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Débat des candidats en vue des élections partielles dans Beauce-Sud

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3 novembre 2015
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Julio Trepanier
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Par Julio Trepanier, Journaliste multimédia

La Chambre de commerce de Saint-Georges, en collaboration avec un consortium de médias régionaux, a tenu un débat électoral en vue des élections partielles dans Beauce-Sud le 9 novembre prochain.

La formule adoptée pour l’occasion aura permis à un total de six candidats et candidates de faire valoir leurs positions quant aux enjeux de la circonscription. Parmi les partis représentés, on y compte le Parti libéral du Québec (Paul Busque), la Coalition avenir Québec (Tom Redmond), le Parti québécois (Renaud Fortier), Québec solidaire (Diane Vincent), Option nationale (Vanessa Roy), ainsi que le Parti conservateur du Québec (Milan Jovanovic).

En début de débat, il a été question du programme d’austérité du gouvernement libéral qui a notamment amené des coupures drastiques en santé, en éducation, et aussi en transferts avec les municipalités dans le cadre du Pacte fiscal. Paul Busque, candidat au Parti libéral du Québec (PLQ), a défendu le programme de sa formation politique en parlant plutôt de gestion responsable de l’économie et que les choix du gouvernement visent à remettre de l’ordre dans les finances publiques. Tom Redmond, candidat à la Coalition avenir Québec (CAQ), a quant à lui qualifié ces mesures de néfastes pour les prochaines générations et croit qu’il faut plutôt investir, entre autres dans l’éducation, afin d’encourager les jeunes au lieu de leur nuire. Le candidat au Parti québécois (PQ), Renaud Fortier, a de son côté critiqué sévèrement le PLQ pour ses coupures de 23 M$ en santé depuis la mise en place du régime d’austérité. Milan Jovanovic, candidat au Parti conservateur du Québec (PCQ), a également remis en doute la saine gestion des libéraux, en faisant référence à l’augmentation du fardeau fiscal des familles beauceronnes au cours de la dernière année et au non-respect des recommandations du rapport Robillard intitulé « Cap sur la performance » qui aura finalement coûté 3,8 M$ aux contribuables. Diane Vincent, candidate pour Québec solidaire (QS), remet aussi en question la saine gestion des libéraux et croit qu’il serait important d’aller chercher de nouveaux revenus au lieu couper continuellement. Finalement, Vanessa Roy, candidate pour Option nationale (ON), a quant à elle évoqué une étude du Fonds monétaire international (FMI) publiée en 2014, qui qualifie l’austérité de néfaste pour l’économie et aux investissements. Selon ce même rapport, on parle d’une augmentation du taux de chômage, un accès limité aux programmes sociaux, ainsi qu’une privatisation, et d’une augmentation du taux de suicide de 48 %.

Ensuite, compte tenu des nombreuses sorties de la CAQ qui demande de couper afin de faire le grand ménage de l’État, il a été demandé à la formation politique ce qu’elle a à offrir de concret et de différent à la population. M. Redmond a alors indiqué que son parti souhaite couper dans le gras, notamment dans les emplois des 537 000 fonctionnaires au Québec, investir dans l’éducation et par ricochet dans l’avenir, ainsi que d’améliorer l’économie locale et provinciale en prolongeant l’autoroute 73 vers les États-Unis. Du côté du PQ, le candidat rappelle que la CAQ veut éliminer les Commissions scolaires malgré les coupures de 130 M$ que celles-ci ont dû encaisser. « Est-ce que c’est cela qui fera en sorte que ça aille bien au niveau des finances publiques », se questionne Renaud Fortier. Le candidat au PCQ déplore quant à lui ces promesses caquistes qui selon lui sont les mêmes sur toute la scène politique depuis les 40 dernières années. À cet égard, celui-ci se questionne à savoir pourquoi il n’est pas question de simplification fiscale et de diminution du taux d’imposition aux entreprises, ainsi que du Fonds des travailleurs utilisé à seulement 21 % après 221 M$ d’investissements. Par ailleurs, selon Vanessa Roy, investir dans une autoroute vers les États-Unis, comme le veut la CAQ, n’est pas la priorité du fédéral. « De notre budget provincial, 80 % va à la santé, l’éducation et les programmes sociaux. Il reste à peine 20 % pour investir dans notre économie. Présentement, qui a le portefeuille pour investir dans l’économie? C’est le fédéral […] quand on parle comme M. Redmond de développer une autoroute 73 qui se rend jusqu’aux États-Unis, est-ce dans les intérêts stratégiques du fédéral? Non. Ses intérêts sont avec l’Europe et dans le Partenariat transpacifique. L’axe Nord-Sud n’est pas du tout une priorité », affirme Mme Roy. Quant à la candidate de QS, elle dénonce l’incohérence de Québec de vouloir former de la main-d’œuvre qualifiée alors que d’un autre côté, le PLQ veut augmenter les frais d’éducation. « Comment voulez-vous avoir des travailleurs qualifiés si nos jeunes n’ont pas les moyens d’aller étudier afin de combler les emplois dont la Beauce à de besoin », se questionne Mme Vincent. Finalement, le candidat au PLQ souligne que le problème dans Beauce-Sud n’est pas un problème d’emploi et de développement économique. Selon lui, le plus grand enjeu présentement demeure d’aller chercher la main-d’œuvre nécessaire pour combler la pénurie dans le secteur manufacturier.

