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4 août 2021 - 16:15 | Mis à jour : 16:49

Reprise des négociations demain et vendredi

Conflit chez Olymel : les éleveurs de porc de la Beauce s'impatientent

Léa Arnaud

Par Léa Arnaud, Journaliste

Le regroupement des Éleveurs de Porcs de la Beauce s’impatiente face à la longueur du conflit qui oppose le Syndicat des travailleurs de l'abattoir Olymel à Vallée-Jonction avec leur employeur, depuis plus de trois mois. 

Plus le temps passe, plus il y a de porcs en attente dans les fermes de la région. À ce jour, le fait de déporter des animaux vers les États-Unis ou ailleurs au Canada permet de garder la situation plus ou moins sous contrôle. Cependant, cela ne pourra pas durer indéfiniment. 

En effet, il faut savoir que les porcs grossissent moins vite pendant l’été à cause de la chaleur. Aussi, le fait d’être de plus en plus nombreux dans un espace non adapté crée encore plus de chaleur, ce qui les empêche encore de grossir. Par conséquent, les porcs qui auraient pu sortir ne peuvent pas car ils ne sont pas assez gros. 

A contrario, quand il va se mettre à faire plus frais, autour de 10-15 degrés, la température sera plus favorable à leur croissance et ils vont grossir rapidement. C’est à ce moment-là que le problème s’accentuera. Il y a quelques semaines, il y avait 100 000 porcs en attente et là il y en a 130 000, donc il y a une croissance.

Lors d’un entretien téléphonique avec EnBeauce.com, René Roy, le président des Éleveurs de Porcs de la Beauce a justement expliqué la situation à travers une métaphore.

« Disons qu’aux Éleveurs de porcs du Québec, en collaboration avec Olymel, on gère les priorités comme si on bouchait les brèches dans un barrage. Mais on sait que de l’autre bord du barrage, l’eau continue de monter et qu’il est en surcharge. On ne sait pas où, ni comment ça va craquer, mais on sait qu’on ne pourra pas retenir ça des mois et des mois. »

Le défi ne s’arrête donc pas à la réouverture de l’usine. Il va falloir gérer les prochaines semaines et l’automne, a-t-il rappellé. Les défis restent très importants au niveau de l’euthansaie, selon M. Roy. « Cependant, plus vite c’est réglé, plus ce sera possible de gérer la débâcle qui va arriver inévitablement. »

Il invite donc les parties à trouver une entente le plus rapidement possible. « Pour le bien de tous, il faut intensifier les négociations pour trouver une solution le plus rapidement possible et pour moi il s’agit d’heures pas de jours, quitte à continuer la nuit et la fin de semaine. La détresse de nos producteurs est importante », de conclure M. Roy. 

Les rencontres reprendront demain
Rappelons que la dernière rencontre de négociations a eu lieu la semaine passée. À la fin de celle-ci, l’employeur avait accepté la proposition du conciliateur sur le salaire tandis que le syndicat avait quitté la table pour en parler à ses membres en grève. 

Lors d’une réunion tenue hier sur le parvis de l’usine, les travailleurs ont confirmé à leurs représentants syndicaux que « la proposition du conciliateur n'était pas acceptable » et qu’ils étaient donc en mesure de continuer les négociations.

« Nous serons là demain matin et nous sommes prêts à négocier. Je n’ai aucune idée de comment ça se passera, on verra comment le monde se comporte demain », a confié Martin Maurice, le président du syndicat, lors d'un entretien avec EnBeauce.com.

De son côté, la partie patronale s’impatiente face à la situation et estime avoir été au bout de ses capacités dans ce conflit. 

« On considère que c’est une bonne proposition. On ne peut pas aller plus loin », a précisé Paul Beauchamp, premier vice-président d’Olymel, en entrevue téléphonique. 

Ce dernier rappelle que ce sont les travailleurs qui seront à blâmer s’il doit y avoir des abattages de porcs humanitaires et que cela engendre du gaspillage alimentaire et des conséquences économiques pour les éleveurs de porcs et les intervenants régionaux.

Pour ce qui est des activités de l’entreprise, le deuxième quart de travail (de nuit) pourrait être mis en péril, et le premier aussi si cela dure encore. « Plus ça tarde, plus il y a des chances qu’on perdent des travailleurs », d’ajouter Paul Beauchamp.

À ce jour, on ne peut pas savoir combien de personnes quitteront leur poste à la fin de ce conflit. Parce que pour le moment, ils peuvent travailler ailleurs sans donner de démission à Olymel. Les chiffres ne pourront être établis que lorsque les activités reprendront. C’est à ce moment-là que l’entreprise saura s’il y a encore assez de personnel pour faire tourner le deuxième quart de travail. 

Par ailleurs, le vice-président a expliqué que le conseil d’administration a autorisé des investissements significatifs à l’usine de l’Ange-gardien dans le but de démarrer un deuxième quart d’opération, cela dans un objectif de croissance. Cependant, advenant que les travailleurs de Vallée-Jonction mettent en péril le deuxième quart, et bien les porcs qui devaient être abattus là-bas seront déportés à l’usine de l’Ange-gardien. 

Seules les prochaines rencontres de demain et vendredi pourront en dire d’avantage sur un possible règlement du conflit. 

Notons que si le syndicat avait approuvé la proposition du conciliateur vendredi passé, les activités d’abattage auraient repris aujourd’hui. En attendant, plus de 130 000 porcs sont toujours en attente et leur bien-être commence à être compromis. 

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