Une drôle de campagne, mais pas une campagne drôle
Au jours 26 de la campagne électorale au Québec, tout nous indique que les jeux ne sont pas encore faits. On peut déceler certaines tendances, mais le troisième débat à venir mercredi et les 13 jours qui restent avant le vote pourraient nous réserver des surprises.
Malgré un vaste choix entre les cinq principaux partis qui feront probablement élire au moins un Député à l’Assemblée nationale, plusieurs électeurs demeurent indécis.
Une longue campagne
Christine Fréchette a décidé de choisir la plus longue durée permise pour une campagne électorale au Québec, soit 39 jours, la plus courte étant de 33 jours.
Depuis, chaque jour, les chefs des cinq principaux partis, Équipe Christine Fréchette (CAQ), Parti Québécois (PQ), Parti Libéral du Québec (PLQ), Québec Solidaire (QS) et Parti Conservateur du Québec (PCQ) multiplient les points de presse remplis de promesses, certains même à compter de 7 h 00 du matin. Et les médias se font un devoir de nous rapporter le tout.
Même si j’adore la politique et que j’aime suivre le déroulement d’une campagne électorale, je dois vous avouer qu’après 26 jours, je commence à ressentir une certaine fatigue. Il y a des limites au maintien d’un certain intérêt. Avec un tel lot de déclarations et de promesses de tous genres, rares sont les électeurs qui sont en mesure de se souvenir de chacune des promesses de chacun des partis.
Il y a même des sujets sur lesquels tous les partis sentent le besoin de prendre position, mais à des niveaux différents. Permettez-moi de vous citer deux exemples.
À part QS, tous les partis promettent de réduire la taille de l’appareil gouvernemental. Le PCQ promet d’effectuer les plus importantes coupes, soit 20 000 fonctionnaires en moins, alors qu’on avance les chiffres de 12 000 au PLQ, de 2 900 à la CAQ et de 2,5 % au PQ. Cela représenterait des économies variant de 47 milliards de dollars (47 G$) à 507 millions (507 M$). Et tout cela sans une diminution des services. Comme si tous ces employés de l’État ne faisaient rien.
Au cours des dernières décennies, les partis qui ont été au pouvoir à Québec, PLQ, PQ et CAQ, avaient tous promis de réduire la taille de l’État. Pourtant, à la fin de leurs mandats, le nombre d’employés avait toujours augmenté.
Mon deuxième exemple concerne le nombre d’immigrants que le Québec devrait accueillir annuellement. Alors que le PCQ n’avance aucun chiffre, disant déléguer cette responsabilité au niveau des municipalités et des MRC, la CAQ fixe la limite à 45 000, le PQ à 35 000, QS à 70 000 et le PLQ de 45 000 à 70 000, une marge importante.
Ce qui me fait sourire lorsque je tente d’analyser toutes ces promesses, c’est que les chefs abusent du mot «priorité». À les entendre, tous les sujets sont devenus des priorités. Ça n’a aucun bon sens. Finalement, on devra peut-être créer une nouvelle catégorie de priorités, à savoir les «priorités prioritaires,»
Et il reste encore 13 jours à venir au cours desquels les partis ne cesseront de nous bombarder de nouvelles promesses.
Beaucoup d’appelés.es, peu d’élus.es
Un total de 20 partis politiques reconnus présentent des candidats.es dans cette élection. Nous connaissons tous les cinq principaux partis déjà mentionnés, mais il y a aussi des partis sérieux comme Climat Québec, Démocratie directe et un parti qui fait sourire : le Parti Nul.
Quant au nombre de candidats.es, il est de 908. On y retrouve
43 % de femmes et l’âge moyen de tous ces candidats.es est de 47 ans.
Si l’on considère que seulement 127 de ces candidats.es seront élus.es le 5 octobre prochain, cela indique que, sur 908 appelés.es, il n’y aura que 14 % d’élus.es.
La situation en Beauce
Lors de l’élection de 2022, les comtés de Beauce-Sud et de Beauce-Nord avaient élu deux Députés de la CAQ avec des majorités fortement réduites : 428 pour Samuel Poulin et 202 pour Luc Provençal. Dans les deux cas, ce sont les candidats du PCQ qui avaient terminé au deuxième rang.
Cette année, une forte vague conservatrice semble vouloir balayer l’ensemble des comtés de Chaudière-Appalaches. L’agrégateur de sondages Québec 125, prédit des victoires décisives du PCQ dans les deux circonscriptions beauceronnes.
Par contre, des sources bien informées, qui demandent de rester anonymes, me confiaient dernièrement que plusieurs partisans libéraux de Beauce-Sud, estimant que leurs chances de l’emporter sont inexistantes, songeaient à voter pour Samuel Poulin afin de nuire à l’élection d’un Conservateur. C’est ce qu’on appelle un vote stratégique.
L’appui récent à Samuel Poulin de l’homme d’affaires Marcel Dutil irait dans cette direction. Est-ce trop peu trop tard? Ça reste à voir.
Participation
La présence de cinq principaux partis donnera lieu à des luttes à trois dans plusieurs circonscriptions. Et, de ces luttes surgissent parfois des surprises.
À titre d’exemples, le site Québec 125 fait état de luttes très serrées dans Mégantic où la CAQ le PCQ et le PQ sont à égalité avec 24 % des intentions de vote. Il en est de même dans Richmond où ces trois mêmes partis sont à 23 % des intentions de vote. Dans ce type de luttes, c’est généralement l’efficacité de l’organisation qui est en mesure de faire sortir son vote qui l’emporte.
À l’élection de 2022, le taux de participation au Québec a été de 66,15 %, ce qui signifie qu’un tiers des électeurs ne se sont pas prévalus de leur droit de vote.
En Beauce, les taux de participation ont été plus élevés : 75,9 % dans Beauce-Sud et 77 % dans Beauce-Nord.
Avec des partis qui offrent une grande variété de choix, allant de la gauche radicale de QS à la droite radicale du PCQ, il devrait être relativement facile pour un électeur de faire un choix selon ses attentes.
La situation actuelle laisse prévoir un Gouvernement minoritaire péquiste. La CAQ, qui semblait destinée à sa disparition sous François Legault a connu un certain regain avec l’arrivée de Christine Fréchette, laissant poindre l’élection de plusieurs Députés.es. Est-ce que cela sera suffisant pour former l’opposition officielle? On peut en douter étant donné que le PLQ est assuré de l’élection d’un peu plus d’une vingtaine de Députés.es dans les comtés anglophones de l’Ouest de Montréal et de l’Outaouais.
Chose certaine, il y aura de la couleur à l’Assemblée nationale lors de la formation du prochain Gouvernement.
Courage
Il ne reste que 852 jours au mandat de Donald Trump et 42 jours avant les élections de mi-mandat.
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