Centre des congrès Le Georgesville
Retour sur le débat électoral dans Beauce-Sud
Plus de 200 personnes ont assisté, aujourd'hui au Centre des congrès Le Georgesville, au seul débat avec public dans la circonscription de Beauce-Sud, qui a mis aux prises les candidates et les candidats en lice pour obtenir le siège du comté, le 5 octobre prochain.
Les porte-étendards des cinq partis politiques représentés étaient Angèle Bouffard (Parti Québécois), Amélie Carrier (Québec solidaire). Alvaro Peressutti (Parti libéral du Québec), Jonathan Poulin (Parti conservateur du Québec), et le député sortant, Samuel Poulin (Équipe Christine Fréchette).
C'est le journaliste d'EnBeauce.com, Germain Chartier, qui agissait comme animateur et modérateur du débat,
Les thèmes abordés l'ont été en quatre blocs: économie, entrepreneuriat et investissements; transport et infrastructures; immigration; et santé, aînés et famille.
Neuf questions ont été posées. Nous reprenons ici en abrégé les réponses fournies par chaque représentant, et dans l'ordre quelles ont été formulées.
Q1 — Économie, entrepreneuriat et investissements
La guerre tarifaire décrétée par les États-Unis frappe durement le Québec, et la Beauce compte parmi les régions les plus touchées. Quelles mesures prendriez-vous pour contrer ces tarifs, et comment favoriseriez-vous la diversification de nos marchés d'exportation, notamment vers le commerce interprovincial au sein du Canada?
Samuel Poulin (ÉCF): Ce que nos entreprises ont besoin présentement, c'est des fonds de roulement pour pouvoir passer à travers, dans cette période qui est extrêmement difficile. On va les aider à se diversifier comme on le fait avec la cellule économique. On ne va pas désarmer les entrepreneurs de la Beauce en pleine guerre tarifaire.
Amélie Carrier (QS): À Québec Solidaire, pour ce qui est de la guerre tarifaire, on veut beaucoup investir dans nos entreprises locales. On veut débloquer jusqu'à un milliard de dollars pour pouvoir faire en sorte de maintenir leur vitalité, même si justement leur carnet de commandes diminue. On veut une économie verte locale pour qu'il y ait moins de transport vers les États-Unis.
Jonathan Poulin (PCQ): Ce qu'on contrôle (comme gouvernement), c'est la taxation et l'imposition. On veut baisser de 59% l'impôt sur les sociétés, ce qui fait du Québec la juridiction la plus avantageuse au niveau de la fiscalité en Amérique du Nord. On veut réduire leurs taxes salariales, on veut réduire, abolir la taxe carbone, réduire la taxe sur les carburants, réduire la paperasse et les règlements. C'est des leviers qu'on contrôle. Faisons-le, ça va aider.
Alvaro Peressutti (PLQ): On veut un moratoire sur la réglementation. On veut réduire la taxation de nos entreprises de 11,5 à 10 pour cent. On veut mettre en place un régime d'accès à l'entrepreneuriat. Moi, je travaille dans la diversification des marchés depuis vingt ans. Je sais ce que ça prend pour ouvrir des marchés ailleurs qu'aux États-Unis. Je suis capable de le faire. Je veux servir les entrepreneurs de la Beauce pour réussir cet objectif-là.
Angèle Bouffard (PQ): On a un plan pour investir dans l'innovation pour les entreprises, mais il n'y a pas que le manufacturier qui est très important ici dans la région. Il y a tout le volet agricole et forestier. Nos municipalités sont très interreliées sur ce volet-là. Le plan du Parti Québécois pour l'agriculture et la foresterie m'enchante On investit 450 M$ de plus. On veut favoriser 75% d'achat dans nos établissements publics.
Q2 — Économie, entrepreneuriat et investissements
Le repreneuriat est aussi un enjeu majeur en Beauce, souvent freiné par la lourdeur administrative. Que proposez-vous pour faciliter le transfert d'entreprise et réduire les délais et la paperasse pour les repreneurs et les cédants ?
