Parti Québécois — Beauce-Nord
Le candidat Éric Gagnon Poulin en six réponses
Toutes les candidates et les candidats des circonscriptions de Beauce-Nord et de Beauce-Sud, en vue du scrutin du 5 octobre, ont reçu un questionnaire préparé par l'équipe des nouvelles d'EnBeauce.com. Les réponses écrites sont publiées intégralement ci-bas. Une entrevue vidéo, reprenant de vive voix les réponses, accompagne également cet article.
Aujourd'hui: Éric Gagnon Poulin, candidat du Parti Québécois dans Beauce-Nord.
1. Quels qualificatifs définissent votre candidature?
1. Enracinée — J’habite Beauce-Nord, à Saint-Joseph, j’y ai mes racines et je connais les réalités de notre région. En tant que père d’une famille recomposée de 5 enfants, je trouve que leur futur est plus qu’incertain. Je souhaite qu’ils aient les mêmes chances que nous, voire davantage.
2. Terrain — Mon parcours d’anthropologue, de journaliste, d’enseignant et de gestionnaire m’a appris à écouter, à comprendre différentes réalités et surtout à aller sur le terrain. Mon implication dans le milieu communautaire, notamment à l’ACEF et au GRT Nouvel Habitat m’a aidé à bien comprendre les réalités des citoyens de Beauce-Nord.
3. Pragmatique — Je suis quelqu’un qui cherche des solutions concrètes. Pour moi, la politique doit partir des enjeux des citoyens et déboucher sur des résultats.
4. Autonome — Je crois profondément que Beauce-Nord doit pouvoir décider davantage pour elle-même, avec les moyens nécessaires pour se développer selon ses propres priorités.
5. Équitable — La prospérité doit profiter à tout le monde. Une région forte, c’est une région où les PME, l’agriculture, l’économie sociale, les familles et les aînés peuvent tous trouver leur place.
2. Est-ce qu'un député dans l'opposition est utile pour sa circonscription?
Je ne crois pas qu’on va être dans l’opposition et je pense que c’est important que Beauce-Nord soit à la table des négociations. Déjà que les régions sont mal représentées au Québec, en raison de gouvernements toujours plus centralisateurs, la Beauce doit être au pouvoir et le Parti Québécois s’engage à donner plus de pouvoir aux régions.
Donc, le meilleur scénario pour Beauce-Nord est d’élire un député du parti qui formera le gouvernement et en ce moment, c’est le Parti Québécois qui se dirige vers le pouvoir. Cela donne un accès direct aux leviers décisionnels et permet de faire avancer plus rapidement les dossiers de la région.
Cela dit, je ne crois pas à la politique du « gagnant ou perdant ». Même dans l’opposition, je serai une voix forte pour Beauce-Nord : je vais travailler avec tous les élus, peu importe leur parti, lorsqu’il s’agira de faire avancer les intérêts de notre région.
3. Qu'est-il urgent de réaliser dans Beauce-Nord qui ne peut plus attendre?
Il faut redonner à Beauce-Nord les moyens de décider de son propre développement.
Ça passe d’abord par une véritable décentralisation des pouvoirs et des ressources. Les Beaucerons connaissent mieux que personne les besoins de leur région. Il faut donc rapprocher les décisions du terrain plutôt que de tout décider à Québec.
Il faut aussi s’attaquer sans attendre à la crise du logement. Les travailleurs, les jeunes familles et les aînés doivent pouvoir se loger à un prix qu’ils peuvent réellement se permettre. Nous devons notamment développer davantage de logements hors marché : coopératives, OSBL et offices d’habitation. Le Parti Québécois s’engage entre autres à créer une Politique nationale en habitation, soit une politique transpartisane qui permettra de prévoir une sortie de crise avec des fonds dédiés au logement social et communautaire, car le concept d’abordabilité de la CAQ n’est pas abordable pour une large partie de la population au revenu modeste et faible.
Enfin, notre capacité à soutenir nos agriculteurs en protégeant 100% du territoire agricole et la gestion l’offre, nous serons en mesure de promouvoir notre autonomie alimentaire. Le Parti Québécois s’engage d’ailleurs à investir 450 millions de dollars sur quatre ans pour le milieu agricole au Québec.
