Jonathan Poulin, Parti conservateur du Québec
Au CPE Panta-Mousse, la vétusté des lieux au cœur de la visite d'un candidat
Le candidat aux élections provinciales dans Beauce-Sud, Jonathan Poulin, en visite au CPE de Panta-Mousse de Saint-Côme-Linière
« Dans cette salle, on a neuf petits matelas et on joue à Tétris », c'est ainsi que Valérie Langlois, directrice du CPE Panta-Mousse de Saint-Côme-Linière, résume l'exercice quotidien de la sieste dans l'un des locaux de son établissement.
Ce mardi 22 septembre, elle a fait visiter les lieux à Jonathan Poulin, candidat du Parti conservateur du Québec dans Beauce-Sud, dans le cadre de la Semaine portes ouvertes #VotePourLaPetiteEnfance. L'objectif pour la direction était de faire toucher du doigt à un élu potentiel les réalités concrètes d'un CPE vieillissant.
Avant même d'entamer la tournée des locaux, Brenda Morin, directrice adjointe, a donné le ton. Éducatrice de formation, elle a quitté puis réintégré l'établissement, et le constat, à son retour, n'a rien eu de réjouissant. « Quand on parle d'enjeu majeur, c'est quand je suis revenue ici. C'est toujours la même chose. Il n'y a rien qui a changé, a-t-elle relaté. C'est déplorable parce que je me dis, en quoi ça répond aux besoins des familles aujourd'hui ? Ça répondait peut-être avant, mais aujourd'hui... Je trouve ça difficile d'appuyer mes éducatrices, parce qu'elles doivent répondre à ces besoins-là. On doit répondre au ministère, mais on n'a pas les moyens concrets d'y arriver. »
Valérie Langlois a ensuite raconté la piste qui avait pourtant semblé prometteuse, il y a quelques années. « On est propriétaires ici, à Saint-Côme, et on a eu une opportunité d'avoir des centres éducatifs, justement avec des locaux bien aménagés, avec des grandes chambres. C'est intéressant. Mais le ministère n'a pas voulu qu'on aille dans ce sens-là », a-t-elle expliqué, précisant que des promoteurs avaient approché le CPE et que des pourparlers avec la municipalité se poursuivent depuis 2023, d'abord sous l'ancien maire, M. Giguère, puis avec l'actuel, Martin Rodrigue. « C'est beaucoup d'investissements, d'échanges avec la municipalité, mais on veut rester à Saint-Côme », a-t-elle insisté.
Une tournée qui parle d'elle-même
La visite des locaux a donné corps à ces enjeux. Dans la section des plus vieux, où les enfants sont déposés chaque matin, hiver comme été, la directrice a pointé du doigt un problème récurrent : « Les parents vont passer dans la salle ici, puis ils vont tout salir. »
Neuf enfants sont accueillis dans chacune des salles, y compris au moment de la sieste, où les matelas s'empilent faute d'espace. Aucun lavabo n'y est intégré, contrairement aux règles ministérielles. « Je n'ai pas de lavabo a même le local. C'est à l'extérieur, puis la salle de bain est à l'autre bout, là-bas. Si un enfant vient de terminer aux toilettes, il faut que j'allonge les huit enfants ici pour aller avec l'enfant là-bas », a détaillé une des éducatrices, qui y voit un accroc à l'une des règles les plus fondamentales du réseau, la surveillance constante. « Rien n'est à la portée, rien n'est ergonomique non plus, autant pour l'adulte que pour l'enfant. »
Un second local, tout aussi occupé par neuf enfants, souffre du même mal, conforme sur papier aux exigences réglementaires de mètres carrés par enfant, mais à l'étroit dès qu'il s'agit de jouer.
