de Partage au masculin, Guy Dubé. À la suite de cette rencontre, ces gens seront en mesure de mieux identifier la détresse, de connaître les bonnes questions à poser aux agriculteurs, de savoir aussi quoi leur dire et enfin, d’entendre leurs réponses.

Selon M. Morin, ces mesures constituent la première étape du plan d’action, soit sensibiliser la population, être capable de parler de détresse psychologique chez les agriculteurs et reconnaître qu’il y a un problème. Le comité de travail croit qu’en conjuguant leurs efforts, ils contribueront au mieux-être non seulement des agriculteurs, mais aussi de l’ensemble de la communauté. Un des numéros à composer en cas de détresse est celui d’urgence détresse dans Chaudière-Appalaches, soit le 1-866-APPELLE ou le 1-866-277-3553. Ce service de crise est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.


De gauche à droite : Le travailleur social oeuvrant auprès du CSSS de Beauce, Jocelyn Deblois, la directrice générale du CSSS de Beauce, Huguette Giroux, la deuxième vice-présidente de l’UPA de la Beauce, Ghyslaine Côté Bélanger, le président de l’UPA de la Beauce, Jean-Denis Morin, la directrice générale du CSSS des Etchemins, France Laplante Théberge, et le directeur de Partage au masculin, Guy Dubé.

 

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