Proche d’une victime : quoi faire?
Quand on parle de violence conjugale, on pense d’abord, et avec raison, aux femmes et aux enfants qui la subissent. Mais il existe un angle qu’on aborde trop rarement : celui des proches.
Parce que derrière chaque femme qui vit de la violence, il y a souvent une mère, une sœur, une amie, une collègue… Des personnes qui regardent la situation de l’extérieur, avec inquiétude, avec amour, et souvent, avec un profond sentiment d’impuissance.
Être proche, c’est aussi porter quelque chose de lourd
Voir une femme qu’on aime vivre une relation violente, c’est bouleversant.
On remarque les changements : l’isolement, l’anxiété, la perte de confiance, les excuses répétées pour le conjoint. On s’inquiète pour elle. Pour sa sécurité. Pour celle de ses enfants. Et en même temps, d’autres émotions peuvent apparaître.
La colère :
« Pourquoi elle reste? »
« Pourquoi elle retourne avec lui? »
La frustration. L’épuisement. Parfois même un sentiment d’échec.
Certains proches finissent par se distancer, non pas par manque d’amour, mais parce qu’ils ne savent plus quoi faire.
Comprendre pour mieux accompagner
La violence conjugale repose sur le contrôle, la peur et la manipulation. Quitter une relation violente n’est pas simple. Ce n’est pas une question de volonté. Et ce n’est pas parce qu’elle aime « trop ».
Avec le temps, à force d’être rabaissée, contrôlée et blâmée, une femme peut en venir à douter d’elle-même. Elle peut croire qu’elle est responsable de la situation ou qu’elle ne vaut rien sans son partenaire.
À cela s’ajoutent plusieurs réalités bien concrètes :
- la peur des représailles
- la crainte que la violence augmente au moment de la séparation
- la dépendance financière
- les enfants, la garde, la maison
-la honte et la culpabilité
Quitter est souvent un processus long et complexe.
Quand on est un proche, on veut aider. Mais comment?
1. Rester présent
Même si on ne comprend pas toutes ses décisions.
Même si on aimerait que ça aille plus vite. Respecter son rythme est essentiel. Évitez les ultimatums comme : « Si tu retournes avec lui, je ne veux plus te voir. »
L’isolement est déjà un outil utilisé par l’agresseur. On ne veut pas, sans le vouloir, y contribuer.
2. Écouter, vraiment
Si elle se confie, prenez le temps de l’écouter. Sans juger. Sans minimiser. Sans imposer de solutions. Les mots qu’on choisit peuvent faire une grande différence.
Au lieu de dire :
« Tu devrais le quitter »
On peut dire :
- « Je m’inquiète pour toi. »
- « Tu mérites d’être en sécurité. »
- « Je suis là si tu as besoin. »
C’est simple, mais puissant.
3. Informer et accompagner
Vous pouvez aussi, doucement, lui parler des ressources disponibles, comme Havre l’Éclaircie. Si elle le souhaite, proposez-lui de l’accompagner dans ses démarches. Parfois, ne pas être seule fait toute la différence.
On en parle peu, mais les proches ont eux aussi besoin de soutien.
Vivre avec l’inquiétude constante, le stress, la peur qu’il arrive quelque chose… ça laisse des traces.
Demander de l’aide, poser des questions, chercher à comprendre : c’est légitime.
Sachez qu’il est possible d’en parler. Des intervenantes peuvent vous aider à réfléchir à la meilleure façon d’aborder la situation, à soutenir sans brusquer, et à rester présent de façon sécuritaire.
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Si tu te poses des questions sur ta relation et/ou sur les conséquences sur ton enfant suite à la lecture de ce texte, n’hésite pas à nous contacter. Nous sommes là pour t’aider à y voir plus clair.
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