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22 décembre 2018 - 04:00

Pierrette Pépin-Roy : parce que toute vie mérite d’être racontée

Par Johanne Mathieu, Journaliste

Le mercredi 12 décembre 2018, Pierrette Pépin-Roy faisait paraître le livre Mémoires - Sur la trace de nos origines, paru aux Éditions La Plume d’Oie. EnBeauce.com l’a rencontrée.

Dès que l’on entre dans sa demeure, on sent tout de suite que celle-ci respire la création, que ce soit par les toiles et les différentes œuvres manuelles qui ornent les murs, ou les différents manuscrits qui reposent sur sa table.

Pierrette Pépin-Roy est une femme éveillée, inspirante, bien au fait de l’actualité, qui possède de la créativité jusqu’au bout des doigts et qui est restée jeune de cœur, malgré ses 89 ans.

Dans son livre, madame Pépin-Roy partage entre autres ses souvenirs. Influencée par le journal de sa mère, elle a pris plaisir à raconter l'histoire, les joies, les épreuves, le travail, la débrouillardise et le mode de vie des générations de 1900 à 2018. C'est aussi elle qui a créé l'illustration que l'on retrouve sur la page couverture.

Madame Pépin-Roy, de quoi parle votre livre, Mémoires - Sur les traces de nos origines?

Moi, j’ai décidé de prendre mes ancêtres et j’ai organisé ce livre-là quand les gens se sont rencontrés. J’ai fait parlé les gens ensemble, se confier ensemble. C’est comme ça que j’ai écrit l’histoire. Ce que j’aime de mon livre, c’est que la personne qui va le lire va apprendre beaucoup de choses, parce ce que j’ai fait des recherches. Je me suis mise à raconter l’histoire à partir de 1900, le travail que les gens faisaient, le développement. En ayant le journal de ma mère, j’ai constaté que je décrivais la vie telle qu’elle était dans le temps. J’ai beaucoup parlé du développement dans la Beauce et j’ai pris mes familles comme des héros pour qu’on sente le développement, toute la différence qu'il y a entre 1900 et tout le parcours à mesure que les générations naissent, parce que c’est de père en fils. Le temps change dans le livre aussi. La vie devient complètement différente. Et j’ai même fait un arbre généalogique qui montre toutes nos racines. Je me trouve à parler de toutes ces racines-là, c’est pour ça que j’ai marqué Sur la trace de nos origines. Je parle des familles, pour qu’on voit le caractère des gens. Mais toutes les familles ont des choses intéressantes. D’ailleurs, je le dis : ”Toute vie est unique et mérite d’être racontée.” On ne devrait pas avoir honte de raconter sa vie, parce que dans chaque famille, dans ma famille, y’a des gens qui sont très différents. J’ai une belle famille aussi.

Pourquoi avoir écrit ce livre?

Pour commencer, c’est que j’ai quatre enfants, 11 petits-enfants et 20 arrière-petits-enfants. Ce qui veut dire 20 fois quatre générations. Alors je me suis dit, moi, je n’ai pas beaucoup connu ma parenté. Parce que quand on avait de la visite, j’étais le bébé de la famille, alors les adultes parlaient ensemble, et ça m’a manqué de ne pas connaître toute ma parenté. Il y a quelques années, j’ai rencontré une dame dans une épicerie, et elle m’a dit : “Est-ce que t’es Pierrette Pépin?” J’ai dit oui. J’ai aimé connaître cette cousine-là. Puis, je me suis dit, ben mes petits-enfants, y vont connaître leur parenté. Alors, c’est comme ça que j’ai eu envie d’écrire. Mais naturellement, j’avais le journal de ma mère, mais par contre, j’ai changé un peu. Parce qu’avant, je m’adressais à mes arrière-petits-enfants, puis c’est comme ça que j’en suis venue à faire un livre qui va aller dans le public. Mon livre, ce n’est pas un roman, c’est historique ce que j’ai écrit. Ma mère, elle était beaucoup pour moi, parce que je la trouvais intelligente, c’était une bonne mère, et puis quand j’ai lu le journal, je trouvais ça extraordinaire. Elle racontait des choses de sa jeunesse. Ça partait de 1900, et puis elle, elle était née en 1890. Je me disais : “Mon Dieu, c’est incroyable les choses qu’elle remarquait.” Elle racontait différentes choses qui étaient arrivées, puis alors, j’ai fait des recherches. Je me suis aperçue qu’il y avait beaucoup de choses à apprendre sur la Beauce. Et surtout aussi sur les gens qui étaient venus s’installer en Beauce. Les Beaucerons, je les trouve courageux, travaillants, débrouillards, et puis audacieux. Ce sont des qualités que j’aimais. J’ai toujours aimé les Beaucerons pour ça, parce qu’on a été un peu abandonnés, les Beaucerons. On était loin des villes. C’est une chose qui a peut-être aidé à ce que les gens deviennent débrouillards.

En lisant votre livre, que se rappelleront les plus âgés et pourquoi cela intéressera-t-il les plus jeunes?

