Le Sillon
Travailler auprès des proches aidants en santé mentale - Être là pour ceux qui sont là pour les autres
Être intervenante auprès de proches aidants en santé mentale, c’est avant tout être là. Écouter sans jugement, accueillir les émotions, aider à mettre des mots sur ce qui est vécu et accompagner la personne dans la recherche de stratégies qui pourront lui permettre de traverser les moments plus difficiles. Mais chaque personne accompagnée est différente. Et c’est ce qui rend le travail aussi riche.
Auprès des adultes, l’intervention peut prendre différentes formes. Un conjoint qui ne sait plus comment communiquer avec sa partenaire, un parent qui s’inquiète pour son fils, une sœur qui tente de comprendre les comportements de son frère ou encore un proche qui se retrouve complètement dépassé par une situation de crise. L’intervenante aide alors le proche à mieux comprendre ce qu’il vit, à identifier ses limites, à développer des stratégies et, surtout, à retrouver un peu de pouvoir sur une situation qui peut parfois sembler hors de contrôle.
Avec les jeunes, l’approche est différente mais tout aussi importante. Un enfant ou un adolescent qui vit avec un parent ayant un trouble de santé mentale peut avoir beaucoup de questions, de préoccupations et parfois même un sentiment de responsabilité qui ne lui appartient pas. L’intervention vise alors à lui offrir un espace sécurisant où il peut parler librement, comprendre ce qui se passe et développer des moyens pour prendre soin de lui tout en maintenant une relation significative avec son proche.
Travailler auprès des proches aidants demande de l’écoute, de l’empathie, de la souplesse et une bonne capacité d’adaptation. Il faut savoir accueillir ce qui est là, même lorsque les émotions sont fortes ou que les situations sont complexes.
C’est aussi un travail où l’on apprend constamment. On développe nos connaissances en santé mentale, mais surtout, on apprend des personnes que l’on accompagne. Chaque rencontre est différente. Chaque histoire nous amène ailleurs.
Et parfois, une intervention qui semble toute simple peut faire une grande différence : une personne qui repart avec une meilleure compréhension de la situation, un jeune qui réalise qu’il n’est pas responsable de la maladie de son parent, un proche qui ose enfin poser une limite ou simplement quelqu’un qui se sent un peu moins seul.
Être proche aidant ou membre de l’entourage d’une personne vivant avec un problème de santé mentale peut parfois être exigeant, déstabilisant et même épuisant. On peut avoir l’impression de devoir trouver seul les bonnes réponses, de devoir être fort ou de ne pas avoir le choix de continuer. Pourtant, demander de l’aide c’est parfois simplement reconnaître qu’on n’a pas à tout porter seul. Parler à quelqu’un, poser ses questions, chercher du soutien ou simplement avoir un espace pour déposer ce que l’on vit peut faire une réelle différence. Si vous êtes un proche aidant et que vous sentez que vous auriez besoin d’un coup de pouce, n’hésitez pas à demander de l’aide.
Catherine Cliche
Directrice générale, Le Sillon
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