Par la suite, il a été demandé au PQ en quoi l’indépendance nationale est pertinente pour les régions, notamment la Beauce, à une époque où l’Ère numérique et la mondialisation rendent de plus en plus abstraite la notion de frontière. M. Fortier a alors fait mention de la capacité des régions à prendre leur place sur la scène économique non seulement à petite échelle, mais aussi à grande échelle. Ce dernier croit aussi que la souveraineté est toujours d’actualité et que les pays qui ont fait ce choix ne veulent plus revenir en arrière. Vanessa Roy, candidate pour Option nationale, a quant à elle défini ce qu’est l’indépendance afin de faire valoir l’objectif ultime de son parti. « L’indépendance, c’est voter toutes nos lois, au lieu que ce soit un gouvernement fédéral qui n’a pas les mêmes valeurs que nous qui le fasse. C'est gérer tout notre budget et signer tous les traités qui nous lient aux autres nations. Pour un entrepreneur beauceron qui accorde une grande importance à s’autogérer, je crois que ça fait un excellent lien », mentionne Mme Roy. Pour Milan Jovanovic, il s’agit encore là d’un vieux problème que ne fait que susciter des tensions depuis 40 ans et croit que le Québec doit s’assumer dans le Canada uni. Pour Paul Busque, le projet de la souveraineté est loin des préoccupations des citoyens dans Beauce-Sud. Celui-ci compte plutôt passer à l’action et mettre de l’avant des initiatives pour combler le besoin en main-d’œuvre et travailler afin qu’aboutisse la réfection du quai Pinon. Toutefois, M. Busque a interpellé M. Redmond quant aux allégeances de son chef de parti qui a notamment préparé le plan de l’an 1 si le Québec devenait souverain. « Jamais à la CAQ il n’y aura de référendum sur la souveraineté. Ce n’est pas bon pour l’économie », a rétorqué le candidat caquiste. M. Redmond a également interpellé le candidat au PQ quant à ses préoccupations. « M. Fortier, la santé ou le référendum? Nos aînés ou le référendum? L’éducation ou le référendum? Il faut mettre nos énergies aux vraies places, M. Fortier », souligne-t-il. Puis, pour Diane Vincent de QS, la province peut et doit s’autogérer sans avoir à se soumettre à la majorité canadienne.

À titre de question lancée à la représentante de Québec solidaire lors du débat, il a été demandé à Diane Vincent quels seront les dossiers qu’elle priorisera pour assurer la continuité du développement régional si elle est élue le 9 novembre prochain. Celle-ci indique d’abord qu’elle s’opposera aux mesures d’austérité libérale et travaillera à rétablir la confiance de tous les acteurs économiques de la région. « On veut soutenir la relève agricole et l’entrepreneuriat local, aider les entreprises socialement et écologiquement responsables, notamment les PME », indique Mme Vincent. En matière de développement régional, Option nationale croit qu’il faut développer une offre culturelle intéressante en Beauce pour attirer les jeunes de tous les horizons. Paul Busque acquiesce en ce sens en mentionnant qu’il est important de non seulement former, mais aussi de maintenir la main-d’œuvre en région. À ce sujet, le PQ va dans le même sens que ses opposants. « Le tourisme et la culture sont deux aspects qui vont retenir nos jeunes », souligne M. Fortier. Ce denier évoque par ailleurs l’importance de prioriser l’autoroute transfrontalière afin d’en faire un moteur de développement. Pour le PCQ, le développement régional signifie de prioriser les instances locales fortes alors que tout est présentement décidé à Québec. Selon lui, les régions, pour qu’elles puissent mieux se développer, doivent obtenir plus de pouvoirs et de liberté vis-à-vis le gouvernement.