En résumé: il faut pouvoir vivre, travailler et décider dans Beauce-Nord.
4. Voici cinq enjeux placés par ordre alphabétique: coût de la vie, économie, environnement, santé, tarifs américains. Repositionnez-les en fonction de vos priorités d'action.
A. Coût de la vie
C’est la priorité immédiate. Les citoyens doivent être capables de vivre correctement de leur travail. Le pouvoir d’achat des ménages doit être au cœur de l’action gouvernementale, notamment par l’abolition de la TVQ sur les biens usagés, des mesures pour réduire les coûts de transport et d’énergie, et un meilleur accès au logement abordable.
B. Économie
Beauce-Nord est une région d’entrepreneurs, de PME, d’agriculteurs et de travailleurs. Il faut créer un environnement économique prévisible, compétitif et équitable, notamment en réduisant le fardeau administratif et réglementaire et en réduisant les impôts des PME à 9,5%.
C. Santé
Il faut améliorer l’accès aux soins, particulièrement en région. Le Parti Québécois veut faire des soins à domicile une priorité et redonner davantage de pouvoir aux acteurs locaux, comme en redonnant le rôle de première ligne aux CLSC.
D. Tarifs américains
On a vu la mise en place de tarifs américains et ensuite les contre tarifs canadiens. Beaucoup en souffrent. Lorsqu’on reprendra les négociations, il faut être très vigilants pour que le Québec ne serve pas encore de monnaie d’échange contre les intérêts de l’Ouest. Si le Québec est mal représenté, imaginez Beauce-Nord… nos producteurs de lait en paient encore le prix et qui sait si on ne va pas se retrouver avec des produits laitiers américains sur nos tablettes prochainement. Le Parti Québécois n’acceptera jamais de telles concessions.
E. Environnement
L’économie ne peut pas bien aller si l’environnement ne va pas bien, donc c’est un enjeu qui englobe tous les autres. Elle doit permettre aux citoyens de réduire leurs dépenses, notamment par l’efficacité énergétique, l’électrification et le transport collectif, ce qui manque grandement dans notre région. On a qu’à penser à la disparition du transport interurbain.
Mon fil conducteur est simple : améliorer concrètement la qualité de vie des citoyens. Ces cinq enjeux sont d’ailleurs liés : une économie forte, une plus grande autonomie et une transition environnementale bien pensée peuvent contribuer à réduire le coût de la vie.
5. Quel rôle devrait jouer le secteur privé dans la prestation des services gouvernementaux québécois?
Le secteur privé a sa place dans l’économie québécoise, mais il ne doit pas remplacer l’État dans sa responsabilité d’assurer des services publics accessibles, universels et de qualité.
En santé, par exemple, notre priorité doit demeurer un système public fort.
Le rôle du gouvernement devrait donc être de garantir les services de qualité, tout en s’assurant que l’argent public est utilisé efficacement. Le secteur privé peut être un partenaire lorsque cela apporte une réelle valeur ajoutée, mais on ne doit pas privatiser simplement parce qu’on suppose que le privé fera mieux ou moins cher.
Et il faut faire une distinction importante : travailler avec le secteur privé n’est pas la même chose que lui confier la responsabilité d’un service public.
Je suis favorable à une économie mixte, mais avec un État qui assume pleinement ses responsabilités.
6. Qu'est-ce qui distingue le nationalisme québécois du nationalisme canadien? Sont-ils incompatibles?
La différence fondamentale, c’est que le nationalisme québécois part d’une nation qui possède sa propre histoire, sa langue, sa culture et une volonté d’exercer pleinement ses pouvoirs politiques.
Le nationalisme canadien cherche à renforcer une identité politique commune à l’échelle du Canada. Le nationalisme québécois, lui, considère que les Québécois forment une nation et qu’ils devraient ultimement avoir tous les leviers nécessaires pour décider eux-mêmes de leur avenir.
Je crois qu’un peuple est plus fort lorsqu’il contrôle ses leviers politiques, économiques, culturels et sociaux. La question est: est-ce que nous voulons que les décisions qui concernent notre avenir soient prises par nous-mêmes ?
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