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La Véranda, Centre-Femmes

Le gaslighting médical (ou minimisation des symptômes) : quand la douleur des femmes est remise en question

Le gaslighting médical (ou minimisation des symptômes) : quand la douleur des femmes est remise en question
Photo: La Véranda, Centre-Femmes

De nombreuses femmes qui consultent un professionnel de la santé sortent du cabinet avec un sentiment amer : celui de ne pas avoir été entendues. Trop souvent, leurs douleurs sont minimisées, attribuées au stress ou à « l’imagination ». Ce phénomène porte un nom : le gaslighting médical. Les patientes finissent par douter de la légitimité de leurs propres symptômes.

Une réalité encore bien présente

Les études et les témoignages abondent : les femmes attendent en moyenne plus longtemps avant de recevoir un diagnostic, et leurs douleurs sont moins prises au sérieux que celles des hommes. Dans les urgences, par exemple, une femme qui se présente avec une douleur à la poitrine reçoit souvent moins rapidement un traitement qu’un homme, malgré les risques réels d’un problème cardiaque.

Cette situation s’explique en partie par l’histoire de la recherche médicale. Jusqu’aux années 1990, la majorité des études cliniques étaient menées principalement sur des hommes, et les résultats étaient ensuite généralisés à toute la population. Les particularités biologiques, hormonales et sociales des femmes ont donc longtemps été négligées, ce qui a contribué à un retard important dans la compréhension et la reconnaissance de leurs symptômes. Ce retard n’est pas encore rattrapé aujourd’hui.

Les conséquences du doute imposé

Lorsqu’une femme se fait dire que « c’est dans sa tête », elle peut en venir à douter de sa propre perception. Ce doute, répété au fil des consultations, entraîne non seulement des retards de diagnostic et de traitement, mais aussi une détérioration de la confiance envers le système de santé. Certaines femmes cessent même de consulter par peur d’être jugées ou ridiculisées.

Que faire si vous ne vous sentez pas prise au sérieux ?

Il est possible de reprendre du pouvoir face à cette réalité. Voici quelques pistes :

  • Préparer ses rendez-vous : noter ses symptômes, leur fréquence, leur intensité et leur impact au quotidien. Un carnet de santé peut aider à donner du poids à vos propos.
  • Se faire accompagner : demander à une personne de confiance de venir avec vous peut renforcer votre crédibilité et vous offrir du soutien moral.
  • Poser des questions : ne pas hésiter à demander des explications claires, ou à vérifier quelles hypothèses ont été écartées.
  • Demander un second avis : il est tout à fait légitime de consulter un autre professionnel si vous sentez que vos inquiétudes ne sont pas prises au sérieux.
  • S’informer : connaître les réalités liées au gaslighting médical peut vous aider à reconnaître quand cela se produit et à ne pas douter inutilement de vous-même.

Pour une santé plus juste

Le gaslighting médical, ou minimisation des symptômes féminins, n’est pas une fatalité. En le reconnaissant et en le dénonçant, nous luttons pour le droit des femmes à la santé. Et en attendant que le système change, chaque femme peut se donner des outils pour que sa santé soit prise au sérieux.

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