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24 juillet 2020 - 13:30 | Mis à jour : 13:40

Nom du nouvel aréna

Beauceville se conforme à la Commission de la toponymie, dit le maire Veilleux

Sylvio Morin

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

« Je suis personnellement déçu et je comprends très bien la population à l’effet que nous ne puissions donner le nom de notre nouvel aréna à notre ambassadrice sportive, Marie-Philip Poulin, mais nous devons nous conformer aux règles de la Commission de toponymie »,  a fait savoir le maire de Beauceville, François Veilleux, dans une mise au point diffusé aujourd'hui.

Hier, EnBeauce.com a rendu public pour la première fois le nom du futur édifice qui sera identifié comme Aréna EJM/René-Bernard, ce qui a provoqué des centaines de commentaires sur les réseaux sociaux.

Pour le nom du nouvel aréna, EJM se rapporte à l'École Jésus-Marie, qui a cédé une partie de ses terrains pour la construction de l'édifice.

Quant à René Bernard, il s'agit du fondateur de l'entreprise beaucevilloise du même nom, qui est spécialisée dans la transformation du bois. La famille de l'homme d'affaires, décédé depuis plusieurs années, a fait un don financier important pour permettre la construction de cet équipement sportif.

Ainsi, l'attribution du nom ne relève pas du conseil municipal mais du comité de financement du projet multisports chargé de recueillir des fonds des entreprises locales et régionales qui veulent s'associer à l'initiative.

Pas de nom de personne vivantes
Le maire Veilleux justifie la décision en se rapportant aux directives de la Commission de la toponymie du Québec mais ne les explique pas. Les voici: 

La Commission de toponymie du Québec souscrit à une résolution des Nations Unies sur la normalisation des noms géographiques qui recommande que les autorités nationales découragent l'attribution de noms de personnes vivantes à des lieux.

C'est du moins l'information qui a été confirmée à EnBeauce.com par Chantal Bouchard, porte-parole des relations avec les médias de la CTQ.

On y recommande en outre que les autorités nationales compétentes précisent, dans leurs directives, le délai d'attente souhaitable avant que l'on procède à une désignation commémorative. La période varie d'un à dix ans selon les pays.

Pour ces raisons, la Ville de Beauceville ne serait pas en mesure de désigner, de manière officielle, son nouvel aréna du nom de la hockeyeuse, Marie-Phlip Poulin, une native de l'endroit. En effet, les demandes de dénomination de lieux d'après des noms de personnes vivantes sont automatiquement rejetées par la Commission de toponymie du Québec.

« La désignation toponymique commémorative a pour rôle de rappeler le souvenir de quelqu'un après son décès; choisir le nom d'une personne vivante pour désigner un lieu amène cette désignation à jouer un rôle différent. Bien que l'on agisse souvent de bonne foi en voulant honorer quelqu'un de son vivant, aller à l'encontre de cette règle peut mener à des situations fâcheuses pour tous les partis. En effet, nul ne connaît l'avenir des personnes vivantes, ni même toujours leur passé, et il peut arriver qu'un lieu doive changer de nom parce qu'on apprend que la personne rappelée dans le nom de ce lieu a fait quelque chose de peu honorable », peut-on lire sur le site du CTQ.

Le Commission indique aussi qu'à l'inverse, le fait pour une personne d'avoir un lieu à son nom peut devenir préjudiciable à celle-ci, que ce soit à cause d'un événement malheureux se produisant en ce lieu ou parce qu'il est mal entretenu, par exemple. « Les hypothèses de situations pouvant s'avérer inconfortables ou carrément invivables sont nombreuses, et il est préférable de les éviter. »

Par contre, il est toujours possible d'honorer autrement une personne, par exemple en apposant une plaque commémorative dans le lieu en question afin de faire connaître sa participation et de la remercier de sa contribution, ou encore en mettant en place un prix ou une fondation à son nom.

C'est ce qu'entend faire la Ville de Beauceville, ce qu'à confirmé François Veilleux dans sa mise au point d'aujourd'hui.

« Je confirme toutefois qu’un espace et une visibilité majeure seront accordés à notre no 29 dans le nouvel aréna et je suis certain que la population et les admirateurs de notre athlète triple-médaillée olympique sauront apprécier. »

Pas obligatoire
Par contre, le recours à la Commission de la toponymie du Québec n'est pas obligatoire.

La désignation des voies de communication, des parcs et des édifices municipaux relève d’une compétence partagée : les municipalités choisissent les noms, et la CTQ peut les officialiser s’ils respectent ses critères de choix, qui comprennent l’exclusion des noms de personnes vivantes ou décédées depuis moins d’un an, et ses règles d’écriture.

« Un nom qui n’est pas officialisé par la Commission peut être utilisé. Par contre, il ne bénéficie pas de la protection juridique prévue par la Charte de la langue française pour un nom de lieu officiel (par exemple, emploi qui demeure obligatoire dans certaines circonstances comme la cartographie officielle et l’affichage public) et il n’est pas diffusé dans la Banque de noms de lieux du Québec, une référence quant à la graphie, à l’origine et à la signification des noms de lieux officiels », de faire savoir Chantal Bouchard, porte-parole des relations avec les médias de la CTQ, dans un courriel envoyé à EnBeauce.com

C'est le cas de l'Aréna Marcel Dutil à Saint-Gédéon-de-Beauce, qui porte le nom de l'homme d'affaires fondateur du Groupe Canam, qui, aux dernières nouvelles, était toujours bien vivant.

Après vérification à la CTQ, aucune demande d’officialisation n’a été présentée à la Commission concernant le nom Aréna Marcel Dutil, un bâtiment qui appartient officiellement à la municipalité mais dont la construction a été rendue possible grâce au soutien financier important de l'entrepreneur. 

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