Amélie Carrier (QS): On veut investir jusqu'à 383 M$, autant pour les PME que pour les organismes communautaires, parce que les deux marchent les mains un dans l'autre. Je suis moi-même entrepreneur culturel. En diminuant le coût de la vie, on veut redonner de l'argent dans les poches des petits entrepreneurs, pas seulement dans les multinationales. On veut amener aussi des épiceries communautaires pour justement avoir de la concurrence avec les grandes chaînes.
Jonathan Poulin (PCQ): Tout ce qui est prêt et garantie de prêt, lorsqu'on vient en aide aux entreprises, on ne touche pas à ça. Il n'y a pas de problème parce qu'un prêt, par définition, c'est remboursé. Ce n'est pas une subvention. Par contre, l'une des choses qui découragent les gens à prendre l'entreprise, c'est la paperasse. À un moment donné, les formulaires et la paperasse, ça écoeure le monde. Ça fait en sorte qu'ils ne reprennent pas des entreprises qui sont des fleurons dans nos régions. C'est essentiellement sur cet angle-là qu'on va pouvoir encourager les gens à reprendre les entreprises.
Alvaro Peressutti (PLQ): L'engagement qu'on veut prendre, c'est vraiment de mettre une régie d'accession à l'entrepreneuriat. Ça veut dire que les prochaines générations vont pouvoir utiliser leur FEER et leur REER pour pouvoir financer le rachat de l'entreprise ou se lancer en affaires. Ainsi, l'accès à la mise des fonds nécessaires va donner des leviers avec les institutions financières pour obtenir un prêt et le support de ce côté-là. Ça, c'est une mesure concrète qui adresse cette question-là spécifiquement.
Angèle Bouffard (PQ): Moi, j'en suis un bon exemple de reprise de ferme centenaire. (Le Parti Québécois) va revoir les critères pour faciliter (le transfert), enlever des barrières fiscales pour des gens qui sont non apparentés. Moi, j'avais l'accès à ma famille et à la ferme de ma famille. Je n'aurais pas pu acheter une ferme étrangère, c'est sûr. Je vais être très active pour qu'on revoie les critères d'attribution des prêts à La Financière agricole, entre autres.
Samuel Poulin (ÉCF): On a un joyau en Beauce qui s'appelle l'École d'entrepreneurship de Beauce. Dans mon plan, je suis le seul à avoir présenté dix actions économiques pour la Beauce. Le repreneuriat est en tête de liste parce que nos jeunes veulent racheter l'entreprise de leurs parents. On veut rendre l'école plus accessible en termes de formation, en termes de prêts pour racheter justement les entreprises. Ce sera le cas au niveau agricole. On va doubler l'aide pour la relève agricole, que nos fermes demeurent ouvertes à l'intérieur de nos villages.
Q3 — Transports et infrastructures
Depuis quelques années, les transports collectifs sont de moins en moins présents dans la région — fin de la liaison interurbaine Québec–Saint-Georges après 30 ans, jugée non rentable en 2023, puis, plus récemment, l'annonce de la fin du service de transport collectif pour la MRC Beauce-Sartigan. Selon vous, quelle place doit avoir le transport collectif en région, et comment en assurer la viabilité économique ?
Jonathan Poulin (PCQ): C'était notre seule connexion avec Québec, l'autobus qui partait de Saint-Georges. J'ai fait le tour des municipalités et des MRC m'ont lancé des cris du cœur, m'ont dit qu'ils ne pourraient plus offrir le transport collectif. On parle d'à peu près 200 000 $ pour assurer un service qui marche bien, qui était en progression dans la région de Beauce-Sartigan. Moi je vais vous défendre pour qu'on ait du transport collectif. Parce que c'est pas vrai que c'est juste les grandes villes qui ont le droit d'avoir du transport collectif puis de déplacer nos gens. On est pas des citoyens de seconde zone en région.
