Lettre coécrite par le président de la CSBE, M. Charles-Henri Lecours, par le président de la Commission scolaire des Appalaches, M. Denis Langlois, et par le président de la Commission scolaire de la Côté-du-Sud, M. Alain Grenier
Lettre commune : Qui bénéficiera de la réforme Roberge?
De gauche à droite : M. Charles-Henri Lecours, M. Denis Langlois et M. Alain Grenier
Depuis son élection, le gouvernement de François Legault avait donné de l’espoir au milieu de l’éducation. Pour une fois, l’éducation semblait être la priorité des priorités. Force est de constater que les besoins du milieu ne sont pas entendus. Le ministre Roberge semble préférer faire la sourde oreille et accomplir des promesses difficilement applicables dans le contexte actuel plutôt que d’écouter son réseau.
Des collectivités négligées?
Les élus des commissions scolaires des Appalaches, de la Beauce-Etchemin et de la Côte-du-Sud sont des personnes engagées envers la réussite et la persévérance scolaires des élèves.
Comme élus, notre responsabilité est de faire le lien entre la communauté et l’école, entre l’école et le conseil des commissaires. En tant que présidents de commission scolaire, nous faisons avancer les dossiers avec les municipalités, les gens d’affaires, les organismes communautaires, tout cela au bénéfice de nos élèves. Est-ce que des parents bénévoles, malgré toute la volonté et l’engagement nécessaires, pourront en faire autant?
La réussite oubliée?
Depuis le dépôt du projet de loi no 40, la mobilisation dans notre région s’accentue. Les questions sont plus nombreuses que les réponses. Plusieurs se demandent comment cette réforme entreprise par le ministre de l’Éducation peut améliorer la réussite des élèves. Nous nous posons la même question.
Au cours des dernières semaines, un sondage nous démontrait que les préoccupations de la population sont bien loin de celles du ministre. La réussite des élèves devrait être notre point de convergence.
Les brassages de structures provoquent des répercussions négatives pour plusieurs années. En tant que représentants de nos concitoyens, et après les avoir écoutés sur le terrain, nous sommes d’avis que le gouvernement devrait mettre tous ses efforts dans la même direction que le milieu de l’éducation. Nous n’avons pas besoin de confrontation, mais bien de collaboration.
Les petites écoles, grandes perdantes?
Un conseil des commissaires s’assure que chaque école compte. Les territoires couverts par nos commissions scolaires sont vastes et diversifiés, il y a des différences socioéconomiques. Il s’assure de la répartition équitable des ressources humaines, financières et matérielles disponibles. Dans nos plus petites communautés, qui s’assurera que chaque école soit entendue?
La réforme nous apparaît également comme une centralisation importante entre les mains du ministre de l’Éducation. Un conseil d’administration nommé est très différent d’un conseil des commissaires élu, indépendant et redevable à la population.
Qui osera se lever contre les décisions non adaptées ou inapplicables du ministre? Qui osera contester les mauvaises décisions imposées mur-à-mur dans nos écoles, pour lesquelles la solution idéale serait différente?
Des questions demeurent : quels problèmes seront réglés par la réforme? Comment contribuera-t-elle à la persévérance et la réussite des élèves? Concentrons nos efforts sur ces priorités, et non pas sur un brassage de structures inutile.
Des fusions à venir?
Le projet de loi ouvre clairement la porte aux fusions de services et de centres de services, mettant en péril l’autonomie de nos commissions scolaires. Malgré les beaux discours du ministre, tous s’entendent pour dire que la centralisation nous guette en région. Pour la vitalité de celle-ci, nous devons rester vigilants.
Laissons de côté la réforme et unissons nos efforts et nos ressources dans la réussite de nos élèves et la valorisation de notre réseau public d’éducation. Pour assurer l’avenir de notre région, réfléchissons collectivement à la meilleure façon de faire de l’éducation un projet de société qui placera véritablement nos élèves au cœur des priorités.
En réponse à la question posée en titre, nous répondons : certainement pas les élèves de la région Chaudière-Appalaches.
Denis Langlois, président de la Commission scolaire des Appalaches
Charles-Henri Lecours, président de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin
Alain Grenier, président de la Commission scolaire de la Côte-du-Sud
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