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Pier Dutil

Le père Ovide de Justin

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29 mai 2023
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Par Pier Dutil

LE PÈRE OVIDE DE JUSTIN

Celles et ceux qui, comme moi, ont un certain âge, voire même un âge certain, se souviennent sans doute du Père Ovide, ce personnage de la série «Les belles histoires des pays d’en haut» télédiffusée il y a quelques décennies.

Le Père Ovide se faisait un plaisir d’être reconnu comme le «rapporteur officiel» du personnage vedette de ladite série, Séraphin Poudrier, s’assurant de rapporter à ce dernier ce qu’il voulait entendre.

Pour tenter de se sortir de la crise créée par les révélations concernant les interventions de la Chine dans le processus électoral canadien, Justin Trudeau s’est choisi un «rapporteur spécial», David Johnston, pour le conseiller à savoir s’il y avait lieu ou non de tenir une enquête publique indépendante sur cette affaire.

Un choix discutable

À la base, le choix de David Johnston est fortement discutable. Ami de la famille Trudeau depuis des lustres et ex-membre du conseil d’administration de la Fondation Pierre Elliott Trudeau au moment d’un important don en provenance de sources chinoises, M. Johnston ne peut être considéré comme totalement indépendant.

Au sujet de sa relation avec Justin Trudeau, David Johnston mentionnait qu’il n’avait pas été en contact avec lui au cours des 40 dernières années. Pourtant, en 2010, dans une entrevue accordée à la télévision anglaise de Radio-Canada, Justin Trudeau déclarait que David Johnston était un compagnon de dîner fréquent avec qui il avait de grandes conversations. Justin Trudeau a présentement 51 ans, je serais très surpris qu’il eût eu ses dîners fréquents il y a 40 ans, ce qui lui donnerait alors 11 ans. 

Sans mettre en doute l’honnêteté de David Johnston, j’avoue rester sur mon appétit quant au choix de ce personnage pour faire la lumière sur les interventions chinoises dans notre processus électoral.

Une conclusion attendue

Mardi dernier, lors du dépôt d’un rapport préliminaire, David Johnston en venait à la conclusion qu’il n’y avait pas lieu de tenir une enquête publique indépendante sur ce sujet, contrairement à ce que tout le monde réclame. 

Sincèrement, y a-t-il une seule personne au Canada qui ne s’attendait pas à une telle recommandation de ce «rapporteur spécial»? Nous savons tous que Justin Trudeau et les Libéraux ne veulent rien entendre de tenir une telle enquête publique indépendante.

Pourtant, dans son rapport, M. Johnston écrit ceci : «Certains gouvernements étrangers agissent clandestinement et avec malveillance pour affaiblir les institutions démocratiques du Canada et influencer les résultats de nos élections. Tous les Canadiens sont en droit de s’inquiéter de cette menace qui prend de l’ampleur.»

En seulement deux phrases, David Johnston reconnaît que des interventions étrangères existent bel et bien et il ajoute que ce phénomène est inquiétant pour les Canadiens. Mais cela n’est pas suffisant pour tenir une véritable enquête publique indépendante?

Des raisons qui me laissent sceptique

Pour motiver sa recommandation, M. Johnston avance trois raisons : 1 - il a déjà fait le travail, 2 - l’enquête devrait se dérouler à huis clos en raison de la sécurité nationale et 3 - cela prendrait trop de temps.

Quant à prétendre que le travail a déjà été fait par le «rapporteur spécial», j’avoue avoir de la difficulté à faire confiance au jugement d’une seule personne. Il ne suffit pas de demander qu’on le croie sur parole pour que l’affaire soit classée. Le dernier qui a prétendu être la voie, la vérité, la vie a terminé sur une croix. Je n’irais pas jusque là avec M. Johnston, mais je ne suis pas disposé à me fier à sa simple parole.

Quant à prétendre que l’enquête devrait se tenir à huis clos pour protéger la sécurité nationale, M. Johnston ignore que des enquêtes publiques ont déjà eu lieu tout en protégeant la confidentialité de certaines informations qui étaient effectivement débattues à huis clos, Mais cela n’empêchait pas la tenue d’une enquête publique.

Enfin, quant à l’argument à savoir qu’une enquête publique indépendante prendrait trop de temps, c’est là un argument sans aucune valeur. Est-ce que le temps est un facteur déterminant à considérer lorsque le processus électoral d’un pays est menacé par des interventions en provenance de dictatures étrangères? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Ce n’est pas fini

Si Justin Trudeau croyait mettre le couvercle sur la marmite de cette affaire qui lui fait de l’ombre avec le rapport de son «rapporteur spécial», il s’est mis les doigts là vous le pensez.

En continuant de rejeter les unanimes demandes d’une enquête publique indépendante, Justin Trudeau et les Libéraux contribuent tout simplement à entretenir la flamme et le sujet ne disparaîtra pas de sitôt.

Lors de sa réaction suivant le dépôt du rapport Johnston, Justin Trudeau déclarait : «La démocratie repose sur la confiance. Un leadership responsable exige que nous prenions des mesures pour réaffirmer la confiance des Canadiens envers la démocratie.»

M. Trudeau, dans le cas qui nous intéresse, la confiance des Canadiens n’est pas là et, jusqu’à date, vous n’avez pas su faire preuve du leadership nécessaire pour regagner cette confiance.

La démocratie canadienne est menacée et notre Premier Ministre se contente de la recommandation d’un bon ami qui est seul à avoir pu consulter les documents à la base de ces menaces.

Je vous avoue être très inquiet. Et vous devriez l’être également.
 

Pensée de la semaine

Je dédie la pensée de la semaine à Messieurs Trudeau et Johnston :

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