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Soins oncologiques

Des médecins enthousiasmés par une thérapie contre le cancer de la prostate

durée 10h00
7 juillet 2024
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Par La Presse Canadienne

Un nouveau traitement contre le cancer de la prostate est sur le point de devenir un nouveau «pilier» des soins oncologiques, aux côtés de la chirurgie, de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Or, pour l'instant, seuls les patients participant à l'essai clinique y ont accès.

L'essai clinique de thérapie par radioligand, ou RLT, effectue un ciblage précis des cellules cancéreuses avec un rayonnement administré par voie intraveineuse. «Nous sommes en mesure d'administrer cette thérapie très spécifique à des cellules spécifiques du corps», explique le Dr David Laidley, oncologue nucléaire à l'Université Western et au London Health Sciences Centre.

«Nous sommes en mesure d'administrer une radiothérapie mortelle spécifiquement ciblée sur les cellules cancéreuses tout en épargnant généralement les tissus normaux», ajoute le Dr Laidley, chercheur principal à London, en Ontario, où l'essai clinique pancanadien comparant le RLT à la chimiothérapie a lieu.

Dale Cousins était ravi lorsqu'il a vu des images avant et après cette nouvelle thérapie, lui qui a reçu un diagnostic de cancer de la prostate en 2010 et a subi de nombreux traitements, notamment une intervention chirurgicale. Après avoir été dans un état stable pendant plusieurs années, des tests ont révélé l'année dernière que son cancer s'était propagé et il a été inscrit à l'essai.

Avec la dernière de ses six perfusions de RLT le 10 juillet, l'homme de 79 ans, de Petrolia, en Ontario, a déjà eu une «réduction spectaculaire» des lésions cancéreuses et ses niveaux d'antigène spécifique de la prostate ont diminué de manière significative, suggérant une «excellente réponse» au traitement, se réjouit M. Laidley.

Des essais cliniques antérieurs ont déjà démontré l'efficacité du RLT, ce qui a conduit Santé Canada à approuver Pluvicto — le médicament radioactif qui tue les cellules cancéreuses ciblées — en août 2022 pour les patients dont le cancer de la prostate s'est propagé et dont la chimiothérapie a échoué.

Mais près de deux ans plus tard, les patients atteints d'un cancer de la prostate avancé ne peuvent toujours pas avoir accès au traitement par radioligand, car les négociations sur le coût de cette technologie pour les systèmes de santé gouvernementaux se poursuivent.

Un meilleur accès demandé

Selon David Ladiley, en attendant cette décision, certains hommes atteints d'un cancer de la prostate ont besoin d'un traitement pour améliorer leur qualité de vie et vivre plus longtemps.

«Les oncologues demandent : ''pouvons-nous référer des patients ou est-ce une option?'' Et malheureusement, nous devons dire que ce n'est pas disponible.»

À l'heure actuelle, le traitement du cancer par radioligands n'est accessible au public que pour les patients atteints de tumeurs neuroendocrines, un cancer peu fréquent, mais non rare qui prend naissance dans les cellules neuroendocrines du système gastro-intestinal ou du pancréas, précise le Dr Simron Singh, oncologue médical au Sunnybrook Health Sciences Centre, à Toronto.

Ce dernier était le chercheur principal d'un récent essai clinique international qui a révélé qu'un autre médicament radioactif administré par RLT, appelé Lutathera, réduisait la progression des tumeurs neuroendocrines et les risques de décès de 72 % lorsqu'il était administré tôt après le diagnostic d'un patient.

Comme Pluvicto, Lutathera a déjà été approuvé au Canada comme traitement de dernière ligne contre le cancer, mais les résultats de l'essai, publiés dans The Lancet le mois dernier, ont été les premiers à montrer que le RLT pouvait être utilisé comme «traitement initial», indique le Dr Singh, qui est le co-fondateur de la clinique Susan Leslie pour les tumeurs neuroendocrines de Sunnybrook.

Outre le cancer neuroendocrinien et le cancer de la prostate, le traitement par radioligands utilisant différents médicaments radioactifs fait actuellement l'objet d'essais cliniques pour d'autres types de cancers, ajoute-t-il.

«Il s'agit d'un nouveau pilier (dans les soins contre le cancer) que nous développons, mentionne le chercheur. Cela va révolutionner complètement la façon dont nous traitons le cancer dans les années à venir.»

M. Dingh explique que le RLT fonctionne en trouvant une cible, qui est généralement un récepteur à la surface des cellules cancéreuses qui n'existe pas dans les tissus sains.

La Société canadienne du cancer qualifie la thérapie par radioligand de «percée remarquable» qui a débuté avec Lutathera pour le cancer neuroendocrinien vers 2018.

«Nous avons vu des patients avoir des métastases sur tout le corps et ensuite, avec un ou deux traitements, complètement guéris. C'est incroyable», se réjouit Stuart Edmonds, expert en pharmacologie et vice-président de la mission, de la recherche et de la défense de l'intérêt public de la Société canadienne du cancer.

Selon Stuart Edmonds, le RLT a également des effets secondaires moindres par rapport aux rayonnements traditionnels, car il minimise les dommages causés aux cellules saines.

Maintenant que l'efficacité du RLT pour prolonger la vie des patients atteints d'un cancer de la prostate métastatique qui n'ont plus d'autres options de traitement a été prouvée, la société du cancer finance des essais cliniques partout au Canada afin de déterminer si Pluvicto peut être utilisé chez les patients atteints d'un cancer de la prostate à des stades beaucoup plus précoces de la maladie.

En attendant, M. Edmonds soutient qu'il est «extrêmement important» de rendre Pluvicto accessible au public pour les patients atteints d'un cancer de la prostate avancé.

«Je veux juste qu'il soit disponible au Canada le plus tôt possible», affirme-t-il.

De longues négociations

La société pharmaceutique mondiale Novartis fabrique à la fois Pluvicto et Lutathera.

Tant l'entreprise que l'agence chargée de négocier le prix des médicaments ont confirmé à La Presse Canadienne qu'elles n'étaient pas encore parvenues à une entente sur le prix de Pluvicto.

Les négociations ont débuté en août de l'année dernière, mais ont ensuite connu «un retard imprévu», a soulevé Dominic Tan, chef de la direction par intérim de l'Alliance pharmaceutique pancanadienne (APP) dans une déclaration envoyée par courriel.

«(L'APP) s'efforce toujours de terminer le processus aussi rapidement que les circonstances le permettent», a déclaré M. Tan.

«Cependant, les négociations vont dans les deux sens et nous ne sommes pas en mesure de fournir un calendrier précis quant à la date à laquelle le processus sera achevé.»

Novartis a déclaré reconnaître les besoins non satisfaits des patients atteints d'un cancer de la prostate avancé.

«C'est en pensant à ces patients que nous continuons de collaborer activement avec l'APP dans le but d'obtenir un accès rapide et responsable à cette avancée thérapeutique», a déclaré la porte-parole de Novartis Canada, Rosa D'Acunti, dans un communiqué envoyé par courriel.

La couverture santé de la Presse Canadienne reçoit le soutien d'un partenariat avec l'Association médicale canadienne. Le CP est seul responsable de ce contenu.

Nicole Ireland, La Presse Canadienne

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