159 700$ demandé au CSSSB pour dédommager les 13 personnes âgées qui ont été victimes de mauvais traitements
M. Jean-Yves Boily, Président du comité des usagers; Mme Huguette Giroux, directrice générale du CSSSB et M. Jacques Bolduc, Directeur du programme de personnes en perte d'autonomie
L’histoire commence en 2002, lorsque certains employés du Pavillon Notre-Dame-de-la-Guadeloupe dénoncent les mauvais traitements que cinq de leurs collègues de travail font subir aux personnes âgées. Les gestes semblent parfois inhumains; des bénéficiaires laissés nus devant une fenêtre grande ouverte, en plein hiver. Des personnes ont également été laissées dans des draps souillés et certains ont été abandonnés dans leurs excréments pendant plus de 24 heures. C’est ce qu’avait découvert l’enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Suite à ces comportements inappropriés, quatre employés du centre de LaGaudeloupe ont été congédiés sur cinq. Cette cinquième personne a pu conserver son emploi, mais dans des fonctions toutes autres.
L’histoire s’était estompée pendant quelques années jusqu’à ce que les proches des victimes la fassent rebondir de nouveau en demandant une indemnisation de près de 160 000$. La conférence de presse, donnée aujourd’hui par les membres du Centre de santé et de services sociaux de Beauce (CSSSB), s’orientait davantage sur les mesures prises depuis ce temps pour remédier à de telles catastrophes. « Des approches ont été faites auprès des personnes âgées à savoir si ils/elles sont satisfaites du service rendu. », racontait Mme Huguette Giroux, Directrice générale du CSSSB. Le programme Tolérance 0 a été mis en place afin de rappeler aux travailleurs qu’aucune méchanceté physique ou verbale ne sera tolérée dorénavant. Les critères d’embauches sont d’autant plus sévères qu’auparavant. « Nous sommes un peu devenus des chiens de garde afin qu’aucuns actes incorrects ne soient portés à nos personnes en hébergement. », de dire Jean-Yves Boily, président du comité des usagers.
Mme Giroux dit que le Directeur général de l’établissement de La Guadeloupe n’en croyait pas ses oreilles lorsqu’il a appris les choses qui se passaient sous le toit de son établissement: « Tout le monde a été surpris de l’enquête du commissaire. Mais la surprise, c’est le directeur qui l’a eu quand il a vu ce qui se passait dans ses corridors. ».
Le fameux 159 700$
Le fameux 159 700$ sera-t-il versé aux familles et/ou aux personnes victimes de ces abus? : « Ce point est à l’ordre du jour et sera traité par le conseil », répond Mme Giroux. Le conseil a trois mois pour donner une réponse officielle aux demandants. Notons que sur les 13 victimes, seulement quatre sont encore vivantes. Pour les autres, ce sont les familles qui bénéficieraient de la subvention. De plus, si les coûts sont transmis par le CSSSB ils seront appuyés par leur assurance qui frôle les 20M$.
94 personnes âgées rencontrées
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a élaboré un questionnaire visant à établir la condition des personnes âgées qui étaient hébergées par le CSSSB de façon à juger leur degré de vulnérabilité. 94 personnes ont été choisies au hasard parmi les 265 personnes hébergées dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée de Beauce, dont 7 provenaient du Foyer Mgr-Roy, 16 à l’Accueil Ville Saint-Georges, 17 au Foyer Saint-Georges, 37 au Centre hospitalier de Beauceville et 17 au Pavillon Notre-Dame-de-LaGuadeloupe. Au cours de l’enquête, quelques révélations emmenèrent la Commission à interroger 25 autres personnes âgées hébergées au Pavillon-Notre-Dame.
« La fatigue, le manque d’encouragement, de compétence et la lourdeur de la tâche ont pu mener les infirmières à porter de tels gestes, mais même si parfois c’est difficile ils ou elles se doivent de toujours rester respectueux envers les aînés. C’est Tolérance 0! », affirmait M. Jean-Yves Boily à EnBeauce.com. En fait, l’histoire existe depuis 4 ans : « Seulement, aujourd’hui, des gens se sont réveillés et on vu qu’ils pouvaient en retirer de l’argent. », ajoute-t-il. Cette demande de 159 700$ à l’égard du CSSSB relève une histoire des plus marquantes et qui demandera une surveillance accrue de leur part.
Kate Kirouac
EnBeauce.com
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