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Chronique Pier Dutil, par

13 juillet 2020 - 18:00

Le déficit et l'éthique de Justin Trudeau

LE DÉFICIT ET L’ÉTHIQUE DE JUSTIN TRUDEAU

La dernière semaine n’a pas été facile pour le Gouvernement libéral de Justin Trudeau. Après avoir annoncé que le déficit de l’année atteindrait au moins 343 milliards de dollars, un montant jamais vu dans l’histoire du Canada, voilà que, pour une troisième fois, notre premier ministre fera l’objet d’une enquête pour manquement à l’éthique.

UN DÉFICIT ASTRONOMIQUE

Dans le cadre d’une mise à jour économique présentée mercredi dernier par le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, les contribuables canadiens ont pris connaissance de l’ampleur du déficit qui les attend pour l’année 2020-2021, soit 343 G $. Et ce montant pourrait être revu à la hausse si la crise économique résultant de la pandémie actuelle perdure.

Lors de sa mise à jour économique de décembre dernier, le déficit prévu était de 28 G $, soit 12 fois moins que les nouvelles prévisions.

On comprend que ce déficit astronomique est dû aux multiples mesures mises de l’avant par le Gouvernement Trudeau pour venir en aide aux entreprises et aux contribuables affectés par l’actuelle crise économique. À chaque apparition quotidienne du premier Ministre Trudeau, les milliards de dollars pleuvaient. On semblait avoir perdu le contrôle de la carte de crédit du Gouvernement.

Plusieurs de ces mesures étaient absolument nécessaires pour permettre aux contribuables et aux entreprises de survivre. Cependant, ce qui a surpris tout le monde, c’est l’ampleur de ces mesures. On semblait trouver de l’argent dans un puits sans fond. Le plan d’aide du Gouvernement canadien est le plus coûteux de tous les plans mis de l’avant par les Gouvernements du G7.

Une dette énorme

Ce nouveau déficit fera passer la dette canadienne de 718,6 G $ à 1 060 G $, soit une augmentation de 47,4 % en moins d’un an. Même si la situation financière du Canada est considérée comme bonne, un jour ou l’autre, il faudra bien rembourser cette dette. Ces chiffres sont tellement énormes que l’on a peine à nous imaginer ce qu’ils représentent. Pour nous donner une meilleure idée, la dette représente un montant de 27 917 $ par tête de pipe, soit pour chaque citoyen canadien, du nouveau-né au centenaire.

Pour financer cette dette, le Gouvernement procède par l’émission de bons du trésor et d’obligations qui sont achetés par la Banque du Canada. C’est comme si on imprimait de l’argent.

Ce que je déplore dans la mise à jour économique du Ministre Morneau, c’est que l’on ne retrouve aucun plan pour expliquer comment on s’y prendra pour rembourser cette dette et comment on reviendra à l’équilibre budgétaire au cours des prochaines années. C’est très inquiétant. Pour rembourser une dette, il faut augmenter ses revenus ou réduire ses dépenses. Pas besoin d’un doctorat en économie pour comprendre ça.

Les plus âgés, comme moi, se souviendront de Réal Caouette, le chef du Ralliement des Créditistes, qui prônait d’imprimer de l’argent pour solutionner les problèmes économiques du Canada dans les années 60. On le traitait de tous les noms à cette époque. Il doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe.

Encore des problèmes d’étHique

Le premier Ministre Justin Trudeau est à nouveau dans l’eau chaude sur le plan éthique. Son Gouvernement avait choisi, sans appel d’offres, l’organisme caritatif WE Charity, (Mouvement Unis en français) pour gérer un programme de bourses de quelque 900 millions de dollars destinées à des étudiants.

Or, la famille Trudeau est à ce point proche de cet organisme que l’épouse de Justin Trudeau, Sophie Grégoire, sa mère Margaret et son frère Alexandre ont touché des rémunérations importantes de l’organisme en question. Maman Trudeau a reçu 250 000 $ pour 28 apparitions, soit 8 929 $ par apparition, frérot Alexandre a touché 32 000 $ pour huit allocutions, soit 4 000 $ chacune et cette chère Sophie, qui se dit «Ambassadrice» de l’organisme, s’est vue remettre 1 400 $ pour un évènement non précisé.

On a aussi appris que l’une des deux filles du ministre des Finances, Bill Morneau, Grace Acan est présentement contractuelle pour WE Charity.

Malgré ces accointances, et le premier Ministre Trudeau et le Ministre Morneau ne se sont récusés comme cela aurait dû être fait lorsque le cabinet libéral a pris la décision d’attribuer le contrat à WE Charity.

Et, comme si cela n’était pas suffisant, il a été révélé que WE Charity avait fait des dons en argent au Parti libéral du Canada. Je trouve particulièrement étrange qu’un organisme caritatif utilise une partie de ses fonds pour financer un parti politique. Je ne suis pas certain que les donateurs de fonds à cet organisme ont été heureux d’apprendre qu’une partie de leurs dons servait à financer le Parti libéral ou tout autre parti politique.

Suite à la dénonciation de cette situation, WE Charity a décidé de se retirer de ce programme gouvernemental et le Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mario Dion, a ouvert une enquête.

Si jamais on jugeait que Justin Trudeau avait manqué à l’éthique, ce serait la troisième fois qu’un blâme lui serait ainsi adressé, du jamais vu dans l’histoire politique canadienne. Les deux blâmes précédents concernaient un séjour de la famille Trudeau sur l’île privée de l’Aga Khan aux Bahamas en 2016 et la gestion de l’affaire SNC Lavalin en 2019.

Pas très édifiant pour un premier Ministre.
 

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PENSÉE DE LA SEMAINE

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