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LE MAGASIN CHEZ RITA, CHAPELIÈRE ET MODISTE

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20 octobre 2019
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LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

On ne voit à peu près plus ce genre de commerce de nos jours, pour la bonne raison que les dames ne portent plus de chapeaux... à part le reine d'Angleterre. Mais il y a 60 ou 100 ans, les moeurs étaient différentes. Le canon 1262 du Code de droit canonique (Loi de l'Église) stipulait que «Quand elles assistent à la messe, les femmes doivent avoir la tête couverte et être vêtues modestement, surtout quand elles s'approchent de la sainte table...». Or, à l'époque, on ne badinait pas avec la religion, fallait que les dames portent un chapeau pour aller à l'église, pas de discussion. Ce qui faisait le bonheur des chapelières. C'était ainsi à tous les dimanches, pour la messe. Mais le summum de l'élégance était atteint le dimanche de Pâque: laquelle aurait le plus beau chapeau? Beaucoup de dames se faisaient confectionner un chapeau neuf à chaque printemps pour Pâque. L'une des plus renommées chapelières de Saint-Georges a été Mme Rita Veilleux, qui avait sa boutique de chapeaux sur la première avenue, à côté du ruisseau d'Ardoise, dans le même édifice que l'avocat Clovis Thibaudeau et le salon de coiffure Dany (photo 1, en face du commerce Histoire de Bulles aujourd'hui). Elle a ouvert son magasin Chez Rita en 1949 et l'a vendu en 1964. C'était une femme d'affaire avisée et elle ne lésina pas sur les moyens pour se faire connaitre, voyez la grande affiche placardée sur le côté de l'immeuble où elle opérait son commerce (photo 2). Et la salle de montre qui s'offrait à la vue des clientes lorsqu'elles pénétraient dans son commerce (photo 3). Elle avait un don pour concevoir des chapeaux exceptionnels, influence «Sissi» ou encore avec une jolie passe en paille de Milan. Voyez les belles boites à chapeau dans lesquelles elle livrait son élégante marchandise à sa distinguée clientèle; c'est ma soeur ainée qui m'a montré récemment cette boite qu'elle possède encore, depuis 60 ans, suite à l'achat d'un chapeau dans cette chic boutique (photo 4). Mme Rita a très bien vécu de ses activités de modiste et chapelière, elle s'est fait ériger une magnifique résidence sur les hauteurs dans un secteur huppé, avec une vue imprenable sur la ville. Étant célibataire, elle possédait jusqu'à 50 chats (selon certains) qu'elle gardait dans sa maison. En femme d'affaire expérimentée, elle a probablement anticipé le déclin de cette activité au début des années '60, avec le renouveau (et le relâchement) qui soufflait sur les moeurs religieuses, et elle a vendu son commerce en 1964. Elle est décédée en 1989 à l'âge de 76 ans. Elle était fière de son métier et elle a même fait graver sur son épitaphe au cimetière le mot «modiste» après son nom. Une grande dame qui a su prendre sa place dans un créneau très spécialisé de la mode féminine de l'époque.

Photos 1, 2 et 3 du fonds Claude Loubier. Texte, recherches et photo 4 de Pierrre Morin. 


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financé par les dons, dont la mission est la protection, l'interprétation, la valorisation
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