Pour Brenda Morin, ces conditions physiques pèsent directement sur la capacité du CPE à garder son personnel. « C'est difficile de motiver une éducatrice fraîchement sortie de l'école à venir dans des locaux comme ça, surtout quand on sait que d'autres CPE proches n'ont pas cette réalité-là. Je l'ai vécu, j'étais éducatrice ici il n'y a pas si longtemps : ce n'est pas attrayant de venir faire ce métier dans un environnement moins bien adapté. » Les familles, dit-elle, n'ont souvent pas le luxe de comparer. « Les parents se disent : on a une place, on prend ce qu'il y a. Mais on aimerait pouvoir offrir mieux, que les parents soient fiers. Au-delà du nombre de places, ça prend des places de qualité. »
Une fois la visite terminée, Valérie Langlois est revenue sur l'origine de la démarche. « C'est une invitation de notre association, l'AQCPE, qui nous offrait l'opportunité de faire un événement portes ouvertes pour la semaine et d'inviter les candidats qui se présentaient, pour parler de nos enjeux actuels. »
Le CPE Panta-Mousse compte une vingtaine d'éducatrices pour 42 enfants âgés de zéro à cinq ans. Au-delà du bâtiment, la directrice espère qu'un projet de relocalisation ou de rénovation permettrait aussi d'augmenter le nombre de places offertes, lors d'un futur appel de projets — une façon, selon elle, d'alléger la liste d'attente ailleurs au Québec. « On souhaite avoir un ajout d'aide, une vraie opportunité pour élever nos standards de qualité en matière d'infrastructures. »
Varier les modèles pour mieux répondre à la demande, selon Jonathan Poulin
Au terme de la visite, Jonathan Poulin a reconnu l'état des lieux, qu'il a inscrit dans un constat plus large. « On a souvent laissé nos installations, nos immeubles en décrépitude pour favoriser, des fois, la coupe de ruban dans les dernières années. On peut aller dans nos écoles, ou ici, aujourd'hui, dans un CPE, mais clairement, on a des infrastructures qui ont besoin d'amour. »
Sa formation mise sur une réglementation allégée pour favoriser la construction neuve, plaidant que les normes actuelles font gonfler les coûts, tant au public qu'au privé, une facture qui retombe selon lui sur le contribuable.
Il a aussi ramené la discussion aux quelque 30 000 enfants en attente d'une place au Québec : « Le CPE, c'est un bon modèle, mais à la vitesse où on fait croître les places, on ne peut plus se permettre d'attendre. » D'où la volonté de son parti de miser sur une mixité de modèles entre les CPE privés, subventionnés, et le milieu familial.
Quant au cas précis de Panta-Mousse, M. Poulin a rangé un projet de relocalisation comme celui envisagé à Saint-Côme-Linière du côté du maintien des infrastructures existantes, un poste de dépenses que sa formation, dit-il, s'est engagée à ne pas couper.
De son côté, le député sortant et ministre, Samuel Poulin, a confirmé avoir déjà rencontré la direction du CPE. Il indique être bien au fait du dossier sachant que des sommes sont remises quotidiennement au CPE et que des échanges ont eu lieu avec la nouvelle direction dans les dernières semaines.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

« Ce n'est pas une défaite personnelle », affirme Philippe Simard
Pas de grand rassemblement ni de discours devant les caméras pour Philippe Simard ce lundi soir. Le candidat de l'Équipe Christine Fréchette – Coalition avenir Québec dans Beauce-Nord a préféré suivre les résultats entouré de ses proches, de ses amis, de ses bénévoles et de son directeur de campagne. Un choix assumé pour celui qui dit ...
LIRE LA SUITE
Manon Bougie félicite tous les candidats et les nouveaux élus
La mairesse de Ville de Saint-Georges, Manon Bougie, ainsi que les membres de son conseil municipal ont tenu à féliciter l’ensemble des candidates et candidats de la circonscription de Beauce-Sud. Ils soulignent leur implication et leur engagement dans l’exercice démocratique qui a été fait dans le cadre de la campagne électorale ...
LIRE LA SUITE
Alvaro Peressutti accepte le verdict et tend la main à Jonathan Poulin
Le candidat du Parti libéral du Québec dans Beauce-Sud, Alvaro Peressutti, se dit à la fois fier de sa campagne et surpris par l'ampleur de la victoire conservatrice. Avec 7,7 % des voix, il termine au quatrième rang, mais améliore nettement le score de sa formation, qui n'avait récolté que 2,83 % des suffrages dans la circonscription en ...
LIRE LA SUITE
