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Par Christian Overbeek, président, Producteurs de grains du Québec (PGQ)

Lettre ouverte: Pour une politique ambitieuse de soutien à la lutte aux ravageurs

Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec
Photo: Courtoisie

Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec

Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) représentent quelque 10 500 productrices et producteurs présents dans toutes les régions du Québec. Ils produisent et commercialisent des grains de céréales, dont le maïs, le blé, l’orge et l’avoine, ainsi que des oléagineux, tels que le soya et le canola. En plus de nourrir l’ensemble des autres productions, ces aliments contribuent à une saine alimentation humaine ainsi qu’à l’épanouissement de l’économie québécoise.

À l’approche des consultations découlant du mandat d’initiative de l’Assemblée nationale sur l’utilisation des pesticides et la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois, nous avons dévoilé dans les dernières heures les positions constructives que nous avons l’intention de faire valoir au nom du secteur de la production de grains. Nous avions d’ailleurs accueilli positivement l’annonce de ce mandat d’initiative des parlementaires. Par ces démarches, nous espérons sensibiliser les députés ainsi que le grand public aux défis auxquels notre secteur fait face en matière de développement durable.

En résumé, les producteurs de grains québécois sont fermement engagés en faveur de l’intégration des meilleures pratiques disponibles en matière de développement durable dans leurs activités. Ils ont toujours voulu avancer dans cette direction. Pour y parvenir, nous aurons toutefois besoin d’une révision importante de la réglementation ainsi qu’un meilleur soutien de la part du gouvernement. En effet, présentement, la réglementation n’entraîne qu’une augmentation des coûts ainsi qu’une diminution de la productivité. De plus, elle brime l’autonomie des entrepreneurs et freine leur implication constructive. Pourtant, pour avoir du succès, les interventions gouvernementales en matière de lutte aux ravageurs doivent être inspirées d’un équilibre entre ses aspects agronomique, économique et environnemental.

Dans ce contexte, nous invitons le gouvernement du Québec à se doter d’une première politique intégrée et responsable en matière de soutien à la lutte aux ravageurs. Une telle politique se baserait tout d’abord par le remplacement de l’approche prescriptive et simpliste actuelle par une approche de partenariat, d’accompagnement et d’amélioration continue, centrée sur un plan de protection propre à chaque ferme. Elle comprendrait l’établissement d’objectifs et d’indicateurs tenant compte de l’ensemble des aspects de la réalité québécoise, son historique et ses différences avec l’étranger. Elle ne commettrait pas l’erreur d’omettre l’évaluation systématique des effets et risques économiques liés à l’introduction ou la modification de la réglementation, ainsi que l’évaluation des nouveaux risques liés à l’application de méthodes novatrices.

Tel que tout le secteur agricole le réclame, une telle politique prévoirait l’introduction d’incitatifs financiers concrets et de dédommagements appropriés liés à la réglementation récente et à venir, notamment la rétribution des efforts agroenvironnementaux, afin de maintenir la compétitivité du secteur des grains. Elle permettrait également l’amélioration de l’offre de services d’information, de conseils et de vulgarisation à propos des nouveaux cadres réglementaires, de l’avancement des connaissances scientifiques et du développement de méthodes novatrices, incluant des services professionnels de qualité de l’ensemble des agronomes et professionnels qui travaillent avec l’industrie.

Les PGQ souhaitent en outre que soient reconnues l’ampleur et la complexité des enjeux économiques, agronomiques, environnementaux, sanitaires et humains reliés à la pollution diffuse impliquant des pesticides, ainsi que les efforts et les résultats obtenus durant les dernières années en matière d’intégration de pratiques de développement durable et de réduction de l’usage de pesticides dans le secteur des grains.

À notre avis, c’est uniquement ainsi que nous réussirons, collectivement, à atteindre les objectifs multiples de la population, notamment en matière de réduction des impacts des pesticides sur la santé publique et sur l’environnement.

 

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