Alvaro Peressutti (PLQ): C'est triste de voir comment l'enveloppe budgétaire, qui peut assurer le transport pour les milieux qui sont plus loin de Saint-Georges, a été coupée. C'est quelque chose de très lamentable, surtout dans un contexte où ce sont les organismes communautaires qui se voient avec le fardeau de devoir assumer un rôle de l'État et le font avec très peu de financement, avec un remboursement des kilométrages qui ne couvre pas les frais des bénévoles qui donnent leur temps et leur véhicule pour pouvoir assurer ces déplacements-là. Il faut vraiment s'assurer que si un député et un ministre des Affaires municipales n'est pas capable d'obtenir ces gains-là pour ses propres comtés, alors il y a quelque chose à réviser dans le programme du gouvernement.
Angèle Bouffard (PQ): L'urgence de rétablir ces services, en fait de les financer adéquatement, est primordiale. Au Parti Québécois, on a déjà installé dans notre plan environnemental une passe à 95 $ pour accès aux services de transport collectif. Ça serait valide partout dans le Québec. Évidemment, cet investissement-là va pouvoir rebondir ici dans la région.
Samuel Poulin (ÉCF): On a confirmé le financement du Taxibus à plus de 460 000 $. Au niveau du transport collectif, on a confirmé 160 000 $. Il en manque, on va travailler là-dessus. Au niveau du transport interurbain, on avait des enjeux d'achalandage, ce qui fait que les gens auraient dû payer trente, quarante, cinquante dollars l'aller-retour. Ce n'était pas viable. Je m'engage comme député à faire un comité de transport, à travailler avec l'ensemble des intervenants.
Amélie Carrier (QS): Je m'engage à être votre porte-parole pour les transports collectifs en région. Québec Solidaire veut mettre 23 G$ dans le transport collectif sur dix ans. J'ai fait beaucoup de pétitions à l'époque, de 2018 à 2023, justement pour garder le transport entre Saint-Georges et Québec. Je me bats justement pour ceux qui sont des nouveaux arrivants puis qui veulent aller à leur emploi. Je m'engage à avoir des moyens de transport entre les villages, entre les MRC, puis entre Saint-Georges et Québec, pour tous ceux qui ont des vulnérabilités, pour les nouveaux arrivants, et aussi pour les personnes âgées.
Q4 — Transports et infrastructures
Comment balancer les investissements entre les nouvelles infrastructures et le maintien de celles existantes ?
Alvaro Peressutti (PLQ): Le programme du Parti libéral est très ambitieux sur ces domaines-là. On veut faire passer la part des infrastructures municipales, par exemple dans le PQI (Programme québécois d'invrastructures) de 4,4 à 8%, ce qui va donner 600 M$ de plus par année aux municipalités pour des projets d'infrastructures. On veut aussi baisser le déficit national de maintien des actifs, de plus de 45 G$ en huit ans de gouvernement caquiste. On veut se donner l'obligation légale d'investir 75% des dépenses du programme quinquennal des infrastructures dans le maintien des actifs. Notre mission, c'est de rassembler, réparer et bâtir le Québec de demain.
Angèle Bouffard (PQ): Le Parti Québécois est très engagé à ce qu'on puisse travailler des plans d'infrastructures pour réparer ce qui est réparable, et puis avant de construire ce qui est à construire. On veut prioriser entre autres l'utilisation de nos ressources naturelles, nos matières premières, dont le bois. On veut qu'un grand pourcentage des infrastructures publiques soient construites en bois. On veut favoriser les contrats avec des entrepreneurs locaux, travailler sur le niveau d'appel d'offres pour qu'ils soient québécois d'abord, et que ça encourage le travail dans les municipalités, les gens de la construction, les fournisseurs, etc.
Samuel Poulin (ÉCF): On a fait la (route) 108 à La Guadeloupe, 204 à Saint-Prosper, 204 à Saint-Martin, 108 à Saint-Évariste, 105 à Saint-Benoît, 275 à Saint-Benjamin, On a refait le filage du Pont David-Roy. Il faut continuer d'investir dans nos routes. Il faut continuer de prioriser le maintien d'actifs. En même temps, je réalise la Phase 1 avec un partenariat avec la ville de Saint-Georges pour le prolongement de l'Autoroute 73. C'est un équilibre entre le maintien d'actifs sur les routes.
