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Le candidat du Bloc québécois réplique à Maxime Bernier quant à ses propos sur les agriculteurs

Le candidat du Bloc québécois, Stéphane Trudel.
Photo: Julio Trépanier

Le candidat du Bloc québécois, Stéphane Trudel.

Stéphane Trudel, candidat pour le Bloc québécois en Beauce dans le cadre des élections fédérales 2015, écrit une lettre ouverte au député sortant Maxime Bernier en lien avec les propos de ce dernier à l'égard d'agriculteurs.

Je ne suis pas le premier à vous en faire part, mais nous, membres du Bloc Québécois et agriculteurs de la Beauce et du Québec, sommes profondément déçus. Déçus de votre comportement qui n’est, de l’avis de plusieurs, pas digne d’un représentant du peuple. Nos visions du Québec divergent, et nous sommes chacun dans notre droit le plus fondamental. Toutefois, étiqueter les agriculteurs de votre circonscription « d’illettrés économiques » est simplement irrespectueux, voire prétentieux.


Nous croyons que vous avez eu la chance de constater, lors du débat de mardi dernier à Saint-Joseph-de-Beauce, devant les membres de l’UPA et une foule de protestants, que nos agriculteurs n’incarnent absolument pas ce qualificatif injurieux que vous leur faites porter. Ce sont des gens bien au fait de la faiblesse de vos compensations et des risques que vos brèches dans la gestion de l’offre mettent en place. Bien au fait, car contrairement à vous, et même à moi, ils en subiront les conséquences quotidiennement.


Votre divergence idéologique ne devrait pas affecter votre empathie. Comment avez-vous osé regarder ces gens droit dans les yeux, dont certains en larmes, certains qui ont pu perdre 100 000 $ durant l’été, puis certains qui vont perdre 90 000 $ par les nouvelles brèches introduites dans la gestion de l’offre, et simplement leur répondre de voter pour un autre parti le 19 octobre? Est-ce cela que nous sommes en droit d’attendre d’un député? Est-ce cela votre travail, ou bien serait-ce plutôt de prendre le message de ces agriculteurs, des ces Beaucerons et de ces Québécois, puis de le porter à Ottawa? Au-delà des accords internationaux, il y a les êtres humains, puis il y a l’agriculture. Alors que vous parlez de compensation, de récupération, voire de survie, nous parlons de soutien, de développement et d’investissement. Les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt sont le cœur de notre économie. Il est temps que les Québécois reçoivent leur juste part. Tout ce que ces agriculteurs veulent, c’est conserver le droit d’être ce qu’ils sont, de gagner leur vie comme ils le désirent, puis d’avoir les moyens d’offrir ce même rêve à leurs enfants. Pourquoi, M. Bernier, comme vous l’avez fait en méprisant l’Assemblée nationale de façon récurrente et en identifiant les Québécois comme un peuple de « quêteux », méprisez-vous tant les agriculteurs? 

 

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