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Chronique Pier Dutil, par

21 septembre 2020 - 18:00

Plus ça change, plus c'est pareil

PLUS ÇA CHANGE, PLUS C’EST PAREIL

Même si la pandémie continue de retenir notre attention et accapare les manchettes des actualités, il ne faudrait pas oublier que la planète continue de tourner et que d’autres situations devraient nous préoccuper.

Au Canada et au Québec, la démocratie a été mise sur pause temporairement. Les parlements reprennent graduellement leurs activités, même si on siégera à effectifs réduits pour respecter la consigne de distanciation.

Au fédéral

Mercredi, nous assisterons au lancement d’une nouvelle session parlementaire marquée par la présentation d’un Discours du Trône indiquant les priorités du Gouvernement minoritaire de Justin Trudeau.

Pour mettre fin au scandale concernant l’affaire WE, cet organisme caritatif choisi sans appel d’offres par le parti libéral pour gérer un important programme de subventions, Justin Trudeau avait choisi de proroger l’activité de la Chambre des Communes.

Ce programme a finalement été abandonné, le premier Ministre fait face à une nouvelle plainte concernant l’éthique et le ministre des Finances, Bill Morneau, a remis sa démission, prétextant vouloir relever de nouveaux défis. Il s’imagine qu’on l’a cru.

Au fédéral, durant la suspension des activités de la Chambre des Communes, des centaines de milliards de dollars ont été dépensés sans nécessairement faire l’objet de débats par l’ensemble des élus.

Tout le monde comprend qu’en temps de crise, il faut parfois modifier nos façons de faire pour prendre des décisions plus rapidement. Mais cela ne peut durer éternellement.

L’activité parlementaire reprendra donc son cours et nous assisterons sans doute au retour des éternels débats partisans. En choisissant de présenter un Discours du Trône, lequel devra obtenir l’approbation de la Chambre des Communes, Justin Trudeau, qui dirige un Gouvernement minoritaire, pourrait être renversé, ce qui obligerait la tenue d’une élection générale en temps de pandémie. 

Mais, ne paniquez pas, car des élections, il n’y en aura pas cet automne au fédéral. Des sondages récents indiquent clairement qui si des élections avaient lieu, on se retrouverait fort probablement encore une fois avec un Gouvernement minoritaire.

Les intentions de vote des Libéraux à 34,4 % et des Conservateurs à 31,6 %, demeurent à l’intérieur de la marge d’erreur de quelque 3 %. Le NPD vivote à 18 %, alors que le Bloc québécois, peut toujours compter sur un soutient de 31 % des Québécois. Le Parti vert doit se contenter de moins de 7 % et le Parti populaire du Canada, dirigé par Maxime Bernier, est sur le respirateur artificiel à moins de 2 % d’appuis.

L’écart entre les Libéraux et les Conservateurs s’est grandement rétréci au cours des derniers mois. Je ne sais trop si cela résulte de l’arrivée d’un nouveau chef conservateur, Erin O’Toole, de la gestion de la crise par Justin Trudeau ou du scandale WE, mais toujours est-il qu’une élection subite ne changerait pratiquement rien.

J’ose me permettre une prédiction, à savoir que c’est le NPD qui va sauver le Gouvernement minoritaire libéral en votant en faveur du Discours du Trône et le Gouvernement Trudeau verra ses activités prolongées au moins jusqu’au printemps prochain.

Au provincial 

À l‘Assemble nationale du Québec, le Gouvernement caquiste de François Legault domine les intentions de vote des Québécois, doublant même le score du Parti libéral de Dominique Anglade.

La CAQ est largement en avance dans l’ensemble du Québec, sauf à Montréal. Le seul parti susceptible de lui ravir le pouvoir, le PLQ, obtient moins de 20 % des intentions de vote dans toutes les régions du Québec, sauf à Montréal où les comtés de l’Ouest de l’île élisent des libéraux depuis des décennies.

Quant au Parti Québécois et à Québec solidaire, ils ne récoltent que des miettes, soit moins de 15 %. Québec solidaire risque même de perdre ses comtés à l’extérieur de Montréal, alors que le PQ pourrait à peine survivre avec moins de députés qu’à ses débuts en 1970.

Mais, à Québec, le risque d’élections n’existe pas puisque François Legault dirige un gouvernement largement majoritaire. Les prochaines élections sont prévues pour octobre 2022. 

Une importante partie de la force actuelle de la CAQ est reliée à la faiblesse des partis d’opposition. La course à la chefferie libérale n’a pas attiré de nombreux candidats. Plusieurs prétendants ont préféré demeurer sur la touche, estimant que la période n’était pas propice à un retour en force de l’appui populaire pour le PLQ. Dominique Anglade, une ancienne caquiste, a finalement été couronnée suite au retrait de son seul adversaire, Alexandre Cusson, un illustre inconnu à l’extérieur du monde municipal.

Au PQ, la course à la chefferie connaîtra son issue le 9 octobre prochain. À part Sylvain Gaudreault, député de longue date et ministre dans le bref Gouvernement de Pauline Marois et Guy Nantel, humoriste fraîchement converti à la politique, les deux autres candidats sont relativement peu connus.

Enfin, du côté de Québec solidaire, la structure à deux porte-paroles continue de créer parfois des situations étranges et il commence même à y avoir de la grogne au sein de certaines instances du parti. Si la tendance actuelle se maintient, Québec solidaire pourrait devenir Québec solitaire.
 

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PENSÉE DE LA SEMAINE

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