Clément Gignac parle de sa stratégie de création de richesse
Clément Gignac lors de son allocution de ce midi.
Le ministre du Développement économique de et de l’Innovation, Clément Gignac, a choisi la Beauce pour sa première sortie devant une Chambre de commerce. Il a lancé la saison de la série de dîners-conférences Midi-rencontre Desjardins tenu de la Chambre de commerce de Saint-Georges.
Il a abordé pour cette première conférence sous le thème « La création de richesse passe, entre autres, par le dynamisme de nos entrepreneurs ».
En politique depuis seulement près de trois mois, l’ancien économiste s’est d’abord dit privilégié d’être ministre du Développement économique et de l’Innovation suite l’invitation du premier ministre, Jean Charest. « Nous avons plusieurs défis devant nous, je sais dans quelle direction aller, celle de la création de la richesse. C’est l’importance de l’entrepreneurship, mais aussi l’importance de l’économie du savoir », a lancé le ministre.
« La vision des Beaucerons est aussi la vision du Ministère du Développement économique du Québec », a lancé M. Gignac en début de sa conférence. Il croit fermement que le secteur privé crée la richesse, et non le gouvernement. Le rôle de celui-ci est de mettre en place des conditions favorables, mais aussi des conditions équitables pour stimuler l’économie des régions du Québec.
D’après ce dernier, c’est ce que son gouvernement et celui du fédéral ont fait en mettant en place une série d’interventions. Cela a eu comme effet d’amoindrir les contrecoups de la crise économique mondiale au Québec. Il juge que les gouvernements ont bien réagi en engendrant des déficits « temporaires », pour relancer l’économie. « Tous les observateurs sont d'accord pour dire que le Québec s’en tire mieux que le reste du Canada », lance M. Gignac.
Il explique notamment que le Québec a été agressif en appliquant en premier des programmes d’infrastructures. Par ailleurs, le ministre a aussi mentionné qu’il y a 40 % moins de gens de pauvres au Québec dû à un nombre de programmes dont le Régime québécois assurance parentale.
En tant que ministre, il a aussi souhaité le revenu moyen des Québécois soit égal ou supérieur à l’Ontario. Il est présentement de 15 % inférieur à celui de nos voisins. Selon lui, la journée que le revenu des Québécois dépassera celui de l’Ontario, le Québec ne sera pas perçu de la même façon au sein du Canada.
L’escalier sera long à monter
Le ministre a aussi parlé de ses réflexions sur la crise économique qui perdure. La bonne nouvelle est que l’ascenseur a arrêté sa chute libre aux États-Unis. La reprise se fait cependant attendre. « Les économistes soutiennent que la récession s’achève lorsque l’ascenseur a terminé de descendre, mais pour Monsieur et Madame tout le monde, c’est lorsque tu vois la lumière du jour au rez-de-chaussée. Il semblerait que nous serions pris pour prendre l’escalier pour revenir au rez-de-chaussée », illustre le ministre.
« La Beauce est une région d’exportation, vous ne trouvez pas la situation facile. C’est la première fois en 30 ans qu’en pleine récession, le dollar canadien est au-delà de 90 cents. D’habitude, il est beaucoup plus faible en temps de récession. Je ne voudrais pas vous décevoir, ni être casse-pied, mais, par le passé, le dollar a tendance à s’apprécier lorsque la reprise économique s’installe », annonce ce dernier.
Selon lui, ce qui fera la différence pour la Beauce est son esprit d’entrepreneurship. Selon lui de bonnes idées peuvent se transformer en création d’emplois. Comme moyen novateur, il a cité notamment la création de l’École d’entrepreneurship.
Être fier des FIER
M. Gignac veut rendre les lettres de noblesse aux Fonds d’interventions économiques régionaux (FIER). Selon lui, pour créer de la richesse dans les régions, les FIER sont les mieux placés pour encourager le développement économique régional par l’octroi de capitaux de risque. Rappelons que les FIER ont fait l’objet d’une controverse en printemps dernier. Le rapport du vérificateur général, Louis Roquet, se fait attendre en octobre prochain. M. Gignac soutient seulement que de nouvelles règles d’éthique et de gouvernance seront nécessaires.
« Il n’y aura aucun compromis là-dessus. Il faut garder le principe des FIER. Cela a permis de développer les régions. Il faut s’assurer que les investisseurs et que les entrepreneurs ont bien compris qu’on jettera pas le bébé avec l’eau du bain. Il y a eu de la démagogie dans cette histoire-là. Les gens nous disent qui sont moins fiers de leur FIER : Je leur dis qu’ils ont un important rôle à jouer dans le développement économique du Québec », lance M. Gignac.
Contre le protectionnisme
Après son allocution, M. Gignac a répondu à l’entrepreneur Hervé Pomerleau inquiet à propos du protectionnisme et du programme des régions ressources. L’ancien économiste a été un peu plus clair concernant le protectionnisme. Il s’est montré en désaccord avec toutes dispositions protectionnistes telles que la clause Buy America. M. Gignac a renchéri que, si chaque région du monde adoptait ce genre de clause, une récession se transformerait rapidement en une dépression.
Pour ce qui est du programme des régions ressources, M. Gignac a réitéré que le gouvernement se doit de mettre en place des conditions favorables, mais aussi équitables pour le développement économique des régions du Québec. Il s’est contenté de dire qu’un comité des priorités formé des ministres a abordé des pistes de solutions. Il a fait une parabole pour résumer la situation. Le ministre a souligné que le gouvernement était comme un paquebot qui amorce un virage, on ne le voit pas de la terre ferme, mais le virage est amorcé. Cependant, un paquebot, c’est imposant et lent à tourner…
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