Amélie Carrier (QS): On pense vraiment à Québec Solidaire que c'est mieux de réparer ce qu'on a déjà que d'investir pour développer. Pour ce qui est de l'Autoroute 73, c'est pour aider les transporteurs et les grandes entreprises qui vont aller chercher les marchandises.
Jonathan Poulin (PCQ): Les infrastructures, il faut gérer efficacement. Il faut lâcher les coupes de ruban. Nos infrastructures sont en train de péter partout. Il faut prioriser la rénovation de nos infrastructures avant de juste vouloir faire des photos avec des rubans. Il faut se concentrer sur les besoins des bonnes personnes, nos infrastructures sportives. Une maison de jeu à Saint-Georges, c'est un projet farfelu. On n'a pas besoin de ça quand on est douze milliards dans le trou.
Q5 — Immigration
Comment concilier les besoins de main-d'oeuvre des entreprises avec les capacités d'accueil de la région ?
Angèle Bouffard (PQ): On a besoin d'immigrants ici dans la région. La main-d'œuvre est rare. Par contre, il y a eu l'afflux de masse de gens et là, on a un peu perdu le contrôle. On ne veut pas renvoyer les gens qu'on a été chercher. On veut freiner par contre l'arrivée des futurs pour qu'on puisse offrir à tous des capacités d'intégration, de francisation adéquates. On veut que pour les régions qui ont besoin de main-d'œuvre, ce soit vraiment ciblé selon les critères d'urgence.
Samuel Poulin (ÉCF): La robotisation et l'automatisation est l'une des solutions à la rareté de main-d'œuvre. Il faut continuer d'aider nos entreprises à le faire parce que ça réduit la dépendance à l'immigration et ça vient remplacer aussi des emplois qu'on ne pourra pas faire dans le futur. On n'arrêtera pas d'aider les entrepreneurs de la Beauce parce que le tissu manufacturier est intimement lié. En matière d'immigration, nous, notre chiffre est clair: quarante-cinq mille au Programme de sélections des travailleurs qualifiés. On fera pas de compromis également sur le français et surtout, on va être à l'écoute des besoins du milieu des affaires parce que c'est l'immigration économique qui doit primer.
Amélie Carrier (QS): Nous, à Québec solidaire, on ne voit pas les immigrants comme une dépense, mais comme des actifs, parce que dans notre économie, ils aident beaucoup notre tissu social. Il faut simplement amener des mesures pour qu'ils soient mieux intégrés à notre entrepreneuriat. C'est pour ça que notre quota est de 70 000 immigrants par année. Pour mieux les intégrer, on voudrait arrêter les permis de travail fermés.
Jonathan Poulin (PCQ): En amont de l'immigration économique qui est importante, on pense qu'on peut faire un effort davantage sur nos travailleurs d'expérience, les 65 ans et plus. L'immigration économique, je suis d'accord, on en a de besoin, mais il faut arrêter que les demandeurs d'asile aient plus accès aux paniers de services québécois que les citoyens québécois. Alors, il faut régionaliser l'immigration pour qu'on n'ait pas à peser sur le «break» parce qu'à Montréal, ils sont passés droit. Quand les gens viennent chez nous, ils travaillent, il faut les respecter puis prendre soin d'eux.
Alvaro Peressutti (PLQ): Au Québec, il y a pas un problème d'immigration, il y a un problème d'intégration. Et on n'est pas capable de déterminer clairement c'est quoi la capacité d'intégration de chaque région. Et ça, c'est fondamental. C'est ce qu'on propose au Parti libéral du Québec. On n'a pas des chiffres magiques. On va prendre les chiffres qui nous sont donnés dans chaque région en fonction de leurs besoins et de leurs capacités d'intégration. Dans ce contexte-là, Charles Milliard a pris l'engagement de solliciter d'avoir les pleins pouvoirs en immigration économique parce que c'est un dossier qui se gère très mal en garde partagée avec le fédéral.
