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Chronique Pier Dutil, par

14 septembre 2020 - 18:00

Durs de comprenure (2)

DURS DE COMPRENURE (2)

Cette semaine, il y a maintenant six mois que nos activités sont perturbées par la COVID-19, ce virus invisible qui circule parmi nous et qui nous menace tous.

Même si 69 986 Québécoises et Québécois ont souffert ou souffrent encore de cette maladie et que 5 780 d’entre eux sont décédés, il se trouve encore des gens pour nier la réalité, crier au complot et refuser de respecter les consignes susceptibles de nous protéger. Pourtant, les raisons mises de l’avant par ces négationnistes sont toutes contredites par des preuves évidentes.

Une vilaine grippe

Pour plusieurs, la COVID-19 est tout simplement une vilaine grippe qui finira par se résorber. Aux États-Unis, Donald Trump avait même prétendu que tout cela disparaîtrait avec l’arrivée du temps doux au printemps. On compte aujourd’hui plus de 193 000 Américains décédés de la COVID-19 et ce n’est pas fini.

Six mois plus tard, le virus continue de faire des ravages partout dans le monde et il menace même de nous gratifier d’une deuxième vague.

Une maladie de vieux 

S’il est vrai que la première vague a davantage frappé les personnes âgées résidant dans les CHSLD, l’augmentation de nouveaux cas depuis quelques semaines frappe davantage les moins de 30 ans.

Des données provenant de l’Institut national de santé publique du Québec et publiées dans La Presse+ la semaine dernière démontraient clairement que ce sont les moins de 30 ans qui sont le plus frappés présentement. Si, du 27 février au 27 juin, les moins de 30 ans ne représentaient que 20,4 % des victimes du coronavirus, depuis le 27 août, ils totalisent 41,5 % des cas.

Heureusement, ils décèdent en moins grand nombre, mais ils sont frappés et plusieurs devront vivre avec des séquelles au niveau respiratoire.

Il n’y en a pas en Beauce  

Au cours de la première vague, les trois MRC de la Beauce, Beauce Sartigan, Robert-Cliche et Nouvelle Beauce, ont été passablement épargnées. On y comptait un peu plus de 100 cas et aucun décès. 

Mais depuis une dizaine de jours, les cas se multiplient. En date de samedi, on dénombrait plus de 170 cas et un premier décès. Dix-huit de ces cas se retrouvaient dans des institutions scolaires et frappaient donc une clientèle jeune.

Si la recrudescence de nouveaux cas continue au même rythme, la Beauce risque de ressembler à d’autres régions sévèrement frappées. Permettez-moi de citer l’exemple du Bas-St-Laurent, une région qui avait presque totalement été épargnée et où l’on vient de fermer les Cégeps de La Pocatière, de Rivière-du-Loup et de Rimouski. 

Il n’y a pas plus de morts que d’habitude 

Un autre argument utilisé par les négationnistes veut que, finalement, au cours de la première vague, il n’y a pas eu plus de morts au Québec qu’au cours des années passées. Or, là encore, les données officielles viennent contrer cet argument. 

En effet, au cours des quatre semaines qui ont suivi la dernière semaine complète de mars, au Québec, on recensait 3 000 décès de plus que lors de la même période en 2019. Et cela s’est poursuivi en mai et en juin.

Facile à comprendre 

La recrudescence actuelle est pourtant facile à comprendre. On a mis fin au confinement, les gens ont recommencé à sortir de leurs chaumières, la période des vacances a incité les gens à circuler un peu partout à travers le Québec, la rentrée scolaire a permis aux jeunes de se côtoyer et de se déplacer. 

Celles et ceux qui n’ont pas voyagé ont tout de même renoué avec certaines habitudes en fréquentant les restaurants et les bars. Plusieurs familles ou groupes d’amis ont aussi organisé des «partys». On avait hâte de se revoir, de partager du bon temps entre gens qui s’aiment.

On a même relancé le karaoké dans les bars. Les bars de danseuses nues ont également repris leurs activités, comme si cela était un service essentiel. Mais j’ai de la difficulté à m’imaginer comment on respectait la distanciation de deux mètres dans les cabines à contact.

Nous détenons la solution  

Personnellement, je n’ai rien contre toutes ces activités, mais à condition que le tout se passe dans le respect des consignes : porter un couvre-visage pour circuler dans les endroits fermés et respecter la distanciation de deux mètres. Ce n’est pourtant pas compliqué. 

Il est rare que le public en général ait le pouvoir d’endiguer une maladie. Pourtant, c’est le cas présentement. Si chacun porte son masque comme indiqué, respecte la distanciation de deux mètres et évite les rencontres de groupes de plus de 10 personnes, le coronavirus ne pourra plus se transmettre d’une personne à une autre. Il disparaîtra de lui-même.

Malgré cette évidence, il y a encore des gens qui préfèrent jouer à l’autruche en se mettant la tête dans le sable et en prétendant que tout va très bien madame la marquise.

Tant et aussi longtemps que ces gens refuseront de faire partie de la solution, la pandémie ne prendra pas fin et une deuxième vague pourrait nous frapper. Si ça se produit, il faudra avoir le courage de blâmer les vrais coupables et de cesser de chialer après les gouvernements.
 

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PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine à celles et ceux qui continuent à croire que la pandémie n’existe pas :

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