Toujours dans l’ordre du débat, il a été demandé au candidat du PCQ comment son parti compte donner, puisqu’il en est question dans sa plateforme, plus d’autonomie aux municipalités, aux écoles et aux établissements publics, sans faire d’interruptions de services et faire exploser les coûts. En premier lieu, M. Jovanovic estime qu’il faut diminuer le nombre de députés à l’Assemblée nationale, et donc par le fait même fusionner des circonscriptions, afin de prêcher par l’exemple. En second lieu, le PCQ compte ramener les pouvoirs décisionnels directement aux instances concernées, par exemple en abolissant les Commissions scolaires et remettre les pouvoirs aux écoles puisque celles-ci sont le plus en mesure de choisir leurs orientations. De son côté, Vanessa Roy a demandé au Parti libéral pourquoi le gouvernement va à l’encontre de données probantes et données scientifiques qui disent que pour développer une saine gouvernance, il faut remettre entre les mains des différents acteurs du terrain les leviers pour qu’ils identifient et gèrent les problèmes eux-mêmes. Paul Busque, qui considère que son parti fait acte de saine gouvernance, a alors donné en référence le projet de loi 10 qui vise à couper dans les structures pour reprendre cet argent et le réinjecter en santé. « Nous, au gouvernement, on veut rendre nos structures plus efficaces », affirme M. Busque. Tom Redmond a cependant tenu à rappeler que le PLQ a changé « quatre trente sous pour un dollar » en abolissant les Agences de santé pour en faire des CISSS. « Vous avez simplement déplacé les jobs à Sainte-Marie », lance le candidat caquiste. Selon ce dernier, le PLQ ne coupe simplement pas aux bons endroits. Au PQ, on rappelle qu’une saine gouvernance inclut l’amélioration des façons de faire en analysant et vérifiant entre autres les dépenses de l’État ainsi qu’en suivant à la loupe les gens qui bénéficient potentiellement de paradis fiscaux, chose qui n’est présentement pas le cas. Diane Vincent croit quant à elle que le Québec a besoin d’une bonne décentralisation afin d’être plus efficace. « C’est pour ça que nos organismes communautaires ont aujourd’hui fermé leurs portes : parce qu’on ne leur donne pas le financement dont ils ont besoin pour faire une bonne job auprès de la population. C’est ça de la décentralisation », insiste-t-elle.

Par ailleurs, il a été demandé à Option nationale quelles sont les solutions proposées quant au dossier des frais accessoires qui affecteront inévitablement les usagers du réseau de la santé. Brièvement, en balisant les frais accessoires, rappelons que le gouvernement du Québec souhaite encadrer une pratique médicale dans laquelle un montant normalement couvert par l’assurance-maladie en milieu hospitalier est chargé au patient. Étant elle-même physiothérapeute, Vanessa Roy soutient avoir été témoin des impacts des mesures d’austérité libérale dans le réseau des soins au Québec. Option nationale ne souhaite donc pas refiler la facture aux patients qui paient déjà suffisamment d’impôts. Milan Jovanovic déplore quant à lui qu’au Québec, les patients à traiter soient vus comme une dépense et non comme des clients. Son parti souhaite donc redonner l’argent directement aux citoyens pour que ces derniers soient traités comme ils le devraient lorsqu’ils entrent à l’hôpital. Au Parti québécois, Renaud Fortier rappelle que les libéraux n’ont aucune gêne à piger dans les poches des contribuables. À cet égard, il réitère les orientations de sa formation politique qui croit que le système de santé doit rester public, universel et centré sur le patient. Au PLQ, on parle plutôt d’une mesure visant à limiter les abus et dérapages au niveau des frais accessoires. Tom Redmond accuse quant à lui M. Busque d’être le porte-parole de Philippe Couillard qui, en balisant les frais accessoires, va augmenter le salaire des médecins plutôt que de se concentrer sur les besoins de la population. Finalement, Diane Vincent soutient quant à elle qu’il faut décentraliser et qu’il est nécessaire de remettre l’argent au palier local qui fonctionne selon les besoins du milieu.

Comme question visant à clore le débat, il a été demandé à Paul Busque si les augmentations prévues en fonction projet de loi 20, qui fera exploser les coûts selon ses détracteurs, ont été chiffrées par le PLQ. Rappelons que ce projet de loi a pour but de favoriser l’accessibilité aux services de médecine familiale là où les besoins seront identifiés au Québec. M. Busque considère le projet de loi comme une bonne chose et indique qu’il ne voit pas en quoi cette initiative pourrait faire exploser les coûts sans toutefois s’avancer avec des chiffres. Vanessa Roy parle quant à elle d’explosion de coûts dans la mesure où les médecins devront voir plus de patients alors qu’ils sont rémunérés à l’acte. « On revient à notre problème de rémunération des médecins. S’ils font plus d’actes, ça va nécessairement coûter plus cher », indique-t-elle. À cet égard, elle rappelle l’engagement d’Option nationale de réformer le mode de rémunération des médecins. Au PQ, Renaud Fortier ne voit pas en quoi le projet de loi 20 peut constituer une économie pour les Québécois, particulièrement en ce qui a trait aux déplacements des intervenants. Par ailleurs, pour Diane Vincent, Québec doit donner accès à plus de « Sans rendez-vous » en ouvrant les CLSC en tout temps afin d’éliminer les temps d’attente dans le secteur de la santé et ainsi combler les lacunes d’accessibilité. Finalement, selon M. Jovanovic, le problème n’est pas l’argent dans le domaine de la santé, mais bien au niveau structurel. Une fois de plus, le candidat au PCQ prône plutôt une réorganisation de l’État.

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