Q6 — Immigration
Alors que le débat sur l'immigration se concentre souvent sur la pénurie de main-d'oeuvre et l'immigration économique, que comptez-vous faire concrètement pour mieux intégrer au marché du travail et à la société les demandeurs d'asile, les personnes réunies avec leur famille et les travailleurs étrangers temporaires déjà établis au Québec ?
Samuel Poulin (ÉCF): Il y avait un débalancement entre les demandeurs d'asile et l'immigration économique. Ça a mis beaucoup de pression sur nos services. On a besoin quand même de préserver les services aux Québécois. C'est pour cette raison-là qu'on a donné la priorité aux Québécois pour les places en service de garde et qu'on le fait.
Amélie Carrier (QS): Il faut abolir les endroits de travail (de permis) fermés pour que justement, les immigrants soient mieux intégrés, puis qu'ils soient pas vus comme du bétail. On veut amener des cours de francisation directement sur le terrain, puis d'autres formations pour qu'ils deviennent, comme on dit, des gens intégrés à notre tissu social.
Jonathan Poulin (PCQ): Au niveau des demandeurs d'asile, malheureusement, je pense que dans les dernières années, on en a accepté plus que notre capacité. Pour l'immigration, il faut leur assurer une plus grande stabilité. En ce moment, ils ont tenu à un an pour les permis. Après six mois, ils retombent dans la paperasse. C'est pas correct de vivre comme ça avec la vie des gens, ça donne une insécurité au niveau de nos entrepreneurs. Alors réduire la paperasse, puis un permis (de travail), ça devrait être valide plus longtemps.
Alvaro Peressutti (PLQ): Le Québec est une des sociétés les plus justes, les plus riches, les plus équitables et les plus sécuritaires au monde. C'est un privilège pour tout immigrant de pouvoir venir au Québec pour s'établir et de faire sa vie. Dans ce contexte-là, choisir l'immigration en fonction de nos besoins est un privilège que nous avons tous ici au Québec. On les soutient avec de la francisation. On les soutient en les accompagnant convenablement. (Les immigrants) on les soutient en leur donnant des modèles d'intégration réussie dont ils vont pouvoir s'inspirer par la suite. Et on les soutient en arrêtant de les traiter «de problèmes». Ça, c'est fondamental.
Angèle Bouffard (PQ): En effet, je suis d'accord que le Québec est une terre d'opportunités énormes. On a des privilèges et on a une culture aussi à conserver. Je pense que les travailleurs immigrants qui viennent ici sont tout à fait bienvenus. Mais on doit cesser par contre de les prendre en otage avec des fluctuations dans les programmes pour leur francisation, des demandes excessives de documentation et aussi des critères pas clairs. Dès qu'ils viennent ici, on les considère québécois, mais on doit les accompagner.
Q7 — Santé, aînés et famille
Comment convaincre davantage de professionnels de la santé de s'installer — et surtout de rester de façon permanente — en région ?
Amélie Carrier (QS): À Québec solidaire, on veut beaucoup améliorer les conditions de travail pour justement empêcher que les travailleurs de la santé aient toujours envie d'aller vers le privé. Bien s'occuper de la relève en rémunérant leurs stages. Centraliser les services de proximité.
Jonathan Poulin (PCQ): On est le premier parti politique qui a pris position en faveur d'une faculté de médecine avec les universités du Québec, les pôles régionaux. Parce que les gens qui sont formés en région commencent à travailler en région. On veut décloisonner pour permettre à plusieurs professionnels de la santé, donc ils vont se sentir davantage valorisés, puis être interpellés par ce type de profession-là. On veut augmenter les cours de médecins et de super infirmières. On veut décloisonner plusieurs professions.
