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Entrevue avec Dina Gilbert

De musicienne à chef d’orchestre

durée 18h00
21 novembre 2019
Johanne Mathieu
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par Johanne Mathieu, Journaliste

Dina Gilbert baigne dans la musique depuis qu’elle est toute jeune. De musicienne à chef d’orchestre, elle a fait particulièrement de la musique classique sa passion. Portrait d’une maestra.

La musicienne a été amenée très tôt vers la musique classique, puisque l’éducation musicale était importante chez la famille Gilbert. Participer au concours Clermont-Pépin était aussi une tradition.

« Mes parents souhaitaient vraiment que leurs enfants puissent apprendre la musique. »

Avant même de savoir que le métier de chef d’orchestre pouvait être une option pour elle, cette Georgienne d’origine a multiplié les occasions de diriger très tôt et de façon totalement autodidacte.

C’est alors qu’elle étudiait au baccalauréat en clarinette à l’Université de Montréal que Dina Gilbert a découvert cette possibilité, grâce à sa rencontre avec un véritable chef d’orchestre.

« C’est lui qui m’a dit : “T’as vraiment une facilité avec ta gestuelle, t’as une bonne oreille. Est-ce que tu avais déjà pensé à être chef d’orchestre?” C’est à partir de ce moment-là que j’ai réalisé : “Hein, c’est vrai, ça pourrait être ça.” ».

Des rencontres inspirantes

Les expériences se sont ensuite multipliées pour elle. Alors qu’elle était en train de terminer son doctorat en direction d’orchestre, elle a fondé son propre orchestre de chambre, l’ensemble Arkea, ce qui lui a permis de faire ses premières marques dans le milieu et de travailler avec de jeunes compositeurs de sa génération. L’expérience a été déterminante pour son apprentissage.

Dina Gilbert est devenue par la suite assistante à l’Orchestre symphonique de Montréal, aux côtés du célèbre maestro Kent Nagano.

« Trois années à [le] côtoyer, à travailler avec des orchestres, avec des musiciens exceptionnels vraiment du plus haut niveau qu’on peut avoir au Canada. Ça a été incroyable, pour moi, très, très enrichissant. C’est un peu notre métier. On apprend tous les jours au contact de musiciens, au contact de rencontres. J’ai eu la chance de rencontrer des gens vraiment inspirants sur mon parcours. »

La passion du métier

Aujourd’hui, la Georgienne porte plusieurs chapeaux. En plus d’être directrice artistique et chef d’orchestre pour l’Orchestre symphonique de l’Estuaire à Rimouski et le Kamloops Symphony Orchestra en Colombie-Britannique, elle est aussi chef attitrée pour les Grands Ballets canadiens de Montréal.

Voyageant d’un bout à l’autre du Canada notamment, ses horaires sont très chargés, mais elle ne compte pas les heures. Son métier la passionne.

« Tout ce que je fais, c’est un peu de la folie. Je fais un peu de tout, ça fait en sorte qu’on n’arrête jamais, mais en même temps, j’aime tellement ça que ça va. »

Au-delà du contact avec la musique, c’est aussi le contact avec les « êtres humains » qu’elle apprécie particulièrement. Pour elle, il est important de bien communiquer avec les musiciens et avec le public.

« C’est ce mariage-là des deux que je trouve intéressant dans mon métier. » 

Son travail lui donne non seulement l’occasion de collaborer avec d’excellents musiciens, mais l’amène également à relever des défis et de récolter les souvenirs. Comme lorsqu’elle a dû remplacé à quelques jours d’avis un chef de grande renommée, alors qu’elle était avec l’Orchestre symphonique de Montréal.

« C’était un programme qui devait être présenté trois fois et qui comprenait de grandes œuvres, dont Les planètes de Gustav Holst, un triptyque d’œuvres canadiennes et un concerto avec un grand soliste de réputation international. Le défi était grand, mais alléchant, je dirais. J’ai sauté sur l’occasion. Ça a été une expérience fabuleuse. »

La musique classique... un peu comme les sushis 

Si la chef d'orchestre n'avait qu'un rêve à réaliser, ce serait qu'on donne plus d'importance à la culture et que les gens aillent voir un concert et découvrent la musique classique. Pour elle, il y a des œuvres qui sont très enrichissantes et marquantes et il y a certainement une raison pour laquelle elle traverse les décennies et les siècles.

Dina Gilbert croit d'ailleurs que la découverte de la musique classique est un peu comme la nourriture, ou plutôt... comme les sushis.

« La première fois qu'on a mangé un sushi, on n'était pas sûr, mais après ça, on est accroc. Il faut juste tenter l'expérience. On n'a pas besoin d'être capable de bien cuisiner des sushis ou de tout comprendre pour bien l'apprécier. C'est la même chose avec la musique classique. Venez écouter un concert. Vous allez être transportés par les émotions que les compositeurs ont vécu, eux aussi » , a-t-elle conclu.

À lire également :
Dina Gilbert finaliste aux prix Opus

 


 

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