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Course d'orientation au Maroc

Trophée Rose des sables: une «expérience de vie» pour Patricia Veilleux et Caroline Quirion-Boulet

durée 18h00
9 novembre 2022
Léa Arnaud
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par Léa Arnaud, Journaliste de l’Initiative de journalisme local

Patricia Veilleux, de Saint-Georges, et Caroline Quirion-Boulet, de Saint-René, se sont lancées comme défi personnel de participer au Trophée Rose des Sables, un rallye raid féminin qui a lieu chaque année au Maroc.

« Ce n’est pas juste une course, c’est vraiment une expérience de vie complète », ont témoigné les deux femmes en rencontre avec EnBeauce.com.

Respectivement mère de trois et de quatre enfants, Patricia et Caroline voulaient briser la routine. « On a chacune notre famille et on avait besoin d'un défi personnel. On voulait penser à nous et vivre nos propres choses », s’accordent-elles. « Moi j'ai toujours voulu faire ça, mais il faut trouver la personne avec qui le faire, car tu ne peux pas le faire avec n'importe qui », a précisé Caroline. 

C’est sous le soleil de Cuba que les deux amies ont eu l’idée de participer à cette course. C’était en janvier 2019. Quelques jours plus tard, Patricia avait inscrit « Les folles du désert » pour un départ prévu en octobre. Cependant, la pandémie est venue se mêler au projet, le reportant de trois ans. Patricia et Caroline sont finalement parties au Maroc du 11 au 23 octobre dernier.

Notons que le Trophée Roses des sables est une course d’orientation dans le désert du Maroc qui soutient le cancer du sein et l’association des Enfants du désert, en faisant des dons de fournitures, de nourritures ou d’argent.

Une importante organisation en amont
Pour réaliser cette course, les équipages, 100% féminins, doivent réunir 25 000 $. Les deux femmes ont donc dû faire des démarches pour obtenir des commanditaires et ont notamment obtenu le soutien de Avibeau, avec Frédéric Destrijker, et des Mordus, avec Gisane Roy. Elles ont aussi organisé des événements pour récolter des fonds.

L’organisation principale de l’événement est en France, mais une branche établie au Québec permet aux gens de la province de prendre part à l’aventure. Cependant, tout est un peu plus compliqué quand on se trouve de l’autre côté de l’océan. De ce fait, Patricia et Caroline ont dû louer un 4x4 directement au Maroc pour pouvoir participer à la course. 

« C’est à nous de réserver nos billets d’avion, de trouver le financement, de louer notre 4x4, de nous rendre au premier point de contact là-bas, et après ils nous prennent en charge pendant les six jours de compétition. Il y a une partie en autonomie et une partie organisée, disons. »

Des séances d’informations organisées ici et là, leur ont tout de même permis de poser leurs questions, de rencontrer d'autres équipages et d’apprendre quelques astuces, comme la lecture d’une carte et l’utilisation d’une boussole par exemple. Bien que leur formation dans les Cadets leur ait aussi bien servi sur le terrain. 

Dans le feu de l’action
La course se tenait en six grosses étapes très différentes, une par jour. Cela pouvait être dans les dunes de sable, dans les roches, de nuit, etc. Pour relever le défi, chacune avait son rôle. Caroline a été la pilote pour toute la semaine, tandis que Patricia était copilote, avec «road book» et boussole en mains. 

Dans chaque véhicule, il y a une boîte qui se met à sonner lorsque les participants approchent du point de rendez-vous. « Alors quand on est censé être proche et que ça ne sonne pas, on regarde », a expliqué Patricia. Et parfois, elles se perdaient. « Une fois on s'est dit qu'on allait faire ça en gang plutôt que d'aller se perdre tout seul. Bon du coup on était six équipages à se perdre sur un top de colline! On était 12 et les Françaises ont sorti le vin. C'était très drôle », s’amusaient-elles. 

De toute façon, chaque équipage disposait de deux boutons, un rouge et un jaune. Le rouge permettait d’alerter l’organisation du trophée que le binôme avait un souci mécanique ou qu’il était en détresse. Tandis que le jaune signifiait que l’équipage s’était perdu et l’organisation venait les chercher. « On est toujours géolocalisé donc ils savent tout le temps exactement où on est sur le parcours. »

Notons également que les véhicules ne peuvent plus circuler après 19 h en raison de la noirceur. « C’est dangereux. Donc peu importe où tu es, à 19 h tu arrêtes et tu fais ton campement. »

Patricia et Caroline ont trouvé l’aventure parfois difficile, mais elles n’ont rien lâché. « On aurait pu s'arrêter de nombreuses fois, la veille on regardait le road book et on se disait “ ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai”, mais à un moment donné, tu fonces! C’est aussi beaucoup d’entraide. Quand on est pris dans le sable, tout le monde arrête, on pellette et on repart ». 

Une aventure inoubliable
Cette expérience a marqué à jamais Patricia et Caroline. « C'est vraiment du dépassement de soi. On part à 100 sur la ligne de départ, mais après 15 minutes (à rouler) on est seul au monde. On peut voir des véhicules à droite, à gauche, devant ou derrière, mais on ne sait pas qui a raison, qui prend la bonne direction parce qu'on a toutes les mêmes instructions », se souvient Patricia.

Elles se rappellent aussi de belles rencontres qu’elles ont faites à travers cette aventure. « On s’est fait des amies, on a réalisé des défis ensemble. On se soutenait », a témoigné Patricia. « C’est le fun parce que, oui on apprend à connaître des gens, mais on apprend aussi à se connaître nous-même. À la base c’est une course, mais ce n’est pas tant physiquement que c'est difficile, même s'il y a des petits moments de pelletage, c’est surtout mentalement! Il faut apprendre à travailler avec l’autre. C’est beaucoup d'adrénaline et de persévérance », a ajouté Caroline. 

Une semaine seulement après être revenue, l’esprit d’entraide leur manquait déjà, leurs amies aussi. « Les filles avec qui on déjeunait le matin, on les rencontrait de nouveau le soir et on jasait de notre journée. »

« On est deux filles qui carburent à projet, donc on verra pour la suite. En ayant vécu ça, on ne peut pas dire qu'on arrête là », ont-elles conclu.

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