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25 juillet 2021 - 18:00

Une plante exotique envahissante et dangereuse

La lutte à la berce du Caucase: quelle est la situation en Beauce?

François Provost

Par François Provost, Journaliste

Le nom « berce du Caucase » était encore inconnu pour bien des gens il y a de cela quelques années. Aujourd'hui, de plus en plus de personnes connaissent cette plante et sont à l'affût de ses belles et, pourtant dangereuses, fleurs blanches en ombelles. 

En effet, la berce du Caucase, une plante qui a été importée au Québec dans les années 90s pour ses qualités ornementales, est d'autant plus « radieuse » qu'elle peut générer des brûlures au deuxième ou au troisième degré sur une peau qui est entrée en contact avec sa sève. Celle-ci détruit la barrière de protection contre les rayons UV de l'épiderme, que ce soit ceux du soleil ou même ceux d'une ampoule à l'intérieur. 

Si cette plante se retrouve dans plusieurs endroits au Québec, en Chaudière-Appalaches, la berce du Caucase a perdu du terrain depuis que les organismes de bassins versants du territoire se sont mobilisés dans « l'Offensive régionale de lutte contre à la berce du Caucase en Chaudière-Appalaches ». 

Selon Mathieu Provost, chargé de projet au Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC) la Beauce est une région moins affectée que d'autres MRC de la région administrative comme L'Islet ou Lévis. Cependant au courant de la dernière année, plusieurs colonies ont été identifiées dans le nord de la Beauce à Saint-Lambert-de-Lauzon et à Saint-Isidore. Le ruisseau Fourchette à Saint-Isidore serait d'ailleurs l'épicentre de l'invasion de la berce du Caucase dans la région. 

« On a aussi identifié des plants à Saint-Philibert, près de Saint-Georges » indique Mathieu Provost. La métropole de la Beauce a pourtant été relativement épargnée par l'invasion de la Berce du Caucase jusqu'à présent.

« Le véhicule d'introduction de la berce du Caucase, c'est l'humain. Par exemple, on sait que ce sont des horticulteurs qui ont amené la plante dans la région de Thetford Mines. Ça ne s'est pas produit à Saint-Georges apparemment », explique le chargé de projet du COBARIC. 

Si l'introduction est humaine, la propagation des semences peut se faire par la machinerie, les VTTs, mais aussi par le vent et les cours d'eau. 

« On a eu quelques propagations riveraines du côté de la rivière Callway, au niveau de la rencontre entre Saint-Joseph-de-Beauce et Saint-Odilon-de-Cranbourne, mais maintenant, c'est contrôlé ». 

Un secteur où plusieurs plants ont été retrouvés et qui est présentement sous surveillance est la rivière Gilbert à Notre-Dame-des-Pins, à partir du camping jusqu'au parc du pont couvert Perreault.

« C'est plus difficile dans ce coin-là. Il y a une attention à porter, puisque ça descend dans la rivière Chaudière et que le parc du pont couvert est une plaine inondable. On invite les citoyens de la municipalité et les utilisateurs du parc à faire preuve de vigilance », poursuit Mathieu Provost. 

Du côté de la Rivière du Loup, quelques plants ont aussi été arrachés à Saint-Côme-Linière et à Saint-Théophile.

« L'endroit est sous contrôle et des partenaires, la Zec Jaro et Domtar, nous aide continuellement dans ce secteur à faire du signalement. Ils sont aussi sensibilisés au risque de propagation par machines ou par VTT ».

Finalement, des plants isolés ont aussi été retrouvés à Saint-Ephrem et à Saint-Jules au courant de l'année. 

Qu'arrive-t-il lorsque la Berce du Caucase est identifiée?
L’éradication de la plante se fait dès que l'autorisation est donnée à la lumière des données écologiques et sociales. En parallèle, les agents environnementaux des organismes de bassins versants effectuent des prises de données afin de géolocaliser les colonies, évaluer le nombre de plants dans une colonie et ouvrir « l'enquête » afin de savoir l'endroit à partir duquel la colonie s'est implantée. 

« Une chose qui est prioritaire, c'est aussi d'informer la population et la municipalité. On fait de la sensibilisation aux gens des environs pour leur parler des risques qu'entraîne la plante pour la santé et la sécurité, mais il y a aussi une partie d'éducation: on veut permettre aux gens de l'identifier si jamais ils en retrouvent ailleurs ».

L'éducation est effectivement un enjeu important, puisque la berce du Caucase peut être parfois confondue avec d'autres plantes, notamment la berce laineuse, une espèce très similaire, mais indigène au Québec et inoffensive. (Voir les photos intégrées à cet article)

La lutte contre la berce du Caucase peut-elle finir?
« 
Il faudra toujours faire attention selon moi. Mais c'est loin d'être la seule plante envahissante. Ce qui est intéressant avec la berce du Caucase, c'est que l'expérience nous prouve que c'est possible de l'éradiquer sur un territoire donné. C'est une des rares et, peut-être, LA seule espèce exotique envahissante dont on sait qu'on peut se départir à l'heure actuelle » conclut Mathieu Provost du COBARIC.  

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