Alvaro Peressutti (PLQ): Le sujet de la santé, c'est un sujet qui m'interpelle directement. Pour ceux qui ne le savent pas, moi, j'ai le privilège de partager ma vie avec une femme qui est médecin à l'urgence ici à Saint-Georges. Donc, j'en entends beaucoup parler. Pour une urgentologue, normal au Québec, fait douze gardes par mois. À Saint-Georges, c'est seize gardes par mois à cause de la pénurie des médecins. C'est quelque chose qui ne s'est pas amélioré au cours des huit dernières années et ce n'est pas en dévalorisant la profession médicale, Jonathan (Poulin) qu'on va pouvoir attirer davantage de médecins en région non plus. Quand on s'exprime des professionnels de la santé comme étant des docteurs picpic juste parce qu'ils suggèrent certains traitements, on dévalorise la profession au complet et on n'amène pas davantage de professionnels ici. Ça, c'est important de le dire. Cependant, Samuel (Poulin), quand on se présente même pas au vote qui change de manière drastique les conditions d'emploi des médecins en pleine nuit, par ailleurs, on laisse un goût très amer dans les professionnels de la santé par rapport à leur capacité d'être bien représentés par un député à l'Assemblée nationale.
Angèle Bouffard (PQ): Le Parti québécois s'engage à maintenir les services publics en santé et à faciliter la prévention en première ligne. Ensuite, on s'en va au CLSC. C'est un type de service qui doit être la première ligne directe et ensuite, on augmente le nombre de médecins. Nous avons besoin de travailler à ce que la main-d'œuvre professionnelle soit formée et puisse vivre ici dans notre région, en ayant des infrastructures adéquates pour exercer dans le domaine de la santé.
Samuel Poulin (ÉCF): J'ai agrandi l'urgence à l'hôpital de Saint-Georges. C'est la première fois qu'on investissait depuis soixante ans. J'ai obtenu la première maison des aînés en Beauce, que je ne regrette pas. J'ai obtenu la première maison de répit pour les proches aidants. J'ai obtenu la seule aile ouverte en santé mentale et santé physique, la seule en Chaudière-Appalaches et du côté de Saint-Georges.
Q8 — Santé, aînés et famille
Comment entendez-vous faire face à la hausse prévisible de la demande de places en CHSLD et en Maison des aînés, liée au vieillissement de la population ?
Jonathan Poulin (PCQ): La vraie maison des aînés, c'est leur maison. Ils veulent rester chez eux. Je trouve ça inadmissible qu'on fasse des bâtisses à 1,1 M$ la porte. Ça n'a pas de bon sens. Il va falloir donner ça au privé. Ça prend des clauses d'indexation pour les aînés qui ont des revenus ou qui ont des prestations qui relèvent du gouvernement. Nos aînés, ils sont importants, mais il faut arrêter de vouloir les envoyer dans des maisons des aînés si ce n'est pas leur souhait. Il faut favoriser les soins à domicile, autant que faire se peut. Alors c'est là-dessus qu'on vient investir en priorité.
Alvaro Peressutti (PLQ): Je suis d'accord que l'endroit où les personnes aînées se retrouvent le mieux, c'est son chez-soi. C'est pour ça que nous, on a pris l'engagement d'offrir plus de 700 M$ de plus pour le soutien à domicile. On parle de quatre-vingt millions sur quatre ans pour l'adaptation des domiciles également. On parle de la révision du côté de l'impôt pour les proches aidants et la protection de la rente des retraites. On a aussi pris un engagement pour plafonner annuellement les hausses des loyers des services en résidence des personnes âgées.
Angèle Bouffard (PQ): La stratégie du Parti québécois, c'est de maintenir les services publics en prévention initialement. Donc, on veut que les gens aient plus d'activités, que les aînés aussi soient plus en forme, consultent moins. La première ligne au CLSC doit être renforcée. Il faut vraiment qu'on soutienne la consultation des services dans les maisons. Et on veut favoriser aussi, par un montant d'aide de 10 000 $ environ, l'adaptation des maisons au niveau intergénérationnel.
Samuel Poulin (ÉCF): La population est vieillissante, elle vit vingt ans de plus qu'elle vivait avant. Il va y avoir des investissements obligatoires pour les aînés dans les prochaines années. Moi, j'ai aucun regret d'avoir ouvert 48 nouvelles places à la maison des aînés en pleine inflation, en pleine pandémie. Même chose quand j'ai ouvert la maison de répit pour les proches aidants. Nous avons haussé le crédit d'impôt pour les aînés, 2 200 $ de plus, justement pour pallier aux frais du coût de la vie. Ce sont des actions concrètes, c'est crédible, ça fonctionne.
