Publicité
LaPlaza - Centre d'achats en ligne
10 octobre 2018 - 13:47 | Mis à jour : 16:28

Rencontre avec un des sous-gouverneurs de la Banque du Canada

Alexandre Poulin

Par Alexandre Poulin, Journaliste

EnBeauce.com a reçu un invité d'envergure dans ses bureaux. Le sous-gouverneur de la Banque du Canada, Timothy Lane, était de passage en Beauce les 9 et 10 octobre. Le membre de la Haute Direction de la banque la plus importante au pays a rendu visite aux entreprises Garaga et Manac, en plus de s'être rendu à l'École d'entrepreneurship de Beauce.

Dans le cadre de ses fonctions, M. Lane est appelé à voyager à travers le Canada et dans le monde. Bien que la Banque détienne des données économiques et des modèles des régions, M. Lane affirme qu'il faut parfois les compléter par un contact personnel. « C'est une occasion de savoir quelle est l'histoire derrière les chiffres et de mieux comprendre l'élan de l'économie », soutient Timothy Lane.

La Beauce vue par le sous-gouverneur

Sur le plan économique, M. Lane aperçoit en Beauce un grand optimisme. Les entreprises auraient vu leurs ventes croître de manière générale. Toujours est-il que subsistent des éléments d'incertitude. Par exemple, les politiques commerciales des États-Unis influent sur les possibilités d'exporter et les coûts des produits intermédiaires. Les tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium, un dossier à propos duquel M. Lane souhaite un dénouement,  nuisent aux entreprises manufacturières en Beauce et au Canada.

« C'est une bonne situation en général. Après une longue période de récupération dans l'économie, on a des conditions de quasi plein emploi au Canada. Même s'il y a des indices pénurie à quelques endroits, il y a encore des gens, dans d'autres régions, qui voudraient travailler à temps plein. La Beauce est une région qui est très forte. Maintenant, l'emploi est fort et on voit des affiches sur les usines comme quoi elles embauchent. »
- Timothy Lane, sous-gouverneur de la Banque du Canada

Les taux hypothécaires

Selon le sous-gouverneur, les taux hypothécaires sont anormalement bas. C'est aussi le cas pour toute la structure des taux d'intérêt. Rappelons que le niveau de ces taux s'explique en grande partie par la politique monétaire fédérale. « Notre taux directeur est resté à des niveaux très bas, ce qui a été nécessaire sur une période de plusieurs années à cause de la faiblesse de l'économie canadienne. Maintenant que l'économie frôle le plein emploi et que l'inflation s'accorde avec notre cible de 2 % [...], dans cette situation, ce n'est pas normal d'avoir un taux directeur à un niveau aussi bas », poursuit M. Lane.

Selon Timothy Lane, le taux actuel la Banque du Canada, qui est de 1,5 %, donne du lest pour augmenter les taux d'intérêt sans freiner l'économie. Une hausse des taux hypothécaires est donc à prévoir.

Une récession aux États-Unis d'ici deux ans ?

Ici et là, on entend qu'une récession pourrait frapper l'économie américaine d'ici deux ans. Selon le sous-gouverneur, une récession est difficile à prévoir. « Notre scénario de base n'inclut pas une récession aux États-Unis, mais une modération de la croissance », dit-il. La croissance de l'économie américaine a été stimulée par la baisse des impôts et par l'augmentation des dépenses de l'État fédéral, tant et si bien le taux de croissance s'est hissé au-delà de la barre des 3 %.

« Selon nos analyses, ce taux de croissance ne peut pas continuer longtemps. Nous nous attendons à ce que l'économie ralentisse vers un taux plus près de 2 % », affirme Timothy Lane. Même si elle a annoncé son intention de hausser les taux d'intérêt, la Réserve fédérale américaine essaie d'éviter une récession.

L'endettement des ménages

Les ménages canadiens, dont la dette moyenne est de 162 000 $, sont plus endettés que les ménages américains avant la crise économique de 2008. Cet endettement s'expliquerait par une conjugaison de facteurs, dont l'immigration, le vieillissement de la population et la spéculation.

« Pour appuyer l'économie canadienne alors que les autres moteurs de croissance n'étaient pas très forts, nous avons dû maintenir les taux d'intérêt très bas pendant une période qui approche maintenant une dizaine d'années. Dans ce texte, il est naturel que les ménages empruntent davantage et que ça exerce aussi des pressions à la hausse sur les prix des maisons. »
- Timothy Lane, sous-gouverneur de la Banque du Canada

Selon M. Lane, l'endettement des ménages canadiens demeure une source de vulnérabilité. Les effets négatifs seraient amplifiés s'il y avait une récession aux États-Unis. Toutefois, une réglementation fédérale a été adoptée pour décourager l'endettement. Même si l'endettement moyen demeure élevé au Canada, la situation n'est pas comparable à celle des États-Unis il y a une dizaine d'années, où les ménages ont emprunté imprudemment. Certains des ménages avaient emprunté un montant équivalant à plus de 100 % du prix de la maison alors qu'ils avaient très peu d'actifs et très peu de revenus. Au Canada, la limite est fixée à 90 %.

 

 

Vous avez un scoop
Vous connaissez des entrepreneurs de la Beauce qui sont inspirants et qui ont des histoires intéressantes à raconter ou encore des parcours de vie hors du commun ? Contactez-nous à l’adresse communiques@enbeauce.com afin d’en discuter avec l’un de nos journalistes. Au plaisir de vous lire !

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





EnBeauce.com se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, EnBeauce.com collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.