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Le camp Jociste, ancêtre du Parc des Sept-Chutes

durée 04h00
19 décembre 2021
duréeTemps de lecture 3 minutes
Par
Pierre Morin

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

Tous, jeunes et vieux, connaissent cet endroit pittoresque en pleine ville, à Saint-Georges. La plupart l’ont fréquenté dans leur enfance. Comme Rome, ce parc ne s’est pas fait en un jour. Son développement s’est échelonné sur plusieurs décennies. À ses débuts, on l’appelait le «camp Jociste». Expression référant à l’organisme qui fut à l’origine du développement de ce site exceptionnel, à la fin des années ‘30: ce fut le mouvement de la Jeunesse Ouvrière Catholique, qui s’implanta chez nous en 1935-36. Sous l’habile direction de l’abbé Alfred Leblond, aumônier, les membres de la JOC furent incités à trouver un site pour aménager un camp de loisirs. Certains savaient que les Frères de la Charité du collège allaient se baigner discrètement pendant les mois d’été dans un petit bassin de la rivière Pozer, site enchanteur, sur deux anciens lots ayant appartenu à Odilon Roy; son père David Roy avait acheté ces terres des Pozer vers 1910. On décide que c’est l’endroit où sera situé le camp jociste. Les débuts remontent à 1938. Compréhensifs, les Frères ont cédé la place et sont allés se rafraichir un peu plus haut, au pied des 7 chutes, à un endroit connu sous le nom de «trou des Frères». On s’y installe et commence  lentement l’aménagement. Il a fallu d’abord défricher et débroussailler tout en conservant les beaux arbres matures. La première cabane provenait du bois de l’arche de procession religieuse, érigée près de la maison de Wenceslas Talbot sur la 1re avenue Ouest. Laurent Talbot a transporté les bouts de bois à même le camion de la beurrerie paternelle. Au début on s’y baignait dans la rivière (photo 2 et 3). Le site, prend forme graduellement. Il a conservé son caractère privé pendant quelques années, mais le Curé Beaudoin a réalisé qu’il fallait passer à une autre étape. Les terrains, d’une superficie de 63 hectares, furent achetés en 1942, et le 12 juin 1943, l’Oeuvre des Terrains de Jeux de Saint-Georges est né. C’était une organisation sans but lucratif, alimentée par des souscriptions populaires et par le travail des bénévoles. De nombreux collaborateurs y vont de leur temps et de leur argent (dont Ludger Dionne, Adalbert Gagné et Arthur Grenier) pour assurer le développement du premier véritable terrain d’amusement pour les jeunes dans notre ville. Des améliorations constantes y sont apportées: déboisement, constructions, agrandissements, routes, transports et jeux, dont de grandes glissades (photos 4 et 5). On aménagea un petit pont qu’il fallait reconstruire régulièrement car il fut souvent emporté et détruit par le crue printanière (photo 6, vers 1968). On y a construit le premier «grand chalet» vers 1944 (photo 1) et  les piscines vers 1945 (photo 7, 8, 9) une pour les filles et l’autre pour les garçons. Par la suite, ces piscines furent entourées d’un mur constitué de cabines d’habillage, servant aussi à empêcher que les gars voient les jeunes filles en tenue de bain, car à l’époque les sexes étaient séparés (photo 10). Ces piscines étaient alimentées en eau directement de la rivière. Le système était très simple: l’eau circulait par gravité, elle entrait par un bout et en sortait à l’autre bout, sans aucun traitement. Celle-ci était légèrement brunâtre, on y voyait des petits poissons, mais c’était tout-à-fait adéquat. Elle était assez claire pour qu’on puisse aller chercher des pièces de monnaie dans le fond. En 1966, l’OTJ a cédé le parc à la ville afin d’assurer la pérennité des lieux. Cependant, les services d’hygiène ordonnèrent néanmoins la fermeture de ces piscines vers 1968-69. Ce fut un dur coup, mais on s’en est remis. Ce fut en réalité l’occasion d’un nouvel essor, comme nous le verrons à la prochaine publication.

La plupart des photos sont du fonds des Frères de la Charité, sauf la 1re du fonds Jean-Frédéric Chrétien, la 6e du fonds Marthe Bégin et la 10e de P. Veilleux. Texte et recherches de Pierre Morin.


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