Amélie Carrier (QS): À Québec solidaire, on veut beaucoup investir dans les CLSC pour que jles gens, les familles, les aînés arrêtent de chercher c'est où qu'ils peuvent se faire soigner, puis qu'ils décident juste de pas se faire soigner parce qu'ils savent pas où aller. Investir dans les organismes communautaires et le réseau de la santé pour que le service public puisse plus les accompagner dans la prévention, ne serait-ce aussi que d'avoir de la psychothérapie plus abordable, voire gratuite dans les prochaines années.
Q9 — Santé, aînés et famille
Une jeune famille de la région vous confie qu'elle peine à joindre les deux bouts : logement de plus en plus cher, difficulté d'achat d'une première maison, hausse du coût de la vie, et absence de place en garderie pour son enfant. Concrètement, comment comptez-vous alléger le fardeau de ces familles ?
Alvaro Peressutti (PLQ): Les sujets des familles me touchent beaucoup. J'ai deux filles et une autre qui arrive au mois de février. Je fais face au défi de la conciliation travail-famille tous les jours. Nous (Parti libéral), on a un plan très ambitieux de mettre sur place 100 000 logements par année. C'est 100 000 mises en chantier pour pouvoir travailler sur l'offre. Ceux qui se connaissent en économie savent que pour pouvoir baisser le prix, on doit travailler sur l'offre et non pas sur la demande. Au niveau des places en garderie, on travaille pour mettre 20 000 places de plus en CPE. C'est un réseau auquel on y croit. On pense que c'est fondamental de donner accès à toutes les familles du Québec, des places en garderie subventionnées et accessibles.
Angèle Bouffard (PQ): Je suis très contente de faire partie du Parti Québécois parce que c'est vraiment le parti qui a mis en place, entre autres, les réseaux de CPE, qui a travaillé énormément à la présence des femmes, qui a changé la vie des familles. On veut faciliter aussi l'accès à la première maison en remboursant jusqu'à 45 000 $ de TVQ. On ramène aussi le programme Accès Logis pour que les logements soient beaucoup plus accessibles. On vise à augmenter vraiment le parc d'habitation en logement pour ceux qui en ont besoin.
Samuel Poulin (ÉCF): J'ai lancé un programme pour permettre l'accès à la propriété chez les jeunes avec des maisons en bas de 350 000 $. On a près d'une dizaine de projets, ici dans Beauce-Sud. Ça va permettre à des jeunes familles de devenir propriétaires. Et dans plusieurs cas, ce sera construit par les entreprises de la Beauce. Moi aussi, j'y crois aux CPE. J'ai fait Notre-Dame-des-Pins, on a fait Saint-Honoré, on a fait Saint-Prosper, premier CPE préfab. Il faut en faire des places en service de garde pour permettre à nos femmes, permettre aux parents d'aller travailler, tout contrairement au Parti conservateur qui veut arrêter le développement des places en Beauce.
Amélie Carrier (QS): A Québec solidaire, on veut aller voir aussi les grandes fortunes de ce monde, les taxer à 0,1%. pour nous donner un fonds de 5 G$ dans lequel on va prendre l'argent pour les organismes communautaires, pour les 50 000 logements qu'on veut faire. On veut que les plus riches investissent pour que les plus pauvres, pour que tout le monde ait droit à un logement abordable et à manger tous les jours trois repas, dont les enfants qui auront droit à des dîners gratuits dans une école commune pour tous.
Jonathan Poulin (PCQ): En 2022, on m'accusait de vouloir fermer des CPE. C'est pas ça qu'on dit. On dit maintenir le financement du réseau public de services de garde. Mais il y a plusieurs modèles. Il y a des garderies privées subventionnées, il y a des garderies privées, il y a même des parents qui seraient prêts à rester plus longtemps à la maison si c'est leur choix pour s'occuper de leurs enfants. C'est une mixité de modèles. Il faut arrêter d'offrir des places sur des listes d'attente. Il faut offrir des places en garderie, point à la ligne.
