Député de Beauce-Nord
Luc Provençal part avec «le sentiment du devoir accompli»

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles
« Vous savez, on est cent vingt-cinq députés qui veulent manger la même tarte (...) à l'intérieur d'une flopée de programmes. Qu'on le veuille ou non, on doit se battre pour arriver à aller chercher des sommes d'argent pour nos citoyens, nos municipalités, nos organismes (...) Moi, preuves à l'appui, j'en ai pour un petit peu plus d'un milliard [de $] sur huit ans. Je considère que c'est une bonne performance. »
C’est ainsi que Luc Provençal a dressé le bilan de ses deux mandats comme député de Beauce-Nord à l'Assemblée nationale, lors d'une conférence de presse tenue ce matin à Sainte-Marie, avec les journalistes des médias régionaux. «J'ai le sentiment du devoir accompli.»
Lui qui prendra sa retraite politique à l'issue du scrutin de l'automne, comme porte-couleur de la Coalition Avenir Québec, avoue candidement qu'être un député au pouvoir « ça aide énormément parce que quand ça tiraille un petit peu pour régler un dossier, bien les ministres ont toujours une très bonne écoute [envers les élus de leur parti]. »
Dans certains cas, il a dû forcer la note et « aller cogner à la porte du PM (premier ministre) » pour débloquer les impasses. « Ça c'est toujours bien réglé », de dire Luc Provençal.
Tableaux à l'appui, il a calculé que la circonscription avait bénéficié «de généreux investissements de notre gouvernement», soit 409 M$ dans le premier mandat (2018-2022) et 741 M$ dans le second. D'où le total de 1,15 G$ versés en éducation, tourisme, loisirs, culture et patrimoine.
Il a indiqué que ce montant ne comprenait pas les investissements routiers annuels, les aides financières ponctuelles aux municipalités, venant de certains programmes, à la discrétion du député et du ministre impliqué, les contributions de son budget local annuel à des dizaines d’organismes de Beauce-Nord, et différents soutiens discrétionnaires financiers de ministres, sans annonce publiques.
Beaucoup des projets soutenus par le député sont dans le béton: campus Sainte-Marie du Cégep Beauce-Appalaches, nouvelles écoles primaires à Scott et Sainte-Marie, construction et agrandissement du bâtiment «O Sommet» Aventuria à Saint-Jules, hôtel de ville et bibliothèque à Sainte-Marie (en construction), caserne de pompiers à Tring-Jonction et à Sainte-Marie, nouveau bâtiment municipal à Saint-Joseph-des-Érables, aménagement de l'ancienne église de Saint-Alfred en centre maraîcher régional, et plusieurs autres, comme les arénas.
Mais en priorité, il s'est dit être le plus fier de la création de plus de 600 nouvelles places subventionnées en CPE («Du jamais vu sous l’ancien gouvernement») avec de nouvelles installations à Scott, Sainte-Marie, Saint-Jules, Frampton, Sainte-Hénédine. Saint-Isidore (en construction), et Beauceville, qui suivra sous peu.
«Je suis fier parce que ça répondait à un besoin énorme pour les familles. Et de deux, ça a permis à des familles de demeurer à l'emploi. Parce que quand t'as pas de garderie, souvent, il y a un des deux membres du couple qui doit sacrifier le travail. C'est un coup de pouce énorme qui a été donné », a partagé l'élu.
Par contre, il se désole de partir, entre autres choses, alors que la piste cyclable n'est pas complétée dans Beauce-Centre (traverse de la rivière Calway) et que des retards importants ont été enregistrées dans la réhabilitation de la voie ferrée du Québec-Central.
Provençal «le rebelle»
Tout n'a pas nécessairement roulé rondement pour le doyen en âge de l'Assemblée nationale, avec les instances de son caucus.
Au nombre des dossiers dans lesquels le Beauceron a manifesté son côté «rebelle», on compte celui du troisième lien, où les tergiversations du gouvernement Legault l'ont «mis en colère », ou encore la subvention de 7 M$ aux Kings de Los Angeles pour venir jouer au Centre Vidéotron à Québec.
« Je vous dirais qu'à un moment donné, ça a chauffé beaucoup. J'étais en colère par rapport à certaines décisions qui avaient été prises. En caucus, on s'est expliqué. Ça a été très très difficile pour moi parce que j'ai été très transparent. J'avais même offert ma démission à monsieur Legault parce que je voulais pas être une nuisance pour mon parti, je voulais pas être une distraction pour mon parti. Monsieur Legault m'a laissé m'exprimer, puis m'a jamais demandé rien. Il a jamais exigé que je donne ma démission ou autre », a fait savoir le député de Beauce-Nord.
Pendant un temps, les rumeurs ont circulé sur la colline parlementaire à l'effet qu'il traverserait la chambre pour aller siéger comme député du Parti conservateur du Québec, dont il ne se cache pas pour dire qu'il entretient d'excellentes et respectueuses relations avec le chef, Éric Duhaime.
« À un moment donné, le chef de cabinet (du premier ministre) m'avait fait venir à son bureau pour me dire "Luc, il y a beaucoup de rumeurs". Je lui ai dit "Écoute Martin (Kosquinen), c'est pas vraiment compliqué. J'ai débuté ma carrière politique avec monsieur Legault. Je vais la finir avec la CAQ », a-t-il partagé.
Qui portera les couleurs de la CAQ?
Ce sont les instances nationales de la CAQ qui choisiront la personne qui représentera le parti dans Beauce-Nord en vue des élections du 5 octobre prochain, a indiqué le député sortant.
L'annonce devrait se faire d'ici la mi-juillet.
S'il ne participe pas directement au choix, il a offert d'accompagner le candidat ou la candidate dans les prochaines semaines.
Par ailleurs, il assure que peu importe qui sera élu dans le circonscription l'automne prochain, il se fera un devoir de transférer tous les dossiers en cours à son bureau « pour que la transition se fasse de façon très simple, très facile, mais surtout qu'il y ait, pas de vide pour les citoyennes et les citoyens de Beauce-Nord. »
Enfin, il a tenu à remercier toute son équipe de circonscription avec qui il a travaillé toutes ces années. « Un député tout seul peut pas rien faire », a-t-il imagé
À lire demain: le bilan chiffré de Luc Provençal
