Nouvelles règles hypothécaires : Un professionnel démystifie les mythes
Nouvelles règles hypothécaires : Un professionnel démystifie les mythes
Les nouvelles règles hypothécaires ont peut-être changé, mais les conséquences ne sont pas aussi désastreuses que certaines personnes le laissent croire. Selon le conseiller en sécurité financière et représentant en épargne collective chez Groupe Investor, Samuel Bernard, les nouveaux calculs sont plutôt une façon de protéger les acheteurs et leurs permettent d'acheter et de conserver leur maison.
Les nouvelles règles ne s'appliquent que sur les prêts assurables, soit ceux pour lesquels la mise de fonds est inférieure à 20 % de la valeur d'achat totale de la maison. Le fonctionnement est simple, plutôt que d'appliquer à la demande de prêt le taux négocié avec l'institution financière (taux variable ou fixe cinq ans), cette dernière simule une « crise » et utilise plutôt le taux de référence de la Banque du Canada qui est établi à 4,64 % (en ce moment), soit un taux qui peut varier dans le temps pour qualifier le demandeur. En fonction de cette hypothèse alarmante, l'institution financière décide ensuite du montant qu'elle accepte de prêter au demandeur.
« Avec les anciens calculs, plusieurs institutions financières étaient prêtes à passer l'argent nécessaire pour l'achat d'une maison, mais les gens n'avaient plus les fonds nécessaires pour les payer plus tard où lors de la renégociation des taux hypothécaires. Certains sont fiers d'acheter une grosse baraque, mais n'ont pas les moyens de la garder. Une personne qui a bien fait ses devoirs avant de faire une offre d'achat n'aura pas à emprunter plus que sa capacité de payer », affirme M. Bernard. Les statistiques lui donnent raison, car en 2015, il y a eu une hausse de 8 % des reprises de maison, et ce, malgré des taux hypothécaires très avantageux sur le marché.
Les gens qui voudraient obtenir un montant d'emprunt doivent passer les deux tests suivants : « Montant du paiement hypothécaire + taxes + hydro / Revenu mensuel brut = 38 % » et « Amortissement brut de la dette + autre dettes personnelles / Revenu mensuel brut = 44 % ».
C'est dans les calculs ci-dessus que le 4,64 % vient qualifier le client.
Il est possible d'avoir un prêt hypothécaire moins élevé si le pointage de crédit est inférieur à 680. Si jamais quelqu'un obtient cette cote, le montant total ne doit pas excéder 35 % du revenu brut. Il est possible de connaître sa cote avec un site Internet comme Equifax
« Le plus grand défaut des gens est de ne pas se préparer longtemps d'avance avant l'achat d'une maison. La preuve est que selon les statistiques environ un Québécois sur deux utilise l'assurance prêt hypothécaire, car il est incapable de donner au moins 20 % de la mise de fonds. De deux, certains devraient se poser la question s'ils veulent vivre dans leur maison ou survivre. Les gens doivent se faire un budget et regarder s'ils peuvent arriver selon leur rythme de vie. Un acheteur devrait prendre le temps de s'asseoir avec un conseiller et regarder ses finances pour être sûr de pouvoir acheter et conserver sa maison », conclut-il.
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