Entendu aussi au débat
Angèle Bouffard (PQ):
« En fait, (les partis) on partage beaucoup de points (en commun). On a juste des mécaniques différentes pour les appliquer.»
«(Les immigrants) sont essentiels au maintien de nos qualités de vie. On veut vraiment faciliter qu'ils soient des parties prenantes totales de la société, pas juste des travailleurs.»
Amélie Carrier (QS):
«Dans la région, je suis vue un peu comme la Madame autobus.»
«Que tu viennes du Niagara ou de Chine, ou peu importe, quand t'es au Québec, t'es au Québec, puis nous, en Beauce, on est accueillants, puis ils vont devenir des Québécois comme nous.»
Alvaro Peressutti (PLQ):
«Concernant le défi avec Donald Trump, je ne suis pas psychiatre, fait que je ne peux pas garantir quand est-ce que ce dossier-là va pouvoir se régler.»
« Quand on parle d'immigration suivi du mot problème, suivi du mot dépendance, suivi du mot économique, vous êtes tous d'accord, ça fait mal (à entendre). Au Québec, il y a pas un problème d'immigration, il y a un problème d'intégration.»
«La langue est un véhicule de transmission des cultures, ce n'est pas une culture en soi. Le Québec est beaucoup plus riche que juste une langue.»
« Agrandir l'urgence, c'est bien. Bâtir des maisons de seniors, c'est bien. Mais quand il y a pas plus de médecins, qu'il y a pas plus d'infirmières pour aller travailler dedans, tout ce que ça fait, c'est que ça génère beaucoup plus de travail dans une communauté où le risque de suicide est déjà deux ou trois fois supérieur que dans la population en général.»
«Au nom de tous, Samuel, Jonathan, votre débat cette semaine, c'est pitoyable. Vous instrumentalisez les personnes âgées des uns et des autres pour essayer de faire des gains politiques. Ce n'est pas juste. Ces gens-là méritent mieux que l'anxiété que vous leur générez avec vos propos et vos discours.»
Jonathan Poulin (PCQ)
«Je fais le tour des entreprises de la Beauce. Je ne nie pas que les tarifs américains ont des impacts, mais de faire croire qu'on va aller se battre contre Trump, c'est du théâtre!»
« On est la pire juridiction en Amérique du Nord sur la fiscalité de nos entreprises. On rend nos entreprises dépendantes aux subventions.»
« Monsieur (Samuel) Poulin a passé sept ans sur les banquettes arrière, il a du rattrapage à faire sur le temps de parole.»
«Je suis en face des entrepreneurs. Si vous me dites que vous êtes pas capables de couper 2,5% dans vos entreprises quand ça va mal, vous êtes incompétents.»
«Au Québec, on a le droit de sélectionner nos immigrants, on s'en prive pas.»
«Moi, j'ai été gardé dans des garderies familiales, en milieu familial, puis on n'a pas plus mal viré.»
Samuel Poulin (ÉCF):
« Je n'ai pas été un député d'arrière-ban. J'ai défendu ma région. Je l'ai fait avec cœur, avec passion, mais avec dévouement et le respect de tous les élus de l'Assemblée nationale. La Beauce n'a jamais été en dessous de ça. On s'est toujours fait respecter parce qu'on a respecté les autres.»
« Je traiterai pas les entrepreneurs de la Beauce d'incompétents comme on vient d'entendre.»
«J'ai fait face à bien des tempêtes, à beaucoup de haine sur les réseaux sociaux, provenant notamment de mes adversaires. J'y ai goûté, ma famille aussi, mais je suis toujours resté droit, droit comme les Beaucerons et je serai toujours droit pour notre région et je le ferai toujours dans le respect.»
Rappelons que le débat était sous la supervision de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Georges, en collaboration avec les médias EnBeauce.com, Le Soleil, L’Éclaireur-Progrès, et Arsenal Média.
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