J’ai craint à un moment donné que les gens n’aiment pas ça. Je me suis dit, si les gens n’aiment pas ce que j’ai écrit, j’en subirai les conséquences. Parce que je trouvais que ça existait pas beaucoup, je trouve que nos jeunes ne connaissent pas les familles. Et moi, je suis en faveur que les jeunes devraient lire sur leurs familles, et même initier les enfants à faire un arbre avec leurs parents. Dernièrement, on parlait dans les commissions scolaires que les jeunes ne lisaient pas beaucoup. J’ai encore un rêve, c’est que ce livre-là entre dans les bibliothèques scolaires pour les jeunes. Parce qu’ils vont apprendre quelque chose. On apprend dans mon livre. Quand il y a les développements dans la Beauce, ça commence à rien des développements. C’est la même chose pour toutes les familles. Les familles ont un travail à faire. J’ai remarqué, dans le journal de ma mère, que les parents avaient beaucoup de discipline envers les enfants, mais que les enfants étaient très respectueux aussi envers leurs parents. Je trouve que c’est différent aujourd’hui (rires).

Écrire à 89 ans, c’est une réalisation en soi. Qu’est-ce qui vous pousse à écrire?

J’ai 89 ans, oui. Pis c’est pas facile vieillir. Une journée, je suis très bien, puis le lendemain, je suis très tranquille à la maison. Je ne m’ennuie jamais. J’ai toujours été portée à écrire des textes. Je trouvais que ça valait la peine quand j’ai écrit l’histoire de ma soeur, je la trouvais intéressante. J’ai toujours été énergique, puis j’ai beaucoup travaillé. Je trouve que ça fait partie de la vie comme une autre chose. Moi, j’aime faire ça, d’autres vont faire autre chose. Moi, je ne savais pas que je pouvais écrire, parce que je n’ai pas de cours là-dedans. Mais je crois qu’on a des ressources qu’on ne connaît pas et qu’à un moment donné, on peut développer. Mais il faut les connaître, nos ressources. Dans nos familles, on ne pense pas à développer les talents qu’on peut avoir, puis y’a tellement de talents qui sont perdus. Pis y’en a du talent dans la Beauce. On a chacun nos forces et nos faiblesses. Dans ce livre-là, ce que je veux montrer, c’est que la famille, c’est une force. Les jeunes d’aujourd’hui l’ont beaucoup moins cette force-là, parce que la famille a moins d’importance.

Où trouvez-vous votre inspiration?

Le journal de ma mère. En 1900, il y avait de l’amour, et en 2018, ça existe encore. Il y avait des drames, en 2018 aussi. En réalité, c’est la même chose qui arrive après les dates passées, mais qui sont différents. C’est ce que ma mère raconte, son vécu avec des drames qu’il y a eus dans la famille, mais ça existe encore aujourd’hui. Mais on est chanceux de vivre dans notre Québec. Quel beau pays quand on sait la misère qu’il y a. Là, on vit des soubresauts, c’est partout dans le monde en même temps. Le monde, c’est une suite de vagues, ça revient, mais de manière différente. J’ai mis à la fin, à l’épilogue, Saviez-vous que? J’ai donné toutes sortes de renseignements qu’il y avait dans ce temps-là. Dans l’épilogue, je me pose des questions pourquoi j’ai écrit, puis toutes les réponses sont là-dedans.

Qu’est-ce qui vous permet d’être aussi créative et jeune de cœur?

Notre ADN provient de nos racines. Dans ma famille, c’était du monde qui se débrouillait tellement. L’ADN a une mémoire chez les descendants. Comme l’ADN provient de loin, on a des mémoires accumulées dans soi, ça provient de toutes les vies qui ont été avant nous. On a leur ADN tout simplement. Ça doit être mon caractère. Je m’aperçois que mon énergie baisse, puis j’ai toujours été travaillante. Quand mes enfants veulent trop m’aider, je leur dis : “Je veux rester autonome, laissez-moi faire mes affaires.” Parce que je trouve ça important.

Avez-vous un rituel d’écriture en particulier?

Non. Quand je décide d’écrire, je trouve ça un plaisir.  

Où peut-on retrouver votre livre?

Les deux librairies qu’on a, qui sont des librairies avec des gens d’ici, sont extraordinaires pour les écrivains. Il faudrait que ces librairies-là soient encouragées. Ceux qui font des efforts pour les jeunes, ce sont ces deux librairies-là, la Librairie de La Chaudière et la Librairie Sélect. Il peut y en avoir à Marie-Fitzbach, il va y en avoir à Saint-Joseph, au Musée Marius-Barbeau. Les livres qui ne se vendront pas, je vais les donner aux bibliothèques dans différentes paroisses. Je veux travailler pour que ces livres-là entrent dans les commissions scolaires, pour que les jeunes pensent à d’autres choses. Aujourd’hui on est rendu tellement dans l’innovation, dans la robotique, l’intelligence artificielle. Quand je vois tout ça, je me dis que je ne comprendrai plus. L’écriture a changé, tout comme la musique.

Y aura-t-il la parution d'un troisième livre?

Non, y'en ai pas question, mais j’ai tout ce qu’il faut pour écrire un troisième livre. Vieillir, c’est pas toujours drôle, mais je me trouve chanceuse d’être dans un bon logement. J’ai mes filles qui sont près de moi. J’ai une belle famille aussi.

Pierrette Pépin-Roy est également l'auteure d'un autre livre, L'originale Madame Sandini ou l'incroyable destin d'une Beauceronne, paru aux Éditions du Mécène. Elle est aussi la sœur du musicien beauceron Clermont Pépin.

 

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