Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Sondage Abacus Data

Élections: les Canadiens inquiets face à l’intelligence artificielle

durée 10h00
21 juillet 2024
ici

commentaires

ici

likes

 

vues

imprimante
Par La Presse Canadienne

Plus de 80 % des Canadiens sont inquiets des conséquences que pourrait avoir l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans un contexte d’élections, selon un récent sondage. Une inquiétude compréhensible, disent des experts.

«C'est une inquiétude qu'il est raisonnable d'avoir aujourd'hui par rapport aux progrès de l'intelligence artificielle», concède d’emblée Gaétan Marceau Caron, directeur principal en recherche appliquée en apprentissage automatique à l’Institut québécois d'intelligence artificielle.

Mais selon lui, cette inquiétude est trop vague et mériterait d’être précisée. C’est ainsi le rôle du chercheur de tenter de clarifier «où sont les réels dangers», quelles sont les capacités et les limites actuelles de l’IA, souligne-t-il.

M. Marceau Caron pense que c’est surtout en étant combinée avec les réseaux sociaux que la technologie de l’intelligence artificielle présente un grand risque en matière de désinformation. Alors que les réseaux sociaux permettent de propager des idées très rapidement, l’IA est capable de créer toutes sortes de contenus en un clin d'œil.

«Admettons qu'il y ait toujours 1 % des mèmes qui fonctionnent, au lieu d'en faire peut-être 100 par année, on peut en faire des millions avec une technologie qui est capable de générer un narratif», explique-t-il.

«Ensuite, cette description textuelle peut être utilisée pour créer des images, des interviews avec la parole, avec de la vidéo et générer vraiment des contenus qui vont venir (appuyer) ce narratif.»

Et ce sont ces contenus, tels que les fameuses vidéos truquées qu’on appelle les «deep fakes», qui sont de plus en plus difficiles à identifier comme faux ou mensongers. Le sondage Abacus Data commandé par CPAC rapporte d’ailleurs que 62 % des personnes sondées n'étaient pas sûres ou pas convaincues de pouvoir identifier le recours à l'IA pour la diffusion de fausses informations dans le cadre d'une élection.

Si des outils technologiques existent bel et bien pour distinguer le vrai du faux, l’IA est constamment en train de se perfectionner, souligne M. Marceau Caron.

«La technologie va continuer à progresser du moment qu'il y a des laboratoires de recherche et des compagnies qui veulent pousser cette technologie. On peut s'attendre dans les prochaines années à une amélioration constante ou même accélérée des capacités de cette technologie.»

Un climat de suspicion
Malgré une menace bien réelle, la directrice du Centre d’études sur les médias, Colette Brin, se demande si alerter le grand public sur les risques que représente l’IA peut parfois être contre-productif.

«On peut le voir du bon côté et se dire que les gens sont conscients que c'est un problème, ils sont conscients que leurs capacités sont limitées. Mais en même temps cette inquiétude peut être néfaste. (...) Ce qui inquiète beaucoup d'experts, c'est que le fait qu'on sait qu'il y a beaucoup de désinformation, ça nous fait douter de tout y compris des informations vérifiées», souligne-t-elle.

La spécialiste des médias note toutefois qu’au Canada francophone et au Québec, le contexte est différent de celui du reste du Canada ou des États-Unis. Ces communautés sont en effet rarement visées par des campagnes de désinformations utilisant l’IA, rapporte-t-elle.

«On est une population relativement petite et qui parle français. En plus, on a une façon de parler, des expressions locales spécifiques. Il faut que les producteurs de ‘deep fakes’ soient capables de reproduire cette façon de parler, ce qui n’est pas souvent le cas. C’est plus facile de détecter les faux», dit-elle.

La relation avec l’écosystème médiatique est aussi plus étroite, plus familière et la confiance demeure plus grande que dans le reste du Canada, même si elle décline comme ailleurs.

La préoccupation face à l’utilisation de l’IA dans un contexte d’élection est d'ailleurs moins grande au Québec que dans les autres provinces, même si elle est forte puisqu’elle s’exprime chez 77 % des répondants québécois.

L’enquête commandée par CPAC a été effectuée en avril 2024 et s’intitule «Désinformation, Démocratie et Culture». Abacus Data a interrogé 2001 résidants canadiens de 18 ans et plus. La marge d’erreur pour un échantillon de cette taille est de plus ou moins 2,19 %, 19 fois sur 20.

Zoé Magalhaès, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 21 juillet 2026

Trump doit signer un décret imposant de nouveaux droits de douane de 50 % au Canada

Le président Donald Trump a signé lundi des décrets visant à imposer des droits de douane de 50 % sur certains produits canadiens, ce qui aggrave les tensions commerciales avec le voisin du nord des États-Unis. «Le président Trump a pris des mesures décisives pour tenir le Canada responsable de ses mesures de rétorsion et de discrimination, ...

Publié le 18 juillet 2026

Le déficit comptable du Québec s'est établi à 5,5 milliards $ au 31 mars

Le déficit comptable du gouvernement du Québec s'est établi à 5,5 milliards $ pour l'année financière qui s'est terminée le 31 mars, selon les états financiers consolidés rendus publics vendredi. Ce résultat est «nettement meilleur» que le déficit de 11,4 milliards $ prévu au budget 2025-2026, «dans un contexte marqué par les tensions ...

Publié le 11 juillet 2026

Un nouvel organisme de régulation du numérique

Le gouvernement fédéral compte créer une nouvelle autorité de régulation numérique aux compétences étendues, qui serait chargée de faire respecter à la fois les règles en matière de sécurité en ligne, et de protection de la vie privée. Ce nouvel organisme prendrait le relais du commissaire à la protection de la vie privée pour la surveillance des ...

app